veiller sur ses parents FMAG_20220527_complet Flipbook PDF - PDF Free Download (2024)

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Figaro Magazine - n°2170

SUPPLÉMENT FIGARO - CAHIER N°1 - NOS 24187 ET 24188 DES 27 ET 28 mai 2022 - CPPAP N° 2001 C 83022 Samuel Kirszenbaum / Modds

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Guerre d’Ukraine

Dans le secret de la stratégie russe

L e s r é v é l at i o n s d e S e r g u e ï J i r n ov, e x - ag e n t d u K G B

Vins d’été

Sur les chemins cachés des vignobles de provence

Vendredi 27 et samedi 28 mai 2022

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Cuvée Rosé, choisie par les meilleurs.

Le Byblos

Saint-Tropez

MAISON FAMILIALE INDÉPENDANTE

champagnelaurentperrier www.laurent-perrier.com

Photographe : Iris Velghe / Illustration : José Lozano / Conception Luma

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L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ, À CONSOMMER AVEC MODÉRATION.

S o m m a i r e

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L’éditorial de Guillaume Roquette Nous & vous Contributeurs et le forum Club Figaro Actualités du Figaro Arrêts sur images

Entrées Libres

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En vue Anne Rigail Les indiscrétions de Carl Meeus Mise à jour Les clés pour comprendre Initiative & Technologie Les rendez-vous de J-R Van der Plaetsen

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Esprits Libres

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Jean-Éric Schoettl « L’État de droit ne veut entendre que les raisons d’Antigone et récuse celles de Créon » La chronique de François d’Orcival

Magazine

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Sergueï Jirnov : “Poutine vit dans un monde parallèle virtuel” En couverture Ces députés qui jettent l’éponge Politique En Bolivie, le féminisme s’habille en “Chola” Reportage Expos : les femmes à l’honneur Culture

Quartiers Libres

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En vue Robert Littell À l’affiche Culturellement vôtre, par J.-Ch. Buisson et les passe-temps d’Éric Neuhoff Cinéma et la vision télé de Stéphane Hoffmann Le théâtre de Philippe Tesson La page histoire de Jean Sévillia Littérature et le livre de Frédéric Beigbeder

Apocalypse russe Sergueï Jirnov (photo), ancien camarade de promotion de Vladimir Poutine, redoute l’évolution du despote.

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Var, le long des golfs clairs Carnets de voyage

collection particuliere ; Veronique de Viguerie

Art de vivre

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Talent Mode et la bonne mesure de Julien Scavini Cadran Auto Le croc’notes de Laurence Haloche Évasion Patrimoine Spécial vin Rosé Spécial seniors La grille de Michel Laclos Les mots fléchés Le Sudoku de Bernard Gervais Bridge Dernière nouvelle Benoît Heimermann

Les cholas de bolivie Reportage chez ces femmes indigènes qui se battent pour faire reconnaître leurs droits. Société éditrice : Société du Figaro - Siège social : 14, boulevard Haussmann, 75009 Paris. Tél. : 01.57.08.50.00. Président : Charles EDELSTENNE. Directeur général, directeur de la publication : Marc FEUILLÉE. Commission paritaire du Figaro Magazine (supplément de Le Figaro - N ° CPPAP 0421 C 83022) : 2000 C 83022 (édition nationale) et n° 0123C82655 (édition internationale). Cahier N° 1 : Le Figaro Magazine - Cahier n° 2 : Le Figaro Magazine TV imprimé par HÉLIOPRINT (77440 Mary-sur-Marne). Ce numéro comporte un encart de 4 pages « promo abonnement » broché central sur les kiosques du territoire national.

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5/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

CUVÉE LOUISE 2005

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L’EXCEPTION PAR POMMERY

L ’ A B U S

D ’ A L C O O L

E S T

D A N G E R E U X

P O U R

L A

S A N T É ,

À

C O N S O M M E R

A V E C

M O D É R A T I O N .

É d i t o r i a l

la faute aux boomers ?

ANDRÉ DE CHASTENET

F

rançois de Closets a beau être né en 1933, il a toujours des colères de jeune homme. On se souvient comme il tonnait en 2020 contre un confinement qui emmurait tout le pays, alors que le Covid-19 n’était vraiment dangereux que pour les plus âgés. Sur sa lancée, l’essayiste ­accusait la génération du baby-boom (les fameux­­« boomers ») d’être d’affreux égoïstes qui ne vont laisser aux générations futures qu’une planète dévastée et une montagne de dettes. Dans un essai stimulant qui sort cette semaine *, l’auteur de « Toujours plus ! » développe implacablement son réquisitoire. Comment, se demande-t-il, une génération qui n’a connu ni guerre ni grande crise a-t-elle pu faire basculer la France de la prospérité au déclin ? Et d’aligner les chefs d’accusation : retraite à 60 ans, déficits endémiques, ­individualisme soixante-huitard, baisse de la natalité, concentration de la richesse chez les seniors… Voilà les boomers habillés pour l’hiver, même s’ils n’en ont plus ­besoin vu qu’ils ont aussi provoqué, par leur consommation désordonnée, un réchauffement inédit du climat. Rien n’est faux dans ce constat sévère. Le général de Gaulle, déjà, se désolait de ces Français qui ne s’intéressaient qu’à leurs petites affaires, mais on aimerait ­répondre à François de Closets que toute vérité ne vaut pas forcément responsabilité. Prenons l’enrichissem*nt global dont ont profité les enfants de l’après-guerre. C’est l’inflation qui l’a rendu possible, combinée avec des prix de l’immobilier qui étaient encore accessibles. On pouvait alors se constituer un patrimoine bien plus facilement qu’aujourd’hui, et l’occasion a fait le larron. Nul

doute que les jeunes générations agiraient de même aujourd’hui si cela leur était possible. De la même façon qu’elles n’ont guère envie de repousser l’âge de leur ­retraite et préféreraient, si l’on en croit les sondages, la prendre aussi précocement que leurs aînés. Sur le plan des idées non plus, ce n’était pas forcément pire hier qu’aujourd’hui. Il est indéniable que l’individualisme hédoniste des enfants de Mai 68 n’a pas apporté grand-chose de bon au pays, mais ces jeunes qui ­voulaient vivre sans temps mort et jouir sans entraves étaient-ils plus blâmables que ceux qui, aujourd’hui, se roulent dans la cancel culture, le wokisme et autres ­déconstructions contemporaines ? Davantage qu’une génération, c’est une idéologie qui a fragilisé notre pays, celle d’une liberté individuelle qui a délaissé le bien commun au profit du « moi d’abord ». Comme l’écrit très justement François de Closets : « Les droits de l’homme, après avoir été ceux du citoyen, ­devenaient ceux de l’individu. » Et la responsabilité en ­revient d’abord aux dirigeants de tout bord qui ont ­permis cette longue dérive. Depuis 1973, pas un budget n’a été voté à l’équilibre. Depuis 2000, pas une majorité n’a osé revenir sur les 35 heures. Mais il est encore temps de r­ efermer la parenthèse. La Parenthèse boomers, Fayard, 320 p., 22 €.

Guillaume Roquette Directeur de la rédaction du Figaro Magazine [emailprotected] @G_Roquette

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7/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

N o u s

&

V o u s

Contributrice

Les solutions pour bien veiller sur ses parents

I

ls sont près de 6 millions de Français âgés de plus de 80 ans et cherchent parfois leur place dans la ­société. Qu’ils soient en bonne santé ou fragi­lisés par les vicissitudes de l’âge, ­soucieux de ne pas trop peser sur leur entourage familial, ils se préoccupent de trouver des établissem*nts de qualité pour ouvrir un nouveau chapitre de leur vie. Les divers scandales sur les cas de maltraitance dans certains Ehpad les inquiètent, tout comme l’indifférence des plus

jeunes, happés par leurs écrans. Le ­Figaro ­Magazine consacre cette semaine un dossier aux défis que rencontre cette génération, née autour de la Seconde Guerre mondiale, qui se retrouve souvent ­désemparée devant ces grands choix à effectuer. Notre reporter Guyonne de Montjou (sur la photo avec sœur André, doyenne de l’humanité) est allée à la ren­contre de ces seniors : elle nous fait entrevoir le crépuscule souvent paisible et joyeux de leur existence.

ce que vous en dites

Vos réactions sur lefigaro.fr

Courrier

La droite sans ligne

Yoann Benoit

● Plus Jean-Luc Mélenchon « aboie », plus il plaît aux jeunes de banlieue. Phénomène inquiétant, bien plus que

« l’extrême droite ». Falbeau ● Au moins, le parti de Jean-Luc Mélenchon est celui des convictions. Celui d’Emmanuel Macron fait partie de ceux qui les abandonnent. Al Core ● Enfin des articles contre l’extrême gauche ! Il y a urgence… Bursuc ● Jean-Luc Mélenchon perd son souffle. Sa vie se résumera à un long échec. 0ltariev ● Et dire le nombre de journaux et de médias qui lui déroulent le tapis rouge !

Biker44

● Les cadres du RN devraient réfléchir tout comme ceux de Reconquête et de LR sur le devenir des classes populaires qui souffrent ! MX002 ● Jamais La France insoumise et JeanLuc Mélenchon ne sont présentés, sauf ici, comme d’extrême gauche ! Ams 123

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8/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

presse ; guyonne de montjou

La gauche, une idée devenue extrême ● Cet article, pertinent et salutaire, résonne en creux (lire le dossier de Nadjet Cherigui et Judith Waintraub dans nos éditions de la semaine dernière, NDLR). Les 22 % de Jean-Luc Mélenchon au premier tour doivent beaucoup à la complaisance des médias de masse, au premier rang desquels ceux du service dits « public ». Lazarus ● La gauche n’existe plus. La gauche, c’était se battre pour un idéal en commun. À des années-lumière de cette idée de communautarisme qui ne marche nulle part, et ne fait que mettre en péril la stabilité des nations.

● Que les leaders de droite mettent enfin leur ego de côté pour lutter contre l’islamo-gauchisme ! Aquesbig ● Pour que le combat soit clair, il faut que les adversaires soient clairement désignés. C’est ce que fait Éric Zemmour avec l’énergie de ses convictions. NergH ● À ceux qui, comme Éric Zemmour, réclament une union des droites, je pose la question suivante : Mais quelle droite ? Car il y en a trois, irréconciliables. Merlin 66 ● Marine Le Pen et Éric Zemmour ont livré leur combat. Mais il est possible qu’il soit trop tard. Les réponses aux problèmes appartiennent sans doute aux nouvelles générations. Merlin 66

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F i g a r o

“le figaro littéraire”

numéro spécial : “comment se faire publier”

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’après un sondage que Le Figaro a réalisé à l’occasion de la sortie de ce numéro spécial préparé par la rédaction du ­F igaro littéraire, 24 % des ­Français rêvent d’écrire un livre. Ce magazine donne ­toutes les clés pour optimiser ses chances d’être publié. Témoignages d’auteurs reconnus, comment passer le filtre des maisons d’édition, reconnaître les opportunités de l’autoédition, finaliser son ouvrage, le présenter, l’envoyer… Ce ­numéro donne toutes les informations pratiques ­essentielles pour se démarquer et aboutir à la ­publication de ce ­l ivre dont nous sommes si nombreux à rêver. 8,90 €. En vente chez votre marchand de journaux et sur www.figarostore.fr

V

ous avez à cœur le goût des bonnes choses ? Vous êtes de ces gourmets qui cultivent une vision de l’art de vivre à la française ? La nouvelle application Le Figaro Cuisine réunit des milliers de r­ ecettes, d’articles pour s’inspirer et progresser. Cuisiniers tous niveaux, les e ­ xperts gastronomiques de M ­ adame ­Figaro et du Figaro vous font d ­ écouvrir les classiques, les secrets des dîners à la bonne franquette réussis et les dernières ­tendances. Pour les abonnés du Figaro, des centaines de recettes en exclusivité, pensées par des chefs, et des portraits des grandes signatures de la cuisine. Disponible sur iOS et Android.

mots croisés

Les voyages f

“100 % Laclos N° 33”

LA CASTILLE, AVEC JEAN SÉVILLIA

C

R

etrouvez une nouvelle édition du Fig Mag Jeux consacré à Michel Laclos, maître verbicruciste qui nous enchante et nous ravit chaque semaine dans Le Figaro Magazine. Quarante grilles élaborées par Michel Laclos et rassemblées dans ce n° 33 qui vient de paraître.

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10/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

“le figaro littéraire”

“Pour en finir avec les 100 fautes de français qui nous agacent”

L

a langue française est bourrée de pièges. On les connaît (parfois), on tombe malgré tout dedans (souvent). Et cela nous vexe ou nous irrite. « Carapaçonné » plutôt que « caparaçonné » ? Pas de circonflexe à « cime » ? Un accent sur le « e » à « contiguë » et sur le « i » à « contiguïté » ? Des « chefsd’œuvre » mais des « porteparole » ? « Balade » ou « ballade » ? « Conjoncture » ou « Conjecture » ?

9,90 €. En vente chez votre marchand de journaux et sur www.figarostore.fr

LE FIGARO, juliogk - stock.adobe.com

et automne, partez sur les traces de don Quichotte et explorez le cœur de l’Espagne et berceau du Siècle d’or espagnol : la Castille. De Tolède, la « Belle de Castille » à Valladolid, la « moyenâgeuse », en passant par Salamanque, ses hauts plateaux, et le tout nouveau Puy du Fou España, découvrez une région riche en patrimoine et viviez une expérience unique en assistant à la représentation « El Sueño de Toledo », spectacle retraçant les quelque 1 500 ans d’histoire de la péninsule ibérique.

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A r r ê t s

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Jeux de guerre / Stoyanka / Ukraine Patriotes, jusqu’au bout des ongles ! André et Valentin, respectivement âgés de 12 et 6 ans, n’entendent pas laisser aux seuls adultes le triste privilège de participer à une sinistre guerre. Dans la ville de Stoyanka, comme dans de nombreuses autres cités ukrainiennes prises d’assaut par les forces russes, les enfants, certes jouent à la guerre, mais affichent surtout fièrement leur engagement en faveur de leur pays. Une image qui jette une lumière crue sur le quotidien de ces écoliers projetés à des annéeslumière de leurs habitudes. Leur village a été la cible, plusieurs jours durant, des bombardements de l’armée de Poutine.

Photo : Gleb Garanich / REUTERS

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12/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

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13/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Candidats à l’exil / Ciudad Juárez / Mexique Accompagné de ses deux enfants, ce couple fait partie des nombreux habitants de la ville de Ciudad Juárez en quête d’un avenir meilleur aux États-Unis. Un vrai parcours du combattant pour ces migrants, récemment frappés de plein fouet par la pandémie, en dépit de leur proximité avec l’État voisin du Texas. Le mur qui les sépare de l’eldorado semble infranchissable. L’économie mexicaine a particulièrement souffert depuis 2020 : les experts considèrent que la mauvaise conjoncture a plongé près de 10 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté. Depuis deux ans, les refuges pour migrants se multiplient de ce côté de la frontière.

Photo : HERIKA MARTINEZ / AFP

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14/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

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16/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Festival de légèreté / Cannes Cannes restera toujours Cannes : avec son lot de petites scènes marquantes. À l’image de l’apparition sur le tapis rouge d’Emma Todt, mise en difficulté par sa robe échancrée au niveau de la poitrine et du ventre alors qu’elle apparaissait aux côtés de ses partenaires du film Armageddon Time. Une scène glamour qui, conformément à la tradition, a fait le bonheur des photographes et de la foule présente. Une 75e édition qui a pourtant été marquée par le discours empreint de gravité du président du jury, Vincent Lindon, en cette période de crise internationale. Place désormais à la remise des prix.

Photo : Stéphane Mahé / REUTERS

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17/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

LE FIGARO MAGAZINE PARTNER

LONGINES SPIRIT ZULU TIME, compagnon de traversées temporelles

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Publi-communiqué réalisé par 14HAUSSMANN

Dédiée aux aviateurs et aux voyageurs, la nouvelle Longines Spirit Zulu Time bénéficie de plus de cent ans d’expertise de la marque dans le développement de garde-temps qui affichent deux fuseaux horaires sur un seul cadran.

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élèbre pour l’élégance de ses montres, la compagnie suisse poursuit sa quête de l’excellence en imaginant des modèles résistant aux épreuves du temps et aux diverses aventures.

Cette année, Longines propose un gardetemps inédit issu de sa collection Longines Spirit, nommée ainsi en hommage à son esprit pionnier. Une philosophie qui célèbre l’audace, la passion et la détermination de précurseurs de tous horizons, et plus particulièrement les aviateurs que Longines a toujours accompagnés. La nouvelle Longines Spirit Zulu Time incarne l’histoire et l’âme novatrice de Longines, tout en étant agrémentée de détails contemporains minutieux. Le résultat est une pièce résolument moderne et d’une grande finesse de réalisation.

UN SECOND FUSEAU HORAIRE POUR LA PREMIÈRE FOIS Le nouveau modèle tire ses origines et son nom de la Longines Zulu Time, créée en 1925. Celle-ci était agrémentée d’une aiguille supplémentaire pour indiquer un second fuseau horaire et d’un pavillon Zulu sur son cadran, faisant référence à la lettre « Z » qui désigne l’heure universelle dans l’aviation et les forces armées. La Longines Zulu Time incarne de cette façon les différentes heures du monde, offrant la possibilité à celle ou celui qui la porte de voyager à travers le globe avec une parfaite connaissance temporelle. Les montres Longines servaient de compagnon de vol idéal pour ces hommes et ces femmes partis à la conquête du ciel et qui continuent d’inspirer Longines, à l’instar d’Amelia Earhart qui fut la première aviatrice à traverser l’Atlantique en 1932 ou de Howard Hughes nommé aviateur le plus rapide du monde en 1935.

en collaboration avec

Historiquement, la compagnie horlogère s’est toujours attachée à être à l’avant-garde des innovations pour proposer des modèles aussi performants que précis et durables. En 1908 déjà, Longines présente sa première montre de poche avec deux fuseaux horaires à destination de l’Empire ottoman. Ce premier brevet, déposé en 1911, est suivi par un second en 1918 pour la « Montre à double cadran ». UNE CRÉATIVITÉ SANS CESSE RENOUVELÉE Vingt ans plus tard, la Maison suisse crée une horloge de bord spécialement conçue pour les aviateurs Clyde Pangborn et Hugh Herndon, dont les doubles aiguilles indiquent les heures et les minutes, et qui présente deux cadrans 24 h concentriques. Une prouesse technique qui sera développée ensuite pour proposer une montre dotée de deux cadrans 12 h et de doubles aiguilles.

De grands aventuriers et aviateurs ont ainsi traversé le globe équipés d’une montre Longines, tels qu’Amy Johnson, l’aviatrice la plus célèbre de Grande-Bretagne et la première femme à voler en solitaire entre l’Angleterre et l’Australie, ou bien Clyde Pangborn et Hugh Herndon, précédemment cités. La volonté de se renouveler et la poursuite de l’excellence propres à la compagnie ont su séduire ces pionniers, qui ont fait confiance à la précision et à l’exigence de la Maison horlogère.

Reprenant la fonction GMT et le nom de son ancêtre de 1925, la nouvelle montre Longines Spirit Zulu Time dévoile une esthétique tout autre. Son cadran se fait rond, affichant des détails raffinés tantôt satinés, mats, polis, en relief ou gravés. Sa lunette, rehaussée d’un insert en céramique coloré, se décline sur un cadran noir mat, anthracite microbillé ou bleu soleillé. Quant à son bracelet, il est interchangeable, en acier inoxydable ou en cuir brun, beige ou bleu. Il est par ailleurs muni, sur le modèle en cuir, d’une boucle déployante dotée d’un nouveau système de micro-ajustement, ce qui confère à l’ensemble un confort appréciable et une tenue idéale.

UNE ESTHÉTIQUE RAFFINÉE ET DES TECHNIQUES MODERNES Hugh Herndon confiait d’ailleurs son enthousiasme à l’issue de son vol transpacifique sans escale du Japon vers les États-Unis en 1931, au côté de Clyde Pangborn : « … Du début du vol (…) au “ saut ” final du Pacifique, au cours duquel nous avons rencontré un temps arctique si glacial

Ce nouveau garde-temps signé Longines révèle une fois de plus la capacité de la compagnie à innover pour accompagner les aventuriers dans toutes leurs expériences, sans jamais perdre la notion du temps, où que l’on se trouve.

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En 1933, Longines innove encore avec la montre Weems de 47 mm, pourvue d’un second jeu d’aiguilles des heures et des minutes, renouvelant sans cesse sa créativité pour répondre aux besoins des pilotes.

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qu’il a même gelé l’eau de nos cantines, les montres Longines ont continué à donner une heure tout à fait précise. Comme vous le savez, l’heure exacte est essentielle à une bonne navigation. »

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LEA CRESPI/ Madame Figaro

E n t r é e s L i b r e s

20/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

En VUE

ANNE RIGAIL Les ailes du désir

La directrice générale d’Air France regarde avec satisfaction les passagers revenir en masse. Elle avait préparé sa compagnie en multipliant les initiatives pendant la crise du Covid, telle la flexibilité des billets ou l’achat de nouveaux avions. Des paris osés mais gagnants.

A

vec la crise du Covid, alors que l’ensemble du transport aérien était à terre et son avenir très incertain, toute décision était un pari. À la tête d’Air France, Anne Rigail a fait des choix parfois très opposés à ceux de ses concurrents. Ainsi a-telle opté avant tout le monde pour une flexibilité totale des billets. Cette mesure court toujours alors que les compétiteurs resserrent tous les boulons. Mais, surtout, elle a tenu à ce que Air France maintienne une offre minimum sur quasiment l’ensemble de son réseau. Elle en récolte aujourd’hui les fruits : les avions sont pleins et la compagnie a gagné de substantielles parts de marché. Son flair tient à son expérience. Anne Rigail, l’une des rares femmes à la tête d’une compagnie aérienne internationale, se met toujours à la place du passager. C’est qu’elle a commencé sa carrière à Air Inter – or, y a-t-il meilleure école que cette compagnie franco-française qui avait, bien avant EasyJet, inventé « l’avion facile » ? Depuis, la majorité des compagnies low-cost ont repris ce modèle et sa simplicité tarifaire. À la tête ensuite, pour Air France, d’Orly puis de Roissy, elle a appris à jongler avec tous les métiers d’une escale, et approcher au mieux les attentes des passagers. Anne Rigail en a retenu la leçon : pour les clients, les choses simples sont les plus efficaces. Aujourd’hui, la satisfaction des usagers d’Air France reste son idée fixe. La concurrence n’a qu’à bien se tenir : elle se veut imbat­table sur cette question. Elle est en effet persuadée que si les prix sont un critère primordial, une haute qualité de service est tout aussi importante. « Il faut que les avions soient à l’heure, mais

surtout que nous assistions les passagers en cas d’irrégu­larité », nous dit-elle. Cette Messine de 53 ans, qui a effectué l’essentiel de sa ­scolarité à Clermont-Ferrand, puis à Lyon, a eu ensuite le choix entre Polytechnique et les Mines. Elle choisira la deuxième option, rebutée par l’aspect militaire de la ­première. Aujourd’hui, ses quelques balades à cheval dans la campagne d’Île-de-France ne trompent personne : Anne Rigail est une infatigable bosseuse. Ses deux grands enfants en savent quelque chose. Leur mère ne rentre pas tous les soirs dans la maison familiale de l’Essonne. Elle dort parfois dans son petit appartement de Roissy pour être à pied d’œuvre dès l’aube. Et constater, désespérée, les files d’attente pour passer le contrôle de police au départ et à l’arrivée à Roissy, car 180 fonctionnaires, qui avaient été déplacés pendant la pandémie et la chute du trafic, n’ont pas été réintégrés par le ministère de l’Intérieur. la marche vers une aviation durable

De même, ses discussions mensuelles avec Jean-Pierre ­Farandoux, le patron de la SNCF, pour une meilleure coordination entre le fer et les airs, n’ont pas permis de ­réduire les queues pour l’achat matinal d’un billet en gare de Roissy. Elle le regrette amèrement : « Le transport, c’est de la stratégie à long terme, mais c’est aussi une succession de détails qui ont tous leur importance », nous disait-elle, alors qu’elle était responsable de l’expérience client d’Air France. C’est sans doute la raison pour laquelle il y a, dans la business class d’Air France, 50 % de passagers… loisirs. Un cas unique dans le monde. Mais une spécificité qui sert beaucoup à la compagnie avec la raréfaction des voyages professionnels. Si Anne Rigail a choisi l’aéronautique, c’est par désir autant que par plaisir, car l’incroyable évolution technique des avions la passionne. Avec Ben Smith, le directeur général d’Air France-KLM, elle défend une politique plus durable et multiplie les expériences novatrices comme les vols sans kérosène. En pleine crise du Covid, alors que ­toutes les compagnies faisaient profil bas, elle poussait Air France à l’achat de nouveaux avions moins gourmands en kérosène. C’est dire si elle croit en l’avion de demain.

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21/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

François Delétraz

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les indiscrétions de carl meeus

Stanislas Guerini

n a les leviers et les moyens de faire voter pour nous les électeurs qui ont choisi Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l’élection présidentielle », estime Stanislas Guerini, le patron de La République en marche. D’ores et déjà il a entendu sur les marchés de sa circonscription parisienne des électeurs lui assurer voter pour lui plutôt que pour le candidat mélenchoniste, bien qu’ils aient choisi Mélenchon le 10 avril dernier. Mais le député parisien veut enfoncer le clou et insiste sur le fait que le programme de la Nupes est plus « d’extrême gauche que de gauche ». Une manière de conserver les électeurs de centre gauche, en gommant les étiquettes socialiste ou écologiste pour insister sur celle de mélenchoniste, figure d’épouvantail. Stanislas Guerini compte aussi sur la composition du gouvernement pour impulser un élan à quelques semaines du premier tour du scrutin législatif : « La dynamique gouvernementale doit être un accélérateur de la campagne. » Dernier levier : la promesse de deux textes de loi dès le mois de juillet pour répondre à deux urgences, celle sur le pouvoir d’achat et celle sur le climat. Le patron de LREM a beaucoup poussé pour le « package » en faveur du pouvoir d’achat dès cet été. Pour le reste, concertation, expérimentation, différenciation seront les trois piliers de la nouvelle méthode. Manière aussi de montrer la différence avec Jean-Luc Mélenchon. Comme le maintien de la candidature de la première ministre dans le Calvados. « Face à un Mélenchon pas candidat, c’est bien qu’Élisabeth Borne soit restée candidate. »

Affrontement national, union locale, union nationale, désunion locale !

L

es réalités locales sont parfois très éloignées des situations nationales. La situation de la 4e circonscription des Hauts-de-Seine est à cet égard éclairante, qui n’est évidemment pas la seule dans ce cas. Au niveau national, même s’il y a quelques exceptions, Les Républicains et La République en marche s’affrontent, espérant convaincre les électeurs qu’ils n’ont rien en commun. À gauche, c’est l’inverse, La France insoumise a convaincu les écologistes, les communistes et les socialistes de se regrouper pour le combat électoral sous la bannière de la Nupes (Nouvelle Union populaire écologique et sociale). Mais quand on descend au niveau local, les choses sont parfois plus compliquées. Ainsi, Isabelle Florennes, députée MoDem sortante, est soutenue par le maire LR de Suresnes, Guillaume Boudy. À sa demande, Les Républicains n’ont pas investi de candidat face à elle. La candidate bénéficie également du soutien logique du sénateur LREM des Hauts-de-Seine, Xavier Iacovelli, candidat malheureux aux municipales face à… Guillaume Boudy. Les deux hommes se sont pourtant retrouvés côte à côte au lancement de campagne d’Isabelle Florennes. Dans cette circonscription, qui regroupe Nanterre et Suresnes, Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête au premier tour de la présidentielle (22 248 voix). Mais c’est une candidate écologiste, Sabrina Sebaihi, qui a été désignée, malgré les réticences des communistes locaux qui détiennent la mairie de Nanterre. Dans le camp de la députée sortante, on espère que la mauvaise humeur des communistes les conduira à ne pas trop s’impliquer dans la campagne d’une candidate parachutée. Sabrina Sebaihi est en effet adjointe à Ivry-sur-Seine.

On devra avoir notre congrès d’Épinay

C

’est entendu, Christian Jacob passe ses dernières semaines à la tête des Républicains. Il l’a dit depuis longtemps : au lendemain des élections législatives, il rendra son tablier de président du parti de droite. Un congrès devra désigner son successeur, sûrement cet automne. Mais c’est peut-être aussi l’occasion de refonder le parti et de préparer l’avenir. Pour ce dirigeant, il est indispensable que les LR fassent comme les socialistes en 1971 : « On devra avoir notre congrès d’Épinay », ce fameux rendezvous où différents mouvements de gauche se sont retrouvés pour fonder le PS. « La question étant : vers qui on s’élargit ? » En 1971, François Mitterrand s’est ouvert sur sa gauche. « Il faudra trancher cette question. Il faudra aller chercher les autres, car ça ne se fera pas naturellement. » Après Épinay, les socialistes ont attendu dix ans avant de prendre le pouvoir. La nouvelle génération à droite aura-telle la même patience ?

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22/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022 Demain

Un dirigeant LR

Alexis Sciard/IP3 PRESS/MAXPPP

La dynamique gouvernementale doit être un accélérateur de la campagne

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Re E s S E EnNtTrR éÉ eE sS LL iI bB r

MISE À JOUR

OBJECTIF LUNE Le lanceur géant SLS doit être testé sur son pas de tir avant la mi-juin pour un départ prévu en juillet ou en août. La Nasa rouvre la porte de l’exploration spatiale. Par Charles Lescurier

1 LA FUSÉE LA PLUS PUISSANTE

Entrée dans l’atmosphère

La fusée la plus puissante jamais construite, d’une poussée supérieure à celle de SaturnV, qui avait propulsé Neil Armstrong et 11 autres astronautes entre 1969 et 1972 sur le sol lunaire, devrait décoller pour la première fois cet été. Avec cet événement, la Nasa signe son grand retour dans l’exploration de l’espace lointain.

Décollage de cap Canaveral

12

Aller

13 1

2 ORION EN RÉPÉTITION

Amerrissage dans le Pacifique

11 2

Juchée à son sommet, la capsule Orion sera envoyée vers la Lune sans équipage pour cette première mission Artemis 1. Elle s’approchera à une centaine de kilomètres de sa surface puis, en utilisant sa force gravitationnelle, elle se placera en orbite durant environ six jours, le temps d’évaluer ses systèmes. Elle se rapprochera de nouveau de l’astre pour rejoindre sa trajectoire de retour. Elle sera récupérée dans le Pacifique après avoir parcouru plus de 2 millions de kilomètres.

Séparation du module de service

Retour

Injection trans-lunaire

SLS Saturn V (Boeing) 110 m 98 m

Module de service fabriqué par l’Agence spatiale européenne

3 4

Ajustements de trajectoire

10

Orion

Apollo

3 LA LUNE EN 2025

Insertion en orbite

En cas de succès, la mission suivante, Artemis 2, devrait partir en 2024. Cette fois avec quatre membres d’équipage pour un autre vol test qui sera le plus lointain jamais réalisé dans l’univers par des humains, au-delà de la face cachée de la Lune. Si de nouveau tout se passe bien, Artemis 3 devrait permettre à deux astronautes d’alunir, sans doute en 2025, cinquante-trois ans après Apollo 17.

6 9

4 UN PAS DE GÉANT VERS MARS Dès lors, une présence durable sur la Lune est envisagée. Elle s’appuierait sur une station spatiale construite en orbite, à partir de laquelle s’effectueraient de nombreux allers-retours vers le sol lunaire grâce à un atterrisseur. Cette porte vers l’espace serait annonciatrice de futures missions vers Mars, selon un mode opératoire similaire.

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7 Orbite rétrograde

*

Survol à basse altitude

Passage à seulement 100 km de la surface

Désorbitage

* Étage de propulsion cryogénique provisoire

824/LeLeFigaro FigaroMagazine Magazine/ 23 / 27mars mai 2018 2022 Demain

5

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Une révolution ou une révolution et demie à 60 000 km

INFOGRAPHIE LE FIGARO

Trajectoire de retour

SOURCES : NASA, ESA, ASC

Séparation de l’ ICPS* qui poursuit sa route pour déployer 10 petit* satellites CubeSat

des eaux petillantes Cristaline pétillante 1,5l est la bouteille la plus légère1 du marché des eaux pétillantes grand format2, au regard de sa contenance. Et en plus, la bouteille sans colorant est en matière PET3 100 % recyclable. Cela facilite son recyclage en de nouvelles bouteilles. La qualité Cristaline, ça coule de source !

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1) Sur la base des données collectées par constat d’huissier en Janvier 2022. Comparaison entre Cristaline gazéifiée 1.5l et les marques nationales d’eaux pétillantes concurrentes (Panel IRI annuel 2021) sur la base du rapport poids matériau PET/ contenance bouteille - 2) Bouteilles vides d’1l à 1.5l - 3) PolyEthylène Téréphtalate

Plus d’informations : moneaucristaline.fr

E n t r é e s

L i b r e s

Les clés pour comprendre

vent d’espoir sur le liban Plongé depuis trois ans dans une crise socio-économique redoutable, le peuple libanais a exprimé dans les urnes son désir de changement. Treize députés, issus de la société civile, font leur entrée au Parlement. De bon augure pour réformer. Par Guyonne de Montjou

Par une espèce de miracle démocratique, la contestation lancée en octobre 2019 pour réclamer le départ d’une classe politique inchangée depuis des décennies, a fini par aboutir. Minés par la pire crise économique depuis 1850, épuisés, humiliés et ruinés par une inflation à 90 %, les Libanais ont élu une quinzaine de députés issus de leur « révolution ». Les réformes structurelles, plébiscitées par les pays partenaires et les bailleurs internationaux, pourraient désormais être votées. Elles sont indispensables pour éviter l’effondrement. Tandis que 80 % de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté, que la classe moyenne a dévissé, la « kleptocratie redistributive », comme l’a qualifiée le politologue Ghassan Salamé, vacille. L’autre leçon du scrutin est l’affaiblissem*nt des candidats alliés au Hezbollah, mouvement armé pro-iranien qui tire les ficelles économiques et politiques dans le pays depuis trente ans. Quoique restée puissante au pays du Cèdre, la vieille garde politique accusée de corruption, d’inertie et d’incompétence n’est plus assurée de sa prospérité.

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blocage politique ou coalitions opportunistes ?

En l’absence de bloc majoritaire net, les observateurs avisés craignent l’enlisem*nt. À la fin de l’année 2022, les députés doivent élire un président de la République et aucun candidat ne semble en passe de l’emporter. En vertu du système confessionnel qui sous-tend les institutions du Liban, c’est un chrétien maronite qui doit occuper ce poste. Les résultats du scrutin législatif, défavorables au parti de Michel Aoun, président actuel contesté, douchent les espoirs de son gendre, Gebran Bassil, de lui succéder. Idem pour la présidence du Parlement, qui doit revenir à un chiite. Occupant cette fonction depuis 1992, Nabih Berri, chef du mouvement Amal et allié du Hezbollah, ne dispose plus de la majorité. Dans l’Assemblée issue des élections du 15 mai, le Hezbollah chiite et ses alliés politiques n’ont pas obtenu les 65 sièges nécessaires pour conserver leur majorité, sur les 128 députés. Ce résultat inattendu constitue d’ailleurs un camouflet pour ces partis qui soutiennent le régime de Bachar el-Assad, de la Syrie voisine, en guerre civile depuis plus de dix ans.

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26/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

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COMPTE à rebours pour éviter l’effondrement

« Refondre les institutions est une priorité absolue, analyse Karim Emile Bitar, l’un des courageux intellectuels et chercheurs émérites à ne pas avoir quitté le pays. Si une réforme institutionnelle n’est pas mise en œuvre dans les quatre prochaines années, il y a de très fortes chances qu’on assiste à un écroulement de toutes les institutions étatiques. » La dégringolade de la monnaie nationale, les restrictions bancaires étouffantes et l’appauvrissem*nt de la population ont d’ores et déjà convaincu la plupart de ceux qui le pouvaient de fuir le Liban où les multiples pénuries transforment la vie quotidienne en survie. Condamnés à une mort économique à petit feu, les plus aisés ont pris le chemin de l’exil vers les pays du Golfe, l’Europe – a fortiori la France – et le Brésil, bassins historiques de la diaspora. Une majorité (60 %) des 225 000 Libanais de l’étranger ont voté pour élire leur député, ce qui explique le résultat inédit et timidement prometteur du dernier scrutin. Malgré le marasme protéiforme, au Liban, l’espérance n’est pas un vain mot.

JOSEPH EID/AFP

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Percée inédite des candidats indépendants

Franco Suisse Bâtiment - RCS Nanterre B 380 216 473 - Document à caractère publicitaire - Illustration non contractuelle - 27-05-22.

À MONTROUGE - CONSTRUCTION EN COURS

L’ART de l’EXCEPTION Depuis 1963, les femmes et les hommes de Franco Suisse s’engagent sur la voie de l’exception pour concevoir et bâtir des Villas de grande qualité dans les communes résidentielles d’Île-de-France. Choix de l’adresse, travail de la pierre de taille en façade, sens du détail constituent le moteur même de leur passion pour donner un style authentique et intemporel à chaque réalisation.

Villa Prisca - 151, avenue Henri Ginoux à Montrouge 2022-12-06T15:43:44+01:00

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franco-suisse.fr

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Initiative

De l’eau pure à volonté La marque américaine LifeStraw décline une série d’accessoires capables de filtrer et de purifier n’importe quelle source d’eau.

99,9999 % des bactéries filtrées

99,9 %

des protozoaires éliminés

100 %

des microplastiques captés par la membrane de filtration

G

ourde, carafe, paille personnelle… Grâce à une technologie filtrant 99,9999 % des bactéries et 99,9 % des protozoaires (micro-organismes) contenus dans l’eau (mais pas les ­v irus), LifeStraw facilite l’accès à l’eau ­potable au quotidien. Ainsi, sa paille Personal (26,90 €) rend apte à la consommation n’importe quelle flaque d’eau ou mare de boue. Même l’urine dans les cas extrêmes ! Nous n’avons pas testé… Légère (57 g), elle ne ­nécessite aucun courant électrique, ni pile, ni batterie, ni pièce de rechange et peut traiter un minimum de 4 000 litres. Pratique lors d’un voyage dans une contrée peu urbanisée ou un pays en guerre ! Dans le même esprit, la gourde GO 2 peut être alimentée par n’importe quelle source grâce à une membrane de filtration à fibres creuses et une capsule de charbon actif remplaçable. Là encore, la filtration se fait par aspiration. Pour les adeptes du bivouac ou du camping, LifeStraw propose le Flex Gravity Bag, un filtre à deux étages qui fonctionne par gravité. Il ­dispose d’une contenance de 3,7 litres. Les sédentaires ne sont pas oubliés puisqu’ils peuvent filtrer leur eau avec la carafe Home (55 € en verre). Dotée de deux filtres, l’un à fibres et le second à charbon actif, elle élimine plus de 30 contaminants tout en conservant les minéraux essentiels comme le magnésium et le potassium. En bonus, elle Pascal Grandmaison améliore le goût de l’eau.

Objet

Le pull imprimé en 3D lors que les différents pans d’un pull sont traditionnellement tricotés séparément avant d’être assemblés les uns aux autres, le pull 3D de ­Sapiology, la ligne écoresponsable de Paname Collections (139 € en écru ou bleu marine, Panamecollections.com), est désormais imprimé en une seule pièce et sans coutures. Il s’agit du premier pull au monde à exploiter l’impression 3D. Ce procédé industriel novateur représente un véritable avantage économique en requérant une main-d’œuvre r­ éduite et en s’appuyant sur des machines pouvant fonctionner 24 heures sur 24. Il en résulte une économie de 30 % de matières ­premières par pull et une

quantité de déchets inférieure à 2 %. Le pull est tricoté en Bretagne avec du coton certifié bio, qui permet d’économiser 91 % d’eau par rapport à un c­ oton simple et ne ­nécessite l’usage d’aucun pesticide. Ainsi, il ne pollue ni l’air ni l’eau et émet moins de CO2, à rebours de la mode mondiale particulièrement polluante. Même la teinture des fils de coton est ­certifiée Oeko-Tex afin de garantir l’absence de substances nocives. Sapiology a fait tester sa solidité auprès de l’IFTH, l’Institut français de textile et de l’habillement, qui a certifié la résistance optimale des pièces dans le temps, les coutures étant souvent le point faible d’un produit. Pour ne rien gâcher, il est vendu 35 % moins cher P. G. qu’un ­modèle ordinaire.

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28/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Adam Barker, sp

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Réalisé en une seule pièce et sans coutures, ce textile français réduit drastiquement son impact environnemental.

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Un homme, une voix

Antoine Compagnon Du côté de chez Colette

les rendez-vous de J-R van der plaetsen

L’académicien publie trois livres d’un coup – deux sur Proust, dont il est le grand spécialiste, et un sur l’auteur du « Blé en herbe », dont il montre toute la modernité.

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lu en début d’année à l’Académie française, Antoine Compagnon n’a pas décidé quels sym­boles orneront la garde et le pommeau de son épée. S’y trouverat-il un clin d’œil à son père, le général Jean Compagnon, ancien de la 2 e DB de Leclerc ? Il esquisse un geste de dénégation. La croix de Lorraine ne figure pas dans l’imaginaire du nouvel immortel. Son univers, c’est le grand monde de Proust, de Montaigne, de Baudelaire et… le petit monde de Colette. Quatre noms et quatre œuvres, aux dimensions de continents littéraires, qui forment l’archipel sentimental de ce professeur au Collège de France. Avec modestie, Compagnon minimise son rôle dans la série de publications et d’expositions consacrées au petit Marcel en cette année du centenaire de la mort de Proust. Pourtant, cette année est aussi la sienne. Outre son élection dans la compagnie du Quai Conti, il publie en effet trois ouvrages : une nouvelle

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es présentateurs météo ne cessent de se surpasser. Après les « épisodes pluvieux », voici les « dômes de chaleur », en attendant les « sarcophages de brouillard » et les « frappes de grêlons ». Ces poètes excellent dans le renouvellement sémantique. L’inédit de Céline, Guerre, est numéro 1 des ventes, si bien que Gallimard a dû réimprimer. Les Inrocks posent la grande question : « Peut-on aimer un écrivain d’extrême droite ? » Céline d’extrême droite ? On n’avait rien lu d’aussi drôle depuis l’interview d’Édouard Louis

“Un grand écrivain, c’est un écrivain après qui la langue n’est plus tout à fait la même”

Un été avec Colette, d’Antoine Compagnon, Les Équateurs, 250 p., 14 €.

la reine adjani sur son idole Annie Ernaux dans le même magazine. Isabelle Adjani (photo), toujours la tête sur les épaules, vient d’affirmer : « Si Kim Kardashian est une icône, je suis la reine d’Angleterre. » C’est vrai : à quoi sert Kim Kardashian ? Qui est-elle au juste ? Qu’a-t-elle fait dans sa vie ? Mme Adjani est à Cannes pour présenter deux films dans lesquels elle joue, l’un de François Ozon, l’autre de Nicolas Bedos. Il est toujours rassurant de savoir qu’elle existe. Ah, Cannes, son cirque, sa Croisette… Il semble

désormais plus important de décrire les robes de celles qui montent les marches – dont certaines n’ont jamais fait de cinéma de leur vie – que de parler des films. Parmi les metteurs en scène, certains sont des habitués, comme les frères Dardenne. Ils pourraient prendre un appartement en ville, s’y installer à l’année et louer des vélos électriques. Un journaliste a écrit dans un mensuel qu’on allait retrouver des « réalisateurs palmés ». Les Dardenne en font partie ; ils nagent sans doute plus vite que les autres.

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30/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Julien Faure/Editions des Equateurs ; CYRIL MOREAU / BESTIMAGE

Nous vivons une époque formidable, par Nicolas Ungemuth

La phrase du livre à retenir (p. 8)

édition des essais de Proust en Pléiade, une enquête de généalogie littéraire (Proust du côté juif, Gallimard), ainsi qu’Un été avec Colette, qui reprend, dans une version largement augmentée, le contenu de son feuilleton diffusé l’an dernier sur France Inter. Bien qu’elle paraisse linéaire, engluée dans la lenteur des jours de province, la vie de Colette est un roman. ­Compagnon la raconte en universitaire qui préfère Stendhal à Balzac, c ’ e s t - à - d i r e av e c u n h e u r e u x ­mélange d’entrain et de précision. Jugée scandaleuse par ses contemporains, la conduite de l’auteur de la série des Claudine, avec ses représentations théâtrales dénudées, ses trois mariages, ses amours saphiques, sa liaison avec le fils de son deuxième mari, offusquerait à peine la jeunesse actuelle. « Sans aucun engagement féministe, rappelle l’auteur, Colette préfigure les femmes d’aujour­d’hui. » Mieux que ses devancières, elle a fait entrer la condition féminine dans la littérature.

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Frédéric STUCIN pour Le Figaro Magazine

E s p r i t s L i b r e s

32/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Jean-Éric Schoettl

“l’État de droit ne veut entendre que les raisons d’Antigone et récuse celles de Créon” Dans un essai brillant, à la fois rigoureux et alerte, « La Démocratie au péril des prétoires. De l’État de droit au gouvernement des juges » (Gallimard, « Le Débat »), l’ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel explique que l’État, en France, est quasi-paralysé par le contrôle, de plus en plus rigide, dogmatique et pointilleux, des différents juges.

N

Propos recueillis par Guillaume Perrault

’est-il pas paradoxal, quand on a été secrétaire général du Conseil constitutionnel, d’estimer que « le caprice du juge » a remplacé « le caprice du prince », et de s’en alarmer ? C’est surtout tenter d’être honnête face à une dérive dont il a été témoin. Témoin actif même. Mais qui avait commencé à s’alarmer avant que la dérive atteigne son niveau actuel. Oui, je pense que la démocratie représentative souffre de l’hypertrophie du pouvoir juridictionnel, national et supranational, et que nous traversons une crise qui n’est pas sans rappeler celle qu’a connue l’Ancien Régime avec ses parlements. Je ne pose pas ce diagnostic d’un cœur léger, car j’ai consacré toute ma carrière aux fonctions juridiques, et plus particulièrement juridictionnelles, tant au Conseil d’État qu’au Conseil constitutionnel. Il y a encore dix ans, je n’aurais pas imaginé faire un tel constat publiquement, ni même dans mon for intérieur. Si je me résous à mettre les pieds dans le plat, usant de la liberté de parole que permet le statut de fonctionnaire retraité, ce n’est pas pour le plaisir morose de jouer les imprécateurs, mais parce que je crois de mon devoir, à mon modeste niveau et de façon inévitablement subjective, de porter témoignage, de susciter la discussion, de contribuer à faire bouger les lignes. C’est le produit d’un examen de conscience auquel je me livre depuis des années.

Vous critiquez le « fondamentalisme de l’État de droit ». Qu’entendez-vous par là ? L’État de droit est devenu un mot-valise, une notion polymorphe, qui a une signification tantôt technique, tantôt idéologique, voire transcendantale. Dans cette dernière acception, il devient une religion dont les droits fondamentaux sont les dieux et le juge le grand officiant. Telle la statue du Commandeur, la notion d’État de droit est constamment brandie face au gouvernement et au législateur. Mais elle est rarement (sinon jamais) définie. L’État de droit doit rester le correctif de la souveraineté populaire, non dévitaliser cette dernière. Lorsqu’on parle, comme aujourd’hui, de mieux armer la société contre l’islamisme ou la délinquance, on n’entend pas abolir l’État de droit, mais déplacer le curseur dans les limites de cet État de droit. Au demeurant, depuis une quinzaine d’années, quelques déplacements de curseur se sont réalisés (en suscitant toujours d’âpres débats) en faveur de l’intérêt général et des disciplines collectives : prohibition de l’occultation du visage dans l’espace public, loi renseignement, loi « Silt » (qui pérennise certains aspects de l’état d’urgence antiterroriste), législation sur la crise sanitaire, loi confortant le respect des principes de la République. Le déplacement du curseur dans le sens de l’intérêt général est toutefois bloqué par un absolutisme droit-de-l’hommiste, minoritaire dans l’opinion, mais influent dans le monde politique, médiatique, associatif et au sein même des institutions. C’est cet absolutisme droit-de-l’hommiste et non l’État de droit qui est le problème. Il nuit en effet à l’État de droit qu’il prétend défendre, car, par ses excès, il conduit u le citoyen à se demander si l’État de droit n’est pas devenu ____

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33/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

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“le droit contemporain intègre de moins en moins le souci de l’intérêt général. Ainsi, en matière répressive, les droits de la défense occupent tout son champ de vision” un carcan pour la démocratie (« des tas de droits tenant gories d’associations pouvant se porter partie civile ne cesse l’État à l’étroit »), une mauvaise affaire pour les intérêts réels de s’allonger dans le code de procédure pénale. On s’est bien des « vraies gens » et, en fin de compte, pour nos libertés éloigné du principe : « nul ne plaide par procureur ». Et concrètes. l’emprise du juge est aujourd’hui telle que le législateur et Pourquoi le souci de l’intérêt général vous semble-t-il à l’administration cherchent plus souvent à minimiser le risque ce point de vue oublié par les juges ? Et d’ailleurs, le juge contentieux qu’à satisfaire les besoins de la collectivité. judiciaire, pour sa part, a-t-il à se préoccuper d’une telle La puissance du juge dans les démocraties occidentales notion, chère au juge administratif ? contemporaines tient à ce paradoxe : les décideurs, publics Ni les textes ni la jurisprudence ne doivent négliger les inté- ou privés, sont toujours plus suspects d’indignité (néglirêts indivis de la collectivité, le bien commun. Cela nous gence, incompétence, conflits d’intérêts, malignité…) et semble aller de soi en matière de relations du travail, d’envi- conséquemment toujours plus soumis à un contrôle juridicronnement et d’urbanisme. Pourquoi n’en irait-il pas de tionnel toujours plus étendu et plus intense. Mais l’équanimême en matière d’ordre public, de contrôle des flux migra- mité, la lucidité et la disponibilité des juges sont, quant à toires ou de droit pénal ? elles, tacitement présupposées, comme est présupposée Gare à une vision des droits fondamentaux qui servirait l’imperméabilité du juge à l’air du temps, au vedettariat, à l’individu abstrait, mais non la généralité des citoyens réels. l’hubris, etc. Or tel est bien le danger aujourd’hui, car le droit contempo- Remettre en cause ce présupposé n’est pas plaider pour une rain intègre de moins en moins le souci de l’intérêt général. société sans juge, mais exiger du juge, comme des autres déciIl magnifie des droits fondamentaux dont il a une vision de deurs, de faire un usage responsable de ses prérogatives. plus en plus absolue. Le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État vérifient déAinsi, en matière répressive, les droits de la défense occupent sormais de plus en plus fréquemment (à l’instar de la Cour tout son champ de vision. Obnubilé par la protection légale européenne des droits de l’homme) que les limitations du fauteur de troubles et du prévenu, le droit contemporain apportées aux droits et libertés au nom de l’ordre public dessert les intérêts des victimes actuelles et potentielles. sont « nécessaires, adaptées et proportionnées » à l’objectif Dans la France contemporaine, les élites et les gens ordinai- poursuivi. Ce « triple test » conduit le juge à exercer un res se font une conception très différente de l’expression contrôle toujours plus poussé et plus subjectif de la norme, « État de droit ». Les premières accordent une importance équivalent à un contrôle d’opportunité. majeure aux droits fondamentaux, à la figure du juge et à la Quelles législations ou dispositions réglementaires, acceptées soumission de la puissance publique à la légalité. Les seconds par les juges voilà encore vingt ans, risqueraient aujour­priorisent la sûreté et le suffrage universel. d’hui d’être annulées ? Pour la majorité de nos compatriotes, l’État de droit est un Le Conseil constitutionnel a admis, il y a une quinzaine état de la société dans lequel la puissance publique « fait en d’années, au nom de l’intérêt général s’attachant à la sécurité sorte que le citoyen n’ait pas à craindre des autres citoyens », routière, que le propriétaire d’un véhicule puisse, dans cerpour reprendre les termes de Montesquieu. Or la défense taines conditions, être condamné sur la base d’une présompintransigeante des droits individuels face à la puissance tion (le « flashage » de sa plaque d’immatriculation en situapublique, fondée sur un contrôle de proportionnalité tion d’excès de vitesse). Le ferait-il encore aujourd’hui ? On pointilleux, conduit à brider les moyens de prévention et peut en douter car, aujourd’hui, c’est un étroit contrôle de de répression dont dispose l’État. La doctrine applaudit proportionnalité qui s’applique en matière d’ordre public, au nom de la sauvegarde de l’« État de droit ». contrôle dans lequel le juge substitue son appréciaL’opinion, elle, ne se sent plus protégée. Les élites tion à celle du législateur, à la grande satisfaction se félicitent de voir le Léviathan enfermé dans sa des requérants professionnels et des activistes, avec cage. Les gens ordinaires s’inquiètent plutôt de ne l’approbation d’une doctrine acquise à l’accroisseplus le voir patrouiller dans la cité. ment indéfini des droits fondamentaux. En quoi le contrôle des juges sur l’action de l’État À rebours de l’opinion très majoritaire parmi les vous paraît-il désormais souvent excessif, tatillon ou juristes, vous critiquez la question prioritaire de tracassier ? constitutionnalité (QPC). Pourquoi ? L’intensité du contrôle juridictionnel s’est accrue. Contrairement à ce qui avait été prévu, le nombre Nous sommes passés, en matière de conciliation de QPC (ce droit nouveau, institué en 2008, permet entre libertés et intérêt général, de la vérification à tout justiciable, lors d’un procès, de contester la qu’il n’y avait pas d’« erreur manifeste d’appré- « La Démocratie au conformité à la Constitution d’une loi qu’on prétend prétoires », ciation » à un examen pointilleux de l’adapta- périldedes lui opposer, NDLR) jugées par le Conseil constituJean-Éric tion, de la nécessité et de la proportionnalité de la Schoettl, Gallimard, tionnel se maintient à un niveau élevé. Est ainsi mesure contestée. contredit par les faits le pronostic initial selon « Le Débat », Devant les juridictions répressives, la liste des caté255 p., 18 €. lequel, le stock normatif une fois purgé des incons-

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34/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

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Le temps de réflexion

de quoi la guerre est-elle le nom ?

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Propos recueillis par Guillaume Perrault

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35/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Jean-Louis Tremblais

La Vérité du terrain. Récits d’un reporter de guerre, de Régis Le Sommier, Bouquins, « Document », 227 p., 20 €.

Frédéric STUCIN pour Le Figaro Magazine ; dr

titutionnalités flagrantes entachant des textes votés avant le contrôle de constitutionnalité, le flot des QPC se tarirait, car « il n’y aurait plus de cadavres dans les placards » de l’ordonnancement juridique. Il n’en a rien été. Tout y passe, ou tout est susceptible d’y passer : qui aurait pensé en 2008 que la corrida, les combats de coqs, la loi de 1807 sur le dessèchement des marais ou la prohibition du bisphénol A dans les tétines de biberon seraient des questions constitutionnelles ? Qui aurait imaginé qu’une QPC conduise à interdire le transfert par l’État à l’Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes (Anfpa) d’immeubles qu’elle occupe depuis soixante ans (17 décembre 2010) ? La jurisprudence s’étoffant avec le nombre de QPC formées sur un même sujet et l’imagination des avocats étant sans bornes, cette jurisprudence se fait plus sophistiquée, plus casuistique et donc aussi moins lisible. Elle conduit à des allers-retours entre le Parlement et le juge de la loi. Pour ne pas créer de vide juridique, le Conseil constitutionnel donne un effet différé à l’abrogation de dispositions existantes. Il laisse au législateur le temps de « recoller les pots cassés », ce qui n’est possible que lorsque les motifs de la censure dessinent les contours d’une loi nouvelle. Les Pays-Bas sont-ils un État de droit de seconde zone, une « société sans juge », parce qu’ils ignorent le contrôle de constitutionnalité ? En somme, vous plaidez pour une réhabilitation des autorités politiques ? Rétablir la primauté de l’intérêt général, c’est reconnaître la noblesse du politique qui doit arbitrer entre besoins multiples et moyens limités, ce qu’ignore superbement l’intégrisme droit-de-l’hommiste. Pour celui-ci, en effet, le politique, l’élu, l’administrateur ne sont que la courroie de transmission d’un catalogue de droits, dont le juge, actionné par les groupes de pression, est l’unique protecteur, voire inventeur, légitime. La résistance du peuple ukrainien devrait nous tirer de notre assoupissem*nt irénique et posthistorique. L’individu doit redevenir citoyen. Il doit renouer le lien imprudemment coupé, au nom de l’autonomie de la personne, avec la communauté politique. Il ne s’agit pas de rappeler le Léviathan, mais de retrouver ce surplomb de références partagées, d’attachements mémoriels, de loyautés et de sentiments d’appartenance commune sans lequel chacun, bien que prétendument libéré, est livré à lui-même face aux intempéries de l’Histoire. Cela passe par le rétablissem*nt d’un équilibre des pouvoirs plus respectueux du suffrage universel et plus soucieux des intérêts supérieurs de la nation. Le pouvoir juridictionnel doit restituer aux pouvoirs exécutif et législatif une marge de manœuvre qui est à la fois inhérente à la démocratie représentative et nécessaire à la gestion du bien commun dans un monde trop dangereux et trop complexe pour se laisser réduire, du haut des tours d’ivoire des cours suprêmes, à des schémas abstraits. ■

a vérité de la vérité, c’est la guerre », assurait doctement Michel Foucault. Régis Le Sommier ne dit pas autre chose mais, à la différence du philosophe structuraliste, il la connaît personnellement, la guerre ! Ce qui fait toute la différence. Dans La Vérité du terrain, l’ex-directeur adjoint de Paris Match revient sur les deux décennies qui ont suivi le 11 septembre 2001. « Cet événement marque pour les gens de ma génération le commencement du XXIe siècle, écrit-il, de la même façon que 1914 avec la Première Guerre mondiale avait provoqué le début du précédent. Dans les deux cas, le siècle passe la main à la faveur d’un cataclysme qui ouvre une ère où tous les fondements de la précédente sont ébranlés. Le 11 septembre fut pour moi synonyme d’une fantastique accélération ainsi qu’une réponse inespérée à une névrose qui m’habitait depuis toujours : le besoin de m’absenter. […] Le journalisme a fait office de formidable remède à cette pathologie de l’inaction, mais cette médecine coûte cher. Notre métier ne connaît pas de cadre précis. Il n’y a pas un moment de la journée où l’on cesse d’être journaliste pour reprendre le lendemain à heure fixe. Ce n’est pas un métier mais un sacerdoce. » Son essai n’est pas une simple compilation de ses reportages en Irak, en Syrie (il est l’un des rares à avoir rencontré et interviewé Bachar el-Assad), au Sahel ou en Afghanistan. C’est aussi et surtout une réflexion sur une profession aussi fantasmée que menacée. « On ne s’en rend pas toujours compte lorsqu’on lit un reportage de guerre ou qu’on regarde un film, note avec justesse Régis Le Sommier, mais si la guerre peut être dangereuse, brutale et terrifiante, elle sait aussi se faire ennuyeuse. En Irak, deux facteurs convergeaient pour rendre les choses plus lentes et compliquées : le temps militaire et celui du Moyen-Orient. Entre les courses folles, épaules et dos meurtris par le poids des équipements, les rushs d’adrénaline et de sueur, nous disposions de longs moments pour refaire le monde. » Et d’en tirer ce constat que les grands de ce monde devraient méditer : « Une part du problème qui a agité le monde ces vingt dernières années fut de croire que la démocratie telle qu’elle est pratiquée chez nous pouvait se calquer sur le monde entier, et en particulier dans le monde arabo-musulman. »

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la chronique de françois d’orcival

La minute Philo

Le magistrat chargé de l’enquête sur l’assassinat d’un chauffeur de bus, qui avait ému la France entière, requalifie les faits à la baisse.

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e sujet avait disparu de la campagne. Mais pas du bureau des juges. Il peut aussi en ressortir. L’affaire remonte au 5 juillet 2020 et s’est déroulée à Bayonne. Alerté par l’agitation qui règne dans son autobus, son chauffeur, Philippe Monguillot, veut vérifier que plusieurs individus montés à bord ont bien leur titre de transport. Ceux-ci se précipitent sur lui, et le lynchent. Il se redresse, prend un ultime coup au visage et s’effondre. Il mourra cinq jours plus tard à l’hôpital. Au terme de son enquête, le procureur du parquet de Bayonne estime qu’il s’agit d’un « homicide volontaire aggravé » d’un conducteur de transport collectif. Cela destine l’affaire à une cour d’assises. Mais le juge d’instruction vient d’en décider autrement : il la requalifie et précise, reprenant l’opinion de l’avocat de l’un des deux agresseurs, que la qualification de meurtre ne tient pas, que s’il y a eu mort d’homme, cela s’est fait « sans intention de la donner ». L’affaire n’ira donc pas en cour d’assises, mais devant une cour criminelle uniquement composée de magistrats, la peine prononcée ne pouvant excéder vingt ans. Comment ça ? demande le procureur, le 18 mai, en faisant appel à son tour. La suite du débat de droit devra se dérouler à huis clos dans

plusieurs mois, reportant l’audience publique à plus d’un an… Pourquoi le juge d’instruction a-t-il préféré que cette affaire échappe à la cour d’assises ? S’est-il uniquement fondé sur la conception qu’il se fait du droit, sur les arguments qu’il tire de ce cas ? Une cour d’assises, composée de juges et de jurés, ne juge pas nécessairement en portant ses arrêts au maximum des peines prévues : elle fait ses choix en toute liberté. Alors ? Le magistrat instructeur sait qu’il va heurter la famille de la victime et l’asso­ciation qu’elle a constituée – laquelle réagit aussitôt contre sa décision –, mais aussi l’ensemble de l’opinion publique, comme en témoignent les 6 000 personnes qui ont défilé, le 8 juillet 2020, lors d’une « marche blanche », les visites sur place faites alors par trois membres du gouvernement, celles du ministre des Transports (alors Djebbari), de l’Intérieur (Darmanin), de la Citoyenneté (Schiappa), les réactions du premier ministre Jean Castex (« crime abject »), de Marine Le Pen aussi bien que de Jean-Luc Mélenchon… Le juge ne peut pas l’ignorer, mais il doit penser qu’en deux ans, le temps aura gommé ces réactions et que son propre jugement doit l’emporter. De son côté, le public est prêt à tout comprendre, mais il n’entend pas être privé de prendre toute sa part au débat.

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36/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

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quoi rêvent les petites filles ? Grande question ! Il y a peu, une réponse sublunaire et comminatoire leur a été donnée : elles doivent rêver d’Élisabeth Borne ; se rêver en Élisabeth Borne. En effet, après avoir été nommée première ministre, cette dernière a déclaré : « Je veux dédier cette nomination à toutes les petites filles, allez au bout de vos rêves… » La dame s’offre donc en modèle à toutes les petites filles qui sans elle en auraient été dépourvues. Et qui donc avant elle, croupissaient toutes au fond de stéréotypes aliénants, depuis l’origine du monde. Mais qui, avec elle, en elle et par elle pourront enfin acquérir volonté, entendement, désirs propres donc rêves à accomplir. Une telle cécité vaniteuse est déroutante. Et ceci d’autant plus que la seconde partie de la phrase, « … allez au bout de vos rêves ! », nous révèle qu’Élisabeth Borne a manifestement plus écouté Jean-Jacques Goldman que lu René Descartes. Car, si une petite fille considère qu’être et penser comme Élisabeth Borne est un cauchemar, son rêve sera donc de surtout ne pas l’être. D’où la question : que peut valoir un modèle si un modèle contradictoire possède la même valeur ? De plus, comme l’Histoire le montre, les rêves et désirs illimités des uns sont souvent le cauchemar des autres et inversem*nt. Aller au bout des uns, c’est donc aller au bout des autres. Le rêve de Pol Pot ne fut-il pas le cauchemar des Cambodgiens ? « Allez au bout de vos rêves ! » Cette incitation impérative ne signifie donc rien de plus que l’extension avec ou sans bornes du domaine de la lutte… de tous contre tous. Paulin Césari

Marion Vacca/Hans Lucas

À Bayonne, un juge d’instruction très politisé

Du rêve à l’irréalité

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Samuel Kirszenbaum/Albin Michel

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38/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

SERGUEï JIRNOV

“Poutine vit

dans un monde parallèle virtuel”

Ancien officier supérieur du KGB, camarade de promotion de Vladimir Poutine, Sergueï Jirnov est l’un des hommes les mieux renseignés sur ce qui se passe vraiment au Kremlin. Dans son dernier livre, il s’inquiète d’une mécanique qui rend aujourd’hui envisageable une guerre nucléaire.

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’était le soir même du d ébu t d e l ’ i nva s i o n russe en Ukraine. Sur le plateau de Cyril ­Hanouna, un ex-espion russe sidère littéralement les téléspectateurs en annonçant la possibilité d’emploi par les Russes d’armes nucléaires tactiques. Les réseaux sociaux se déchaînent contre lui, de nombreux experts le traitent de va-t-en-guerre inconséquent… jusqu’à ce que Vladimir Poutine, trois jours plus tard, ­annonce la mise en état d’alerte de son arsenal atomique. Depuis, ­Sergueï Jirnov est écouté avec attention par tous ceux qui s’inquiètent d’un conflit dont nul ne sait où il peut nous mener. Le Figaro Magazine publie en exclusivité les extraits chocs de son nouveau livre.

Pensez-vous que la Russie est en train de perdre la guerre en Ukraine ? J’aimerais bien mais rien n’est sûr pour le moment. Poutine peut gagner quelques ­batailles, éventuellement occuper tout le Donbass, garder certaines grandes villes pour tenir l’est de l’Ukraine ­entre le Donbass et la Crimée annexée en 2014. En revanche, il ne réussira ­jamais, avec les armes convention­nelles, à dominer tout ce pays. Si je voulais rester optimiste, je dirais : stratégiquement Poutine a déjà perdu cette guerre qu’il pensait gagner en une semaine ! En s’attaquant sans la moindre raison à un État allié de longue date de la Russie, il est entré en guerre totale contre 45 millions d’habitants qui défendent leur terre et leurs choix de vie avec un courage inouï. Poutine s’est trompé sur toute la l­ igne : sur les Ukrainiens, sur Zelensky, sur les « russophones », sur l’Europe, sur l’Otan et sur la réaction de la communauté internationale. Mais aussi sur les conséquences stratégiques pour la Russie à moyen et long terme. Emmanuel Macron a choisi de maintenir le dialogue avec Moscou. ­Pensez-vous qu’il a raison ? Peut-il faire entendre raison à Poutine ? Cette position n’est pas évidente. Elle a été violemment critiquée par les premiers ministres de Pologne et d’Estonie – les premiers concernés –, des pays qui ont souffert du joug sovié­tique et qui craignent d’être les prochaines cibles de Poutine si on le

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39/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

laisse faire. Leur logique est simple et jusqu’au-boutiste : Poutine est d’ores et déjà un criminel de guerre ! L’Histoire nous l’a appris : on ne pactise pas avec le diable ! Quant à Joe Biden, il nous encourage à prendre les armes mais, lui, reste loin du champ de bataille. La vérité, c’est qu’au bord d’une guerre nucléaire, il faudrait être irresponsable pour ne pas discuter avec celui qui pourrait déclencher la foudre. Je raconte dans mon livre les ­niveaux d’alerte nucléaire, ce que les spécialistes appellent Defcon 3, Defcon 2, Defcon 1. Il faut d’autant plus lui parler que les niveaux d’alerte, on ne le dit jamais, ne sont pas exactement les mêmes entre Américains et Russes ! Je révèle ainsi comment, en 1983, un simple officier a compris que le message lui annonçant l’envoi de missiles américains était en réalité une fausse alerte. C’est d’autant plus indispen­sable que le despote est ­enfermé dans sa forteresse du Kremlin. Vous souvenez-vous de votre première rencontre avec Vladimir Poutine ? Très bien. En août 1980, pendant les JO de Moscou, le jeune capitaine du KGB de Leningrad Poutine, venu renforcer les effectifs de sécurité à Moscou, m’a interrogé à la Loubianka concernant un coup de fil avec un touriste français qui a été jugé trop long et suspect. J’ai senti qu’il jouissait du pouvoir que lui procurait sa carte rouge, celle du KGB, que je connais bien, jusqu’au moment où je ___u

lui ai annoncé que je possédais un exemplaire de L’Archipel du goulag de Soljenitsyne grâce à un ami de fac qui était, par miracle pour moi, le petitfils de Leonid Brejnev, à l’époque ­secrétaire général du Parti communiste soviétique ! Avez-vous travaillé ensemble au KGB ? Nous étions ensemble au Comité de sécurité d’État, le bras armé du Parti communiste justement. On est entrés la même année à l’Institut Andropov, l’école d’élite qui formait les espions. J’ai été intégré à la Direction « S »­ – celle des « illégaux », la plus prestigieuse du KGB. Poutine a, quant à lui, été jugé inapte au service d’espionnage car « ne pouvant pas mesurer convenablement les conséquences de ses décisions » – trop dangereux pour lui et le service ! Il a aussitôt été renvoyé au placard à Leningrad. Le Poutine d’aujourd’hui est-il très différent de celui que vous avez connu ? Oui et non. D’un côté, il semble accablé par l’URSS communiste et il ­vénère Staline. De l’autre, il prétend reconstruire la grande Russie impériale détruite justement… par le goulag de Staline et le KGB auquel il a ap-

“Poutine se radicalise de plus en plus. Il est plus isolé que jamais depuis son divorce en 2013. Et il ne supporte plus la moindre critique” partenu pendant près de trente ans ! En fait, il se radicalise de plus en plus. Il suffit de songer, je l’évoque dans le livre, au nombre de journalistes éliminés, une trentaine, à la vague de suicides pour le moins surprenante d’oligarques devenus critiques. J’évoque aussi les accidents qui arrivent à ses proches dans l’appareil d’État. Par exemple, celui de son ancien garde du corps devenu ministre des Situations d’urgence, Evgueni Zinitchev. En septembre 2021, ce fidèle est bêtement tombé, avec deux proches, d’une falaise au-dessus des cascades proches de Norilsk. On peut espérer que cette série noire va bientôt s’arrêter. Est-il totalement isolé au Kremlin ? Il l’est plus que jamais. Et plus encore depuis son divorce avec sa femme

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40/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Lioudmila en 2013 ; il ne supporte plus la moindre critique. Il a ainsi humilié publiquement Sergueï Narychkine, chef de l’important service des renseignements extérieurs (le SVR). Il le laisse en fonction jusqu’au jour où… Il faut dire que même ses proches, comme Sergueï Choïgou, le ministre de la Défense, ou le général Guerassimov, son chef d’état-major, ont découvert éberlués à la télévision son annonce de la mise en alerte des forces nucléaires russes. Il n’est pas anodin de signaler que ces deux hommes sont ceux qui doivent valider l’ordre de mise à feu nucléaire que pourrait leur donner un jour Poutine… Est-ce qu’il vous fait peur ? Pensezvous qu’il soit fou ? Poutine s’est coupé petit à petit de la réalité et s’est construit un monde parallèle virtuel. Je pense personnellement qu’il a fini par croire aux mensonges qu’il raconte sur les Ukrainiens nazis, l’armée russe qui va gagner toutes les batailles, etc. Mais il se soucie, c’est d’ailleurs le problème, de l’empreinte qu’il va laisser dans l’Histoire. Depuis le 21 février, chaque décision qu’il prend est pire que la pré-

©MIKHAIL METZEL / KREMLIN POOL / SPUTNIK/EPA/MAXPPP, coll part, coll pers,

Le 9 mai dernier, lors du défilé militaire sur la place Rouge de Moscou, Poutine avec son ministre de la Défense, Sergueï Choïgou.

En couverture

Carte du KGB de Sergueï Jirnov en 1987.

En 1982, lors d’un camp militaire de son université.

Exercice de tir. Jirnov a passé tous les échelons avant son admission au KGB.

cédente et cette logique ne peut le mener qu’à la catastrophe. C’est vrai pour la Russie voire l’ensemble du monde. Cela fait peur, oui. Dans son aveuglement, il est capable du pire. C’est ce que craignaient ses formateurs au KGB quand ils l’ont écarté de l’espionnage. Ils avaient raison…. Vivons-nous le retour de la guerre froide ? En fait, il s’agit moins du retour de la guerre froide que de la naissance d’une gouvernance mondiale chaotique. Poutine lui-même en donne l’exemple : il voit des nazis partout mais il parle allemand et commerce avec Berlin ! Depuis peu, il semble un peu moins belliqueux en paroles tout en continuant à brandir la menace d’une attaque nucléaire qui pourrait être tactique. Il veut réintégrer la grande Russie dans le concert des nations tout en mettant une forte pression sur le reste du monde ! Cette période instable dans laquelle nous entrons a été provoquée par les conditions dans lesquelles l’URSS s’est effondrée. Si les peuples s’en sont réjouis, ce ne fut pas le cas des militaires, des services de renseignement

“Ce n’est pas au retour de la guerre froide que l’on assiste mais à la naissance d’une gouvernance mondiale chaotique” ni du complexe militaro-industriel très puissant. Ces lobbies ont perdu des budgets, des effectifs et des commandes. Dans ce contexte, la surprise est que l’Otan a survécu, et même mieux que cela : l’alliance s’est développée, intégrant de ­nouveaux pays. En réalité, avec son profil d’ancien du KGB, Poutine est un épouvantail pour le monde libre mais il est frappant de voir, même si on parle beaucoup de la peur qu’il inspire, que cela n’a pas dissuadé la Finlande et la Suède de demander, dans l’urgence, à intégrer l’Otan. Ce qui est une forme de provocation à l’égard de Poutine. Vous êtes diplômé de l’Institut Andropov de Moscou, qui formait l’élite de l’espionnage soviétique, mais vous avez

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En 1991, l’espion est admis à l’ENA : il était chargé d’infiltrer l’administration française.

aussi fait l’ENA. Comment êtes-vous arrivé en France ? L’apprentissage du français m’a été imposé par la décision du Parti ­communiste à l’Institut des relations internationales de Moscou en 1978. C’est peut-être la meilleure obligation de ma vie. Elle a fait de moi un francophone et un francophile. En France, je me suis toujours senti aussi bien que dans mon pays natal. Voire mieux car plus libre. À la télévision russe, j’ai fait longtemps la promotion du pays des Lumières. J’ai été en mission pour comprendre comment fonctionne l’élite française, j’ai fini par trouver refuge et protection dans votre pays. C’est un drôle de destin, je le reconnais ! Aujourd’hui, vous avez le statut de ­réfugié politique ? Oui, obtenu en décembre 2004 avec l’effet rétroactif depuis juin 2001. Ce statut international, selon la convention de Genève de 1951, me protège mieux que n’aurait fait la nationalité française. Mais pour tous les métiers de l’ombre, la meilleure protection, c’est encore la lumière. ■ Propos recueillis par Guillaume Roquette

En couverture

Le 27 février dernier, Poutine annonce la mise en alerte des forces nucléaires russes.

“Poutine nous a déclaré la guerre, que nous le voulions ou pas !”

l’automne 2021, des mois avant le lancement des hostilités, des sources confidentielles russes m’annonçaient déjà la possibilité d’emploi d’armes tactiques nucléaires (de faibles charges, 1 ou 2 kilotonnes, avec un rayon d’action relativement limité) dans le cadre d’une éventuelle intervention militaire russe. Quand je l’ai mentionné sur les plateaux télé en France après le 24 février, cela a créé une stupeur des animateurs et du public. On m’a traité d’alarmiste farfelu et de complotiste irresponsable qui voudrait volontairement provoquer un « buzz » dans les médias pour mieux se vendre. Trois jours plus tard, dimanche 27 février 2022, le monde entier a vécu une scène glaçante où le commandant en

chef des forces armées russes Poutine ordonnait, en direct à la télévision depuis son palais présidentiel, à son min i s t r e d e l a D é f e n s e, S e rg u e ï Choïgou, et son chef d’état-major, Valéri Guerassimov, d’élever « en état d’alerte particulière » les forces nucléaires de la Fédération de Russie. Dans une somptueuse salle du Kremlin se sont retrouvés momentanément trois hauts dignitaires russes qui possèdent les clés et codes nucléaires pour les trois mallettes identiques portées en permanence et partout par leurs aides de camp. Ces officiers sont les mieux protégés du pays. Le capitaine de corvette, en uniforme noir de la Marine russe, a la charge de la mallette du président. La légende dit que cet habit noir distinctif a été spécialement choisi afin que celui qui l’arbore soit instantanément visible de loin par le chef d’État dans la foule des mi-

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litaires en kaki. Pour assurer la permanence de la veille nucléaire, autour des trois personnages détenant chacun une mallette fatale, il y a trois groupes d’officiers en faction qui se relayent 24 heures sur 24. Ils n’exécutent que les ordres donnés par le président et ne sont subordonnés à aucun haut gradé militaire ou des services spéciaux, y compris le chef de la garde présidentielle. (…) Cette « mallette nucléaire » a un nom : Tchéguette – en référence à la montagne éponyme de la petite ­République autonome caucasienne de Kabardino-Balkarie. Contrairement à ce qu’imagine parfois le grand public, elle ne contient pas un gros bouton rouge, comme dans les films, sur lequel le président appuierait et ferait partir lui-même tous les missiles nucléaires du pays. Désolé pour les amateurs de pittoresque !

Samuel KIRSZENBAUM

“A

Dans un livre qui explore les arcanes du Kremlin, Sergueï Jirnov pose les questions taboues : jusqu’où ira Vladimir Poutine ? Peut-on l’éliminer ? Extraits exclusifs.

C’est un « simple » poste mobile de communication, une sorte de tablette sophistiquée, qui interagit à l’aide de commandes codées et chiffrées avec le réseau automatique global de commandement et de contrôle des forces nucléaires stratégiques de l a Ru s s i e, n o m m é K a z b e k e n ­r éférence au sommet géorgien ­préféré de Staline. Ce réseau englobe toutes les personnes et tous les ­organismes impliqués dans le commandement et le contrôle des forces nucléaires stratégiques russes – du président au dernier soldat qui manipule les vrais missiles. (…) Le 27 février 2022, après l’annonce faite par Poutine de la mise en alerte des forces nucléaires russes, les deux personnages militaires les plus ­gradés, assis loin du président à cause des précautions drastiques du ­Covid-19 (le vaillant guerrier Poutine a la trouille d’être contaminé par un virus ou d’être empoisonné), ont eu, d’une manière spontanée incontrôlée, une très brève réaction d’effroi et de surprise sur leurs visages de marbre. Pourtant ni Choïgou ni Guerassimov ne sont des gamins innocents. De toute évidence, ils n’étaient pas dans la confidence de l’éventualité d’une telle mesure. Poutine, visiblement, jouissait de sa superpuissance, du pouvoir absolu et de l’effet théâtral escompté. Ses deux militaires les plus gradés se demandaient à l’évidence s’il avait encore toute sa raison et s’il fallait continuer à lui obéir aveuglément. Au risque de détruire la planète… Car cette mise en alerte signifiait qu’il envisageait sérieusem*nt la possibilité d’emploi effectif et réel des armes de destruction massive dans un conflit régional contre un pays non nucléaire agressé, dans un premier temps. Et il menaçait clairem e n t l e re s t e d u m o n d e d ’ u n e ­troisième guerre mondiale au cas où les pays occidentaux voudraient porter secours par une intervention militaire directe à la victime de l’attaque russe ! Une dramatisation ­totalement inédite. Quelques secondes plus tard après la diffusion de cette vidéo, j’ai commencé à recevoir une avalanche de coups de fil, ­e-mails et SMS sur mon smartphone

me demandant comment j’avais pu anticiper cette éventualité et quelles étaient mes sources. (…) À la suite de la déclaration stupéfiante de Poutine, les « pays nucléaires » n’ont pu que réagir en mettant leurs propres forces de dissuasion nucléaire en état d’alerte plus élevé. Il se dit que les forces du commandement stratégique européen des États-Unis auraient été mises en Defcon 2. En raison de l’incertitude à la frontière ukrainienne et des tensions entre la Russie et l’Otan, le Defcon aux États-Unis est officiellement au niveau 3 depuis le 1er mars 2022. Le Defcon ne reviendra pas au niveau 5, le plus bas, tant que le conflit se poursuivra entre l’Ukraine

La guerre en Ukraine, c’est la mise en pratique de la nouvelle doctrine russe qui s’est recréé un ennemi : l’Europe et les États-Unis et la Russie. Defcon, qui signifie ­Defense Readiness Condition, est un état d’alerte utilisé par l’armée américaine. Le commandement militaire conjoint des États-Unis et les chefs d’état-major interarmées ont développé le Defcon pour désigner cinq ­niveaux de préparation militaire : • Defcon 5 : le plus bas ou l’état de ­préparation ordinaire, permanent. • Defcon 4 : niveau de préparation ­supérieur à la normale avec une augmentation de la collecte d’informations et un renforcement des mesures de sécurité, le personnel commence à faire les exercices poussés d’utilisation des forces stratégiques. • Defcon 3 : alerte plus élevée avec la mobilisation grandissante des forces, dont certaines sont prêtes à se déployer en quinze minutes. Le niveau 3 fut activé au moment des attaques terroristes sur le sol américain le 11 septembre 2001, et le 6 décembre 2021 lors des mouvements de troupes russes près de la frontière ukrainienne. • Defcon 2 : l’ensemble des forces militaires américaines partout dans le

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monde sont prêtes à se déployer et à combattre en six heures ou moins. • Defcon 1 : préparation militaire maximale pour une « réponse immédiate » aux menaces ou aux attaques. Ce niveau n’a jamais été ­déclenché depuis la mise en place de ce système en 1959. Le système russe des niveaux de préparation en réponse aux attaques extérieures lui ressemble mais n’est curieusem*nt pas tout à fait le même : • Niveau 4 : le plus bas, préparation permanente, ordinaire, de routine. • Niveau 3 : préparation plus élevée, les procédures de lancement sont actualisées, les exercices sont plus fréquents pour rendre plus efficaces les réflexes dans le cas d’une attaque potentielle, les forces du premier échelon de défense (le plus près des pays ennemis) sont mises en état d’alerte, les sousmarins partent vers les régions désignées pour chacun d’entre eux. • Niveau 2 : préparation de l’ensemble des forces nucléaires à une menace militaire réelle, les sous-marins arrivent et restent dans les régions désignées, les références des cibles de frappe sont rentrées dans les ordinateurs des missiles. • Niveau 1 : préparation totale à une attaque imminente, tous les avions et missiles disponibles sont remplis de carburant, les sous-marins prêts à frapper, les bombardiers stratégiques en l’air. Et les mallettes nucléaires des trois décideurs sont activées. Cette différence de niveaux d’alerte entre les États-Unis et la Russie n’a ­jamais été harmonisée ; ce qui représente un danger potentiel d’escalade car la réponse en face ne correspond jamais exactement. Cinq niveaux face à quatre ! Alors en février 2022, après l’attaque russe sur l’Ukraine et les déclarations belliqueuses de Poutine concernant la mise en état d’alerte, la tension est-elle revenue ? C’est ça, le rêve soviétique du maître du Kremlin ? C’est ça, sa conception de la sécurité ? Croit-il vraiment que brandir la menace ­u ltime est la meilleure façon de conforter ses positions ? Ce qui se joue en Ukraine n’est plus un simple conflit régional, terriblement meurtrier mais géographiquement circonscrit. C’est la mise en pratique de la nouvelle doctrine russe qui s’est

JUSQU’OÙ VA-T-IL ALLER ? La date symbolique du 9 mai, au cours duquel les Russes célèbrent la victoire de l’URSS sur les nazis, a peut-être poussé Poutine à engager une guerre dans la précipitation, sans tenir compte de l’avis de ses conseillers ou de l’état-major. Sur le papier cela aurait pu fonctionner, une puissance militaire conséquente face à un plus petit pays, qui avait déjà connu une ­intrusion de taille il y a huit ans, et qui s’était soldée par une victoire : l’annexion de la Crimée. Une guerre conventionnelle, campagne de bombardements puis invasion terrestre par plusieurs fronts, le blitzkrieg façon Kremlin allait être une réussite. Le scénario a changé en quelques jours, les Ukrainiens se sont révélés beaucoup plus tenaces et assez peu enclins à accueillir les soldats ­russes avec des fleurs pour les remercier de les avoir « libérés ». Poutine a commis, comme d’autres avant lui – Hitler, Napoléon –, le péché d’orgueil classique de ceux qui se ­surestiment. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la mise en alerte des forces militaires nucléaires russes le 27 février 2022 n’est pas une ­démonstration de force, plutôt un aveu de faiblesse. Celui qui est véri­tablement fort n’a pas besoin de le montrer, sagesse populaire. Certains mots effraient, à raison, les populations qui pensent certainement que l’Apocalypse est à nos portes et que le jour du Jugement dernier arrive. Sans vouloir minimiser les risques et les dangers de l’utilisation d’armes nucléaires, il convient de préciser de quoi nous parlons. Poutine peut utili-

ser une arme tactique de 1 à 5 kilotonnes sur le champ de bataille. De petite taille, elle pourrait être lancée contre un État qui ne possède pas un tel équipement, selon la doctrine russe qui entérine un affrontement à armes inégales. Dans quel but ? Frapper un coup, et faire cesser la guerre plus rapidement. Une telle bombe produirait une boule de feu de 50 à 200 mètres, un champignon s’élèverait à une hauteur de 3,5 kilomètres et détruirait absolument tout dans un rayon de 200 mètres.

Après des milliers de morts et d’exactions, l’évidence est là : le despote est allé très loin dans l’horreur En comparaison, Hiroshima, c’est une charge de 15 kilotonnes, un rayon de destruction totale de 1 kilomètre. On se rend compte qu’en multipliant par 15, ou 20 pour Nagasaki, la charge, on ne multiplie pas d’autant les effets sur le terrain. De plus, la charge radioactive est infime dans une bombe de 1 kilotonne, on estime qu’entre une ou deux semaines après l’explosion le terrain ne serait plus contaminé. Le 16 avril, un bombardier Tupolev 22M3 largue ses bombes sur l’usine Azovstal, où se trouve une poche de résistance ukrainienne. Cet avion stratégique peut transporter des missiles nucléaires, il le fait savoir. Le 20 avril, le

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missile balistique intercontinental Sarmat, le plus lourd porteur stratégique créé, est « testé ». Il peut être équipé de 10 têtes nucléaires pour une puissance totale de 7,5 mégatonnes. Tous ces événements isolés tissent ensemble un canevas, celui d’une escalade. Jusqu’où ? Plus le tsar subira des revers en Ukraine, plus on peut penser qu’il se radicalisera. On peut cependant rester raisonnablement optimiste pour le moment, Poutine n’a pas perdu la raison, il suit sa logique mais n’est pas suicidaire. Et rassurons nos lecteurs, la France n’est pas située en haut de la liste des pays qu’il voudrait envahir ou combattre.

PEUT-ON ÉLIMINER POUTINE ? Après trois mois de batailles, d’exactions sur les civils, de population en exil, plusieurs dizaines de milliers de morts – au moins 50 000 civils ukrainiens et de 20 000 à 25 000 soldats russes –, un conflit qui est devenu aujourd’hui planétaire, l’évidence est là : le despote est allé très loin dans l’horreur. Si loin que la question finit par se poser : et si Poutine était éliminé ? Faut-il le laisser encore agir en toute impunité ? Les instruments pour l’arrêter existent-ils ? La Russie est seule contre tous, ses a­ lliés se tiennent prudemment à d ­ istance et n’ont certainement pas ­envie d’être ­entraînés dans une aventure aussi ­hasardeuse telle qu’un conflit ouvert avec les États-Unis et l’Europe. Habituellement un délinquant qui nuit à un tiers est appréhendé par la police et jugé. Qui joue ce rôle au ­niveau mondial ? L’ONU ? L’Otan ? La Cour pénale internationale à La Haye ? Ont-ils déjà pu engager des actions coordonnées qui se sont ­soldées par une paix durable ? Rien n’est moins sûr. (…) L’élimination physique de Poutine, tant il incarne la source de nos frustrations et de notre impuissance ? Il est âgé, il aura 70 ans le 7 octobre 2022. On le dit gravement malade, son teint est blafard, il a le visage bouffi. Il aurait un cancer, la maladie de Parkinson (c’est pourquoi il s’agrippe aux tables), on annonçait déjà il y a quelques années sa mort imminente. Et pourtant il est tou-

Dmytro Kozatsky/AP/SIPA, Mikhail Klimentyev/Kremlin Pool/ZUMA PRESS/MAXPPP, dr

recréé un ennemi : l’Europe, et son grand frère inconstant, les États-Unis. (…) Le risque est réel, et le moindre incident incluant des soldats de l’Otan pourrait tout faire basculer. À l’heure où toutes les économies européenne et américaine sont inflationnistes, il s’en faudrait de peu pour que l’on soit plongé dans une guerre qui ne dit pas son nom. Tous les ingrédients, qui ont déjà conduit aux grandes guerres du XXe siècle, sont de nouveau réunis. Ne nous y trompons pas, Poutine nous a déclaré la guerre, que nous le voulions ou pas. Ce pourrait être la dernière.

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éventuelles « attaques » que n’importe quel autre dignitaire. Outre le FSO, les moyens ne manquent pas : il y a bien sûr le FSB – ex-KGB –, la GRU – la direction générale du renseignement militaire –, mais aussi le SVR de Narychkine, la Garde nationale dirigée par le général Zolotov, ancien garde du corps de Poutine, et les services spéciaux du ministère de l’Intérieur. Une armée ! Des armées en fait. L’hypothèse d’une élimination depuis l’étranger, depuis l’extérieur du système, est quasi impossible.

L’hypothèse d’une élimination depuis l’étranger, depuis l’extérieur du système, est quasi impossible Qu’en est-il du peuple russe aujourd’hui ? Peut-il et veut-il décider de son sort et se débarrasser de Poutine ? Je ne crois pas à cette hypothèse dans l’immédiat. S’il l’avait voulu, il l’aurait fait depuis longtemps. L’homme occupe le paysage politique depuis vingt-quatre ans ; lorsqu’il devient directeur des services de renseignement du FSB en 1998, son visage et son nom sont connus de tous. La machine de propagande à l’œuvre, depuis des années, est un rouleau compresseur qui a méthodiquement écrasé l’opposition et endormi les gens dans un récit ultrapatriotique et passéiste. La majorité de la population regarde les télévisions d’État et s’informe assez peu sur

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internet. Il existait quelques médias réellement indépendants. Le plus célèbre, Novaïa Gazeta, a cessé sa publication le 21 mars 2022. Six de ses journalistes ont été assassinés depuis 2000, dont Anna Politkovskaïa en octobre 2006. La chaîne de télévision Dojd a cessé d’émettre le 3 mars 2022 à la demande du parquet général russe, la radio Écho de Moscou qui touchait un auditoire d’un million de personnes a été liquidée le même jour. La main de Poutine contre ceux qu’il nomme les « ennemis de l’intérieur » est désormais clairement identifiée. Tous ceux qui ne relaient pas les discours officiels disparaissent des écrans et des ondes. Mais il avait déjà commencé son travail de sape bien avant. La radio Écho de Moscou ayant des difficultés financières, la société Gazprom, dont l’État russe possède 50 % du capital, s’était portée à son « secours ». Paradoxalement, Poutine avait été assez intelligent, ou pervers, pour laisser une toute petite fenêtre d’expression médiatique aux journalistes indépendants. Une sorte de soupape pour évacuer le trop-plein de mécontentement et garder une certaine paix sociale, et qui en fin de compte ne faisait pas grand bruit. Les audiences cumulées étaient trop peu importantes pour lui nuire réellement. Que représentent deux millions de curieux face à la centaine de millions de gens qui regardent passivement les journaux « officiels » et les effrayantes émissions de la télévision centrale sous contrôle total ? (…) La grande majorité des Russes est galvanisée, jusqu’à la docilité : beaucoup pensent sincèrement lutter contre les nazis de 1941 ! À n’en point douter, les images des cadavres ukrainiens scarifiés, des croix gammées sur leurs corps, montrent bien que la machine de propagande poutinienne fonctionne parfaitement. Le tsar mégalo va décidément être difficile à liquider.

jours là, bénéficiant d’une surveillance médicale hors norme, les meilleurs médecins à son chevet, on parle même de chamans de Sibérie. Si une maladie l’emportait, nous n’aurions pas à porter le poids moral de son élimination. Mitterrand, malade d’un cancer, a tenu deux septennats, Brejnev est resté au pouvoir dixhuit années, dont la moitié en étant malade, Eltsine avec son alcoolisme paraissait increvable. Les plus radicaux d’entre nous voudraient que l’on envoie quelqu’un pour faire le job. Qui s’en chargerait ? La CIA ? le Mossad ? le MI6 ? Mais la Russie est un château fort qui se sent assiégé, une dictature où le moindre étranger prétendant rencontrer le tsar doit donner la preuve de la réalité de sa mission et est de toute façon considéré comme un espion. On sait que Zelensky est à Kiev, Macron à l’Élysée, mais Poutine, où est-il ? La Russie a élevé son niveau de sécurité et acté la possibilité d’un conflit ­nucléaire. Il passe le plus clair de son temps dans l’un des bunkers antiatomiques, dans les monts Oural et ­l’Altaï ou dans l’une de ses résidences officielles. Des sources affirment qu’il aurait deux « doublures », brouillant encore plus les pistes. Autre problème de taille : l’armée et les services spéciaux qui veillent à sa sécurité. Au sommet, le FSO, service de la protection des personnalités, dont le président. Il compterait plusieurs ­dizaines de milliers d’agents, certains parlent de 40 000 officiers. Ils se tiennent en permanence autour de lui, formant jusqu’à quatre cercles de protection, armés de pistolets SR-1 Gyurza tirant 40 balles par minute, capables de percer un gilet pare-balles à plusieurs dizaines de mètres de distance. Sans compter les tireurs d’élite, les limousines blindées qui peuvent tenir un tir direct de lance-grenades, les voitures d’accompagnement équipées de système de missile antiaérien portatif. Le résultat est là : Poutine est l’homme le plus protégé du monde. De quoi refroidir les plus déterminés. De plus nous avons affaire à un grand paranoïaque. Il n’utilise pas de téléphone portable, pas d’ordinateur, sa nourriture est analysée, et pour couronner le tout, en tant qu’ancien officier du KGB, il est plus sensible aux

« L’Engrenage », de Sergueï Jirnov, Albin Michel, 223 p., 19,90 €. En librairie le 1er juin.

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Pacôme Rupin (LREM, Paris), un des rares macronistes à s’être opposé au passe sanitaire.

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Julien Muguet, Christophe Morin / IP3 /MAXPPP,, Vincent Isore/IP3 /MAXPPP

Po l i t i q u e

Ces députés qui jettent l’éponge

Près de trois quarts des députés de l’Assemblée nationale élus en 2017 n’y avaient jamais siégé. Les troupes les plus fraîches étaient celles de la majorité présidentielle. « Soyez fiers d’être des amateurs ! » leur avait lancé Emmanuel Macron. Cinq ans plus tard, les « amateurs » sont fatigués et ils ne sont pas les seuls. Par Judith Waintraub

L

assitude de combats trop souvent vains pour modifier des projets de loi intégralement rédigés dans les ministères, ras-le-bol des joutes stériles entre majorité et oppositions, refus du caporalisme du groupe, envie d’être mieux considéré et, parfois, mieux payé… La crise des vocations se confirme à l’Assemblée nationale. Il y a deux ans, déjà, les municipales avaient envoyé un signal inquiétant : on n’avait jamais vu autant de députés, parmi les plus aguerris et les plus actifs, abandonner leur mandat national pour se replier sur leur fief local. « Je pars après huit années à défendre, sans beaucoup de succès, des amendements jusqu’à point d’heure et à écouter les réponses des ministres dictées par la haute administration », avait résumé la républicaine Valérie Lacroute dans l’hémicycle en guise de discours d’adieu. Élue à Nemours, elle laissait son siège en Seine-et-Marne. « Dans l’opposition, on ne sert à rien et dans la majorité, on est un godillot », résume un sortant qui ne se représen-

Hugues Renson (LREM, Paris), vice-président de l’Assemblée sortante.

Annie Chapelier (ex-LREM, Gard), infirmière anesthésiste.

tera pas. Cette désaffection pour les ors et les pompes du Palais-Bourbon n’est pas un phénomène nouveau. L’interdiction du cumul des mandats, en 2014, l’a accéléré, avec notamment l’année suivante le départ simultané vers les régions des grands barons de

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la droite, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez. À un mois des législatives, l’heure est venue de faire les comptes. Sur les 577 sortants, 105 ne se représentent pas, soit 18,2 %. Premier groupe en termes d’effectifs de la législature qui vient de s’achever, La République en marche (LREM) est aussi, logiquement, celui où les départs volontaires sont les plus nombreux, surtout parmi les primodéputés. Au total, l’Assemblée élue en 2017 en comptait 72 %, soit plus de deux tiers, un record sous la Ve République. À l’époque, près de 39 % des élus de 2012 ne s’étaient pas représentés. Parmi les marcheurs qui leur ont succédé, beaucoup avaient été attirés par la promesse macroniste d’en finir avec les pratiques de l’« ancien monde » politique. Leur déception est à la mesure de leur espoir. Dès le 16 février, le député de Paris Hugues Renson publiait une longue lettre titrée « Savoir s’écarter, pour ne pas renoncer ». Se définissant comme un « gaulliste de gauche », ancien conseiller de Jacques Chirac à l’Élysée, ___u

Po l i t i q u e

L’inversion du calendrier, qui donne presque automatiquement une majorité au président élu, a déséquilibré les relations entre l’Assemblée nationale et l’exécutif, avant que l’interdiction du cumul des mandats rende plus étroite encore la dépendance des députés vis-à-vis du gouvernement. ce quadragénaire avait soutenu François Hollande en 2012 avant de rejoindre Emmanuel Macron et La République en marche. Dans son courrier, il exprimait, outre son « doute sur la recomposition politique et le projet progressiste » voulus par le chef de l’État, son « inquiétude sur l’évolution de notre démocratie parlementaire ». Comme en écho à sa promesse de 2017, Emmanuel Macron a assuré le soir de sa réélection qu’il mettrait en œuvre une « nouvelle méthode » de gouvernement, mais Hugues Renson reste sceptique sur sa volonté de corriger la dérive des institutions : « On n’a pas tiré les conséquences de la rupture majeure de la réforme du quinquennat, regrette-t-il, et surtout de l’inversion du calendrier électoral.

nous ait demandé d’acter l’inverse de ce qu’on venait de voter, ça ne m’a pas dérangé en soi, soupire-t-il. Encore eût-il fallu expliquer pourquoi et nous permettre d’en débattre ! » Moins magnanimes, ses collègues Pacôme Rupin (Paris) et Valéria FaureMuntian (Loire) n’ont pas digéré la façon dont le groupe a été sommé en juillet 2021 de valider en urgence le passe sanitaire, auquel ils étaient opposés. Aucun des deux ne se représente. Pas étonnant, dans ces conditions, que la nomination d’Olivier Véran au ministère des Relations avec le Parlement suscite des réactions pour le moins mitigées au Palais-Bourbon. Le ministre de la Santé n’est pas responsable du traitement pour le moins

anesthésiste, elle est devenue députée du Gard sous l’étiquette LREM, qu’elle a abandonnée trois ans plus tard pour rejoindre le groupe Agir ensemble, le satellite centriste du groupe macroniste. Dès son élection, elle avait prévu de ne faire qu’une législature, parce qu’elle « exècre la professionnalisation de la politique ». Ce qu’elle a vécu n’a fait que renforcer sa détermination : « Je n’ai pas arrêté de déposer des amendements et de faire des rapports, raconte-t-elle. La plupart ont été adoptés, mais aucun n’a abouti ! Mon rapport sur l’équité salariale femme-homme, par exemple, a été adopté à l’unanimité mais jamais intégré dans un projet de loi car le Medef s’y opposait. Au bout du compte, le mot d’ordre c’est “surtout ne changeons rien”. On

Albane Gaillot (ex-LREM, Val-de-Marne), qui a fait allonger le délai de l’IVG.

Émilie Cariou (ex-LREM, Meuse), ancienne conseillère ministérielle.

Matthieu Orphelin (ex-LREM, Maine-etLoire), un écolo qui quitte l’Assemblée.

La concordance de la présidentielle et des législatives change profondément la nature des institutions. Quand vous ajoutez à cela les tempéraments de Nicolas Sarkozy et d’Emmanuel Macron, vous aboutissez à ce système où le chef de l’exécutif détient la légitimité, la majorité parlementaire étant là pour accompagner des décisions qui sont prises ailleurs. » Et la crise sanitaire n’a rien arrangé. Comme beaucoup de ses collègues d’En marche, le député de Paris a mal vécu la succession des états d’urgence, le remplacement du Conseil des ministres par un Conseil de défense à la composition variable et aux délibérations secrètes et, surtout, les changements de cap de l’exécutif. « Qu’on

cavalier imposé par Emmanuel Macron à la représentation nationale, mais il incarne une méthode qu’il a défendue jusqu’à la caricature quand, en novembre 2020, il a sommé les députés hostiles à la prolongation de l’état d’urgence sanitaire de quitter l’hémicycle en vociférant : « Vous êtes en train de débattre de sujets alors que nos soignants se battent pour sauver des vies. C’est ça, la réalité ! Si vous ne voulez pas l’entendre, sortez d’ici ! » Le choc a été particulièrement rude pour les représentants de la « société civile ». Annie Chapelier a fait partie des 28 % d’élus de 2017 qui n’avaient jamais été actifs et rémunérés en politique. Son profil est très différent de celui d’Hugues Renson : infirmière

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fait un peu de maquillage, de bricolage, mais ça s’arrête là. Je n’ai pas l’impression d’avoir été utile. » La députée du Gard estime que les gardiens du statu quo sont surtout « les technocrates des ministères ». Elle décrit leur méthode avec humour : « J’ai beaucoup fréquenté l’Intérieur et la Santé. Ils vous reçoivent très bien, s’extasient sur votre maîtrise des sujets, trouvent votre approche passionnante… C’est tout juste si vous ne leur apportez pas la lumière ! Quand on est un peu naïf, on ressort tout content, mais au bout du compte, ça ne sert à rien. On vous explique que ce que vous proposez est trop compliqué, ou alors, le décret n’arrive pas. » Annie Chapelier précise qu’elle n’en veut pas aux ___u

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*Tarif par personne sur la base d’une occupation double en cabine Confort Hublot, pont Principal à bord de l’Elysium, incluant la pension complète avec boissons, les excursions selon programme, les taxes portuaires, une nuit d’hôtel à Mascate 5* n.l, hors assurances voyage. Crédit photo : AdobeStock. Photo non contractuelle.

ministres eux-mêmes. Selon elle, « ils ont les mêmes difficultés avec leur ­administration, où il y a des gens spécialement formés à faire lanterner les politiques pour que rien ne change. La devise de la technostructure c’est “Les chiens aboient, la caravane passe” ! » Annie Chapelier a publié un journal de bord de son expérience au titre éloquent : Un Parlement en toc *. « Pourquoi avoir permis à huit infirmières de siéger dans l’hémicycle si toute la réforme du système de santé continue à être l’exclusivité des médecins ? écritelle. C’est la méthode des figurants de cinéma : alors que nous sommes venus pour un engagement total, on nous met sur le banc de touche, éternels remplaçants, attendant notre heure qui n’arrive jamais. » Sa collègue du Val-de-Marne Albane Gaillot, qui quitte également l’Assemblée, a exhalé son amertume dans le JJD. « On avait promis de changer les pratiques et on s’est rendu compte qu’on faisait la même chose que les autres. Sous ce mandat, le couple gouvernement-majorité a exclu toute initiative des députés. C’est dans tous les groupes comme ça : le quinquennat fonctionne parce qu’il y a une majorité qui peut valider le programme de l’exécutif sans ciller. Il faudrait laisser des marges de manœuvre et accepter qu’un député ne soit pas toujours d’accord, cela ne met pas en péril le groupe. » Rapporteuse d’une proposition de loi sur l’IVG qui a créé une vive polémique, elle se désole de n’avoir pu allonger le délai que de deux semaines et estime qu’elle sera « plus utile pour les droits des femmes à l’extérieur ». Albane Gaillot est l’une de ces élus de l’aile gauche de la majorité qui on quitté LREM en cours de législature. Comme sa collègue de la Meuse Émilie Cariou, qui raccroche elle aussi les gants. Forte de son expérience de cabinet sous la présidence de François Hollande, elle a fait le constat d’une « démocratie en berne » dans son communiqué d’adieu : « Un exécutif surpuissant, voire plus puissant que dans les régimes présidentiels purs, des méthodes de construction des textes technocratiques, dans le petit monde de hauts fonctionnaires

Gilles Carrez (LR, Val-de-Marne), ancien rapporteur général du budget.

Régis Juanico (ex-PS, Loire), l’un des rares « frondeurs » réélu en 2017.

Depuis la première élection d’Emmanuel Macron, l’opposition n’a plus aucune influence sur les travaux parlementaires fonctionnant en vase clos, incapables de remettre en cause la vision du monde que porte l’orientation qu’ils donnent aux politiques publiques, l’incapacité de l’exécutif de construire des solutions consensuelles et négociées avec le plus grand nombre : voilà l’état de nos institutions. » Pour Émilie Cariou, « le Parlement a été réduit au cours de ce dernier quinquennat à un fan-club, approuvant sans discuter ou amender la parole présidentielle ». Elle relève dans des termes encore plus sévères que ceux d’Hugues Renson « des atteintes graves à notre démocratie », qu’elle énumère : « Législation par ordonnance, usage du 49-3 sur les retraites sans contestation de la majorité, législations par décret autorisées par une litanie de lois d’urgence sanitaire […] » Minoritaire au sein du groupe majoritaire est un emploi ingrat. Appartenir à l’opposition l’est encore plus, mais parce que les sièges sont rares, leurs détenteurs n’y renoncent pas facilement. Les partants ont pour la

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quasi-totalité une longue carrière parlementaire derrière eux, comme parmi les socialistes et apparentés, Régis Juanico (Loire) et Christian Hutin (Nord). Ils quittent le PalaisBourbon après trois mandats consécutifs. Élu sans discontinuer dans le Val-deMarne depuis 1993, Gilles Carrez y a été rapporteur du budget de 2002 à 2012, un record sous la Ve République. À ce poste stratégique, puis à la présidence de la commission des Finances sous l’ère Hollande, il a travaillé en bonne intelligence avec des collègues de tous les groupes. Cette coopération fructueuse s’est interrompue avec l’élection d’Emmanuel Macron. « Les élus LREM ont eu interdiction de faire quoi que ce soit avec l’opposition, regrette-t-il. Je n’ai jamais connu une majorité aussi aux ordres ! » Quand un amendement ou une proposition de loi déposés par un autre groupe sont jugés pertinents par le gouvernement, les députés de la majorité ne les votent pas : ils en rédigent leur propre version, pour ne pas donner de victoire politique à l’adversaire. Comment revenir sur la transformation de l’Assemblée en « chambre d’enregistrement », pour reprendre l’expression consacrée ? Décorréler les législatives de la présidentielle fait partie des solutions citées par les sortants, y compris dans la majorité. « Mais ça ne suffira pas, prévient Gilles Carrez, qui se mord aujourd’hui les doigts d’avoir voté l’inversion du calendrier. Pour rééquilibrer la relation entre le Parlement et l’exécutif, il faut en finir avec l’interdiction du cumul des mandats, qui rend le député totalement dépendant du parti majoritaire. C’est mon implantation locale qui m’a donné ma liberté par rapport au gouvernement : il savait qu’il ne pouvait pas me faire battre ! » Voilà précisément pourquoi le rétablissem*nt de l’autorisation du cumul des mandats ne figure pas au menu de la « rénovation des institutions » promise par Emmanuel Macron. ■ Judith Waintraub

* Un parlement en toc, NomBre7 éditions, 200 p. ; 17,50 €

Vincent Isore/IP3 /MAXPPP, ; Arthur Nicholas Orchard / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

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Des « cholas » sur le salar d’Uyuni, la plus grande étendue de sel du monde.

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En Bolivie, le féminisme s’habille en “chola” Longtemps méprisées, les « cholas », les femmes indigènes, ont conquis des droits depuis l’élection en 2005 du président Evo Morales, lui aussi d’origine indienne. En costume traditionnel, elles sont désormais visibles dans la politique, les médias, la mode ou le sport. Au risque d’être instrumentalisées. De nos envoyées spéciales Lou Valini (texte) et Véronique de Viguerie (photos)

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Les « cholitas escaladeuses », premier groupe de femmes guides de montagne en Bolivie.

Avant, les femmes étaient faites pour être cuisinières sur les camps de base ou porteuses, mais pas guides !

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u d ’ e n b a s, q u e l spectacle ! Tandis qu’elle cuisine du riz et du maïs pour les randonneurs, Alicia contemple les neiges éternelles sur les Andes, le soleil qui tombe ­d errière les crêtes de ce toit du monde. « Mais qu’y a-t-il donc au sommet ? Une fête ? Les alpinistes qui reviennent d’expédition sourient comme s’ils avaient pris de la drogue ! dit-elle à son mari, guide de mon­tagne. Moi aussi, je veux escalader, ­emmène-moi, s’il te plaît. » Nés sur l’ancienne route des Incas, ils se connaissent depuis l’adolescence et se sont mariés jeunes lors d’une cérémonie aymara. Augustin regarde son épouse : cette femme, pense-t-il, est une force de la nature, une battante. Après deux jours de marche, ils atteignent le pic de l’Huayna Potosí, ­perché à 6 088 mètres, au-dessus des nuages. Une photo immortalise une Alicia fière, radieuse, brandissant un

drapeau bolivien et un piolet en signe de victoire. Elle porte la tenue des « cholas », les femmes indigènes, cheveux coiffés en deux longues tresses, châle sur les épaules, sac coloré dans le dos et « pollera », jupe vert amande longue plissée sur plusieurs couches de jupons. Un casque vert assorti a remplacé le traditionnel chapeau melon. Elle rit, de ses quatre dents du haut en or gravées d’un « love ». Indigènes et méprisées

Une semaine plus tard, en haut du ­Nevado Illimani, surnommé « l’aigle d’or », 6 462 mètres dominant La Paz, elle se fait la promesse de devenir la première femme guide de montagne de Bolivie. Elle a 32 ans et trois enfants. Rien ne l’arrêtera, ni les coûteuses ­années de formation ni les absurdes traditions machistes. Pourquoi une femme ne pourrait-elle pas être guide ? Et pourquoi ne pourrait-elle pas gravir les sommets en « pollera », en jupe ? C’est alors que les hommes se réunissent, une trentaine, tous guides

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et très remontés contre cet Augustin qui a laissé germer des idées folles dans la tête de son épouse. Ils s’animent, haussent la voix : elles vont tomber dans une crevasse, se blesser, s’épuiser, se paumer, avoir le mal de montagne, égarer les alpinistes, nous faire perdre de l’argent ; les femmes sont faites pour être cuisinières sur les camps de base, porteuses, assistantes à la limite, mais pas guides ! C’est l’été et Alicia vient de perdre son père. Lui vivant, elle aurait gardé ses rêves en cuisine. Il était de cette génération d’hommes qui demandaient encore aux femmes de baisser les yeux, cette époque pas si lointaine où une « chola » ne conduisait pas, n’allait pas à la fac, ne rentrait pas au cinéma ni dans aucun lieu public en tenue traditionnelle. L’élection fin 2005 du premier président aymara a fait bouger les lignes. Et grandir les espoirs. Issu d’une famille de paysans, autodidacte, syndicaliste, socialiste, nationaliste, anti-impérialiste, Evo Morales n’était pas le premier des féministes, loin de là ___u

Reportage

Milanka, 19 ans, la fille de la pionnière Alicia, en pleine ascension de l’Huayna Potosí.

Deux fois moins payées que les hommes, les femmes louent souvent leur propre matériel, faute de pouvoir se l’offrir.

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Reportage

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Elles sont 52 % à l’Assemblée nationale, 47 % au Sénat – il ne se privait pas de faire des blagues grivoises –, mais il avait compris ­qu’elles étaient la moitié de l’humanité, la moitié des voix. Sous son ­impulsion, les 11 millions de Boliviens ont voté par référendum une nouvelle Constitution en 2009 qui a donné des droits aux peuples indigènes et aux femmes. Grâce à l’instauration de quotas, le pays se targue d’être le deuxième au monde, après le Rwanda, à pouvoir revendiquer le plus de ­femmes en politique : 52 % à l’Assemblée nationale, 47 % au Sénat. Alicia Quispe est galvanisée par les trajec­toires de cholas devenues visibles avec leurs tresses, leurs chapeaux, leurs ­jupons, leur soif légitime de liberté et de reconnaissance, dans les arènes autrefois réservées aux hommes, ­plateaux télé, rangs du Parlement, rings de lutte, parcours de skatepark… alors pourquoi ne pas prétendre au sommet des Andes ? Les cholitas étaient esclaves

Juanita avant un combat de lutte libre, dans la ville d’El Alto. Entre spectacle burlesque et sport, la « lucha libre » est orchestrée comme un combat entre le bien et le mal : une métaphore de la vie quotidienne où les femmes doivent se sacrifier et se battre pour leur émancipation.

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Figure de cette nouvelle génération de cholas puissantes, Yolanda Mamani, sociologue et animatrice d’une émission de radio, n’en revient pas du chemin parcouru. Dans son village aymara des bords du lac Titicaca, elle allait à l’école à dos d’âne. Elle a 9 ans quand son père lui dit : « Ma fille, je vais te montrer la grande ville, nous ­allons à La Paz. » Le cœur battant, ses yeux d’enfants grands ouverts, elle voit pour la première fois le bitume, le bruit, les lumières de cette incroyable cité tentaculaire et chaotique nichée entre les pics montagneux, et toutes ces « cholas » vendeuses de rue, l’air misérable sous leur chapeau, à qui des urbains plus blancs, ou métissés, se croyant supérieurs, lancent des irrespectueux : « Cholita (terme péjoratif signifiant petite chola), retourne dans ton village ! », « Cholita, écarte-toi de mon passage, tu pues, tu es pauvre ! » Plus de la moitié des Boliviens (62 %) sont pourtant d’origine précolombienne. Yolanda ignore que la plupart des petites cholitas sont envoyées comme domestiques à la ville. Son père l’abandonne chez une tante, mère célibataire, une méchante ___u ­personne qui fait d’elle son esclave.

« Les insultes et abus dont j’ai été victime m’ont donné la force de gagner mon indépendance ». Yolanda Mamani, 39 ans, ex-employée de maison devenue animatrice radio et militante féministe.

Evangélistes dans la ville andine d’El Alto.

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À Cochabamba, un collectif de skateuses s’est réapproprié la « pollera », la jupe traditionnelle, en symbole de leur résistance aux discriminations.

Yolanda annonce à ses patrons qu’elle veut aller à la fac. Leur réponse : “Une chola n’a pas besoin d’étudier. C’est l’université ou nous. Choisis !” Un an plus tard, Yolanda s’enfuit. Elle ne parle que l’aymara, pas l’espagnol. Elle ne connaît pas le nom de son ­hameau. Elle a des rêves de petite fille forcée de grandir trop vite. Le jour où elle décroche un emploi de domestique, elle espère s’être trouvée un foyer. Mais le réel est cruel. Ses maîtres l’appellent « chola » et parlent d’elle comme si elle n’était pas là. Ils oublient son prénom, sa date de naissance. « Chola, tu vas faire tomber nos bibelots avec ta jupe ! », et ils l’obligent à porter un pantalon. « Ils me voyaient comme un animal et m’avaient attribué une ­petite chambre avec une minuscule fenêtre, occupée par un lit plus étroit qu’une place. La pièce était si riquiqui que la porte ne pouvait ni s’ouvrir ni se fermer. Il n’y avait pas de placard pour mes vêtements. C’était un lieu qui interdisait toute pensée ou rêverie. Quand le soir, j’allumais la lumière pour étudier, ils me reprochaient de la gâcher. J’ai pourtant étudié avec acharnement la nuit. Ma mère, analphabète, disait en aymara “ne pas savoir lire, c’est comme être aveugle”. »

À 23 ans, Yolanda Mamani annonce à ses patrons qu’elle compte suivre des cours à la fac de sociologie, après ses heures de service. « Une chola n’a pas besoin d’étudier. C’est l’université ou nous. Choisis ! » Ils considèrent que son savoir nourrit son insolence. Elle est remerciée illico, à 1 heure du matin, après treize ans de bons et loyaux services, pour 50 bolivianos par mois (6,50 euros)… Combats pour l’émancipation

Quand Yolanda raconte cette scène, à 38 ans, son nouveau-né accroché au sein, les larmes lui montent aux yeux. « Ils m’ont mise dehors en pleine nuit pour m’humilier. Je leur avais tout donné, j’avais élevé leurs enfants, et quand j’ai voulu faire quelque chose pour moi, avoir un rêve humain, ils m’ont ­traitée comme une moins que rien alors qu’ils n’avaient cessé de me dire : tu es comme notre fille. Ça m’a donné ­beaucoup de rage. » Chaque dimanche, Yolanda retrouve des employées de maison réunies en

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syndicat. Elles parlent leur langue ­natale avec délectation et quittent leurs tenues de domestique pour redevenir cholas. Elles se moquent de la cruauté de leurs employeurs, apportent des ­gâteaux, jouent de la musique, tressent leurs cheveux, un rituel destiné à se ­libérer du chagrin, et partagent autant leurs connaissances en informatique que les histoires de leurs grands-mères – comment coudre des jupes, porter le chapeau (s’il est légèrement incliné, c’est que la femme est mariée, son cœur n’est plus à prendre)… C’est gai, parfois nostalgique, toujours bienveillant. Elles sont bientôt 150 femmes au syndicat. Les plus anciennes enseignent à leurs camarades le droit du travail. Dans ce cocon, Yolanda prend peu à peu conscience de la richesse de son identité. Si elle continue les ménages pour payer son loyer, elle est aussi une chola avec des convictions qu’elle peut enfin exprimer à la première personne, d’abord sur son blog puis dans son émission radiophonique appelée « Employée de maison avec fierté et ___u

Reportage

“Les gens nous voient comme un musée. Mais nous sommes des personnes qui pensent, pas des vitrines. La vraie chola n’est pas celle qui se déguise, mais celle qui se bat” ­ ignité », dans laquelle elle dénonce les d cas de maltraitance. Le programme est diffusé sur Deseo (Désir), la radio du collectif Mujeres Creando (Les Femmes qui créent), hébergée à La Paz au cœur d’une bâtisse rouge vif couverte de graffitis au vent de révolte. Son bébé sous le bras, Yolanda Mamani est ­venue raconter son histoire accompagnée de son copain qui a l’air d’un jeune étudiant en philo. « Mon mari ? Ha non, on n’est pas marié ! Les hommes veulent nous enfermer dans le statut de “madreposa”, mère et épouse, mais je ­refuse d’être soumise à leurs lois… » Les courageuses oubliées

Aux murs, des photos, des tableaux, des mots : « La pensée est très féminine », « Aucune femme ne naît pute ». Une peinture d’une « Vierge des ­désirs, protectrice des avortements » toujours interdits dans ce pays catholique (plus de 65 000 IVG clandestines sont pratiquées chaque année dans des conditions d’hygiène désastreuses), veille sur cet espace chaleureux ouvert au public. Au contact du collectif féministe, artistique et politique Mujeres Creando, Yolanda a développé une pensée qui allie décolonisation et ­d épatriarcalisation, défense des ­communautés indigènes et droits des femmes. Elle dénonce la continuité d´un régime machiste qui a utilisé la chola à des fins électorales, alors que sa voix continue d´être sous-valorisée. « Les hommes politiques prononcent leurs discours entourés de cholas qui n’ont pas plus de pouvoir qu’un pot de fleurs. Elles sont des ornements. Dans les banques, c’est pareil, vous voyez à l’accueil des femmes apprêtées avec des belles jupes, des bijoux coûteux, mais qui décide ? Les hommes. » Selon elle, la chola est devenue un produit folklorique, une mode qui s’exporte, une t­ enue que certaines Boliviennes enfilent en échange de quelques euros l­âchés par des touristes pour une photo souvenir, ou par opportunisme pour obtenir des postes. « Les gens nous voient comme un musée. Mais nous sommes des ­personnes qui pensent, pas des vitrines. L’habit ne fait pas la féministe. La vraie chola n’est pas celle qui se déguise, mais celle qui se bat. »

L’histoire des révoltes boliviennes est faite de courageuses oubliées. À l’origine, la tenue de la chola s’inspire du style des épouses des colons espagnols, et c’est donc vêtue du costume de l’oppresseur qu’en 1781, une combattante, reine des Aymaras et vice-reine inca organisa la résistance aux conquistadores. Elle s’appelait Bartolina Sisa. Avec son mari, elle prit la tête d’une ­armée de quelque 40 000 combattants qui assiégèrent La Paz. Capturée, puis battue et violée en place publique, la guerrière mourut pendue avant d’être découpée en morceaux exposés dans différents villages pour effrayer les ­natifs rebelles. Des Boliviennes perpétuent aujour­d’hui la mémoire de cette héroïne au sein de l’organisation ­Bartolina, qui représente les femmes paysannes indigènes. L’une d’elles a donné rendez-vous dans sa maison ­familiale à Viacha, une ville nouvelle qui a poussé comme un champignon à mesure que les habitants des cam­pagnes s’y installaient en quête d’opportunités de travail. Depuis le centre de La Paz, il faut prendre des rues aux vues imprenables et aux embouteil­lages infinis, et longer des maisons de briques rouges presque toutes laissées inachevées par leurs propriétaires pour ne pas avoir à payer les taxes. Fait rare : celle de Rosmery Mendoza Quispe a un toit ! Elle reçoit dans un salon aux innombrables canapés, entourée de sa mère, son père et sa jeune nièce. Ils se tiennent tous bien droits, timides, élégants, dans des costumes traditionnels en tissu vert épais que la mère a fabriqué de ses mains. « Nous sommes des ­bibliothèques vivantes, si on ne les transmet pas, nos traditions disparaîtront avec nous. » D’une voix chantante, Rosmary raconte comment, petite, elle avait honte d’être chola, les ­m oqueries des autres enfants à l’école ; comment elle s’est battue pour devenir professeur de langue, et comment elle est devenue une chola ­féministe, qui accompagne bénévolement des femmes victimes de violences – la Bolivie affiche le taux le plus élevé de féminicides en Amérique latine. « La loi 348 de 2013 devait garantir aux femmes une vie libre de violence, mais la

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grande majorité des crimes restent ­impunis… Si un homme te viole, tu dois te marier avec lui pour essuyer la honte de la famille… Cette violence mas­culine, je l’ai vécue personnellement. » Il est de ces scènes qui, parfois, vous laissent abasourdis. Devant ses ­p arents cois, Rosmary poursuit : « Papa tapait maman, il la laissait avec des yeux au beurre noir. Maman, je t’admire. À ta place, je me serais enfuie. Nous avions toutes peur. Même moi j’avais peur de mon père, des hommes. » Faire plier les hommes

Un silence. La mère regarde le sol, le père se racle la gorge : « Quand j’étais policier, j’étais appelé pour des cas de violence. Des types avaient bu, ils s’énervaient contre leur femme. On arrivait, ils avaient déjà pris la fuite. Personne n’était arrêté. Pour moi, la violence était normale, naturelle. Je ne me rendais pas compte du mal que je faisais à ma ­famille. Avec le vote de la loi 348, on a mieux été informés. Aujourd’hui, on peut être puni. Et j’encourage les femmes à se plaindre. » Rosmary reprend de sa voix cristalline qui désarme : « À 15 ans, je me suis retrouvée première de ma promo. Je me suis dit, si tu ne veux pas dépendre d’un mari, tu dois étudier. ­D épendre d’un homme, c’est être ­enchaîné à lui. Maintenant, la peur est partie. Ma force, je la trouve dans mon identité de chola. » Debout, Rosmary se met à chanter : « Femme Bartolina Sisa, Tu tiens ta force de la terre ; Femme Bartolina Sisa, ton sang est le nôtre… » Les yeux tournés vers l’Altiplano, ­A licia Quispe chante, elle aussi. ­Lorsqu’elle parle de son mari, elle ­l’appelle avec humour « mon épouse ». Elle a réussi. Elle a fait plier les hommes. Elle a converti des femmes et créé avec elles le groupe des « cholitas escala­deuses ». Equipées de crampons, elles peuvent enfin atteindre ces cimes qui fascinent tant les alpinistes. Même si ­elles gagnent toujours deux fois moins que leurs confrères guides… « La lutte­ continue, dit Alicia. Elle ne s’arrêtera que le jour où le fait de voir une chola présidente ne sera pas un sujet. » ■ Lou Valini Ce reportage a pu être réalisé grâce au soutien de Panasonic-Lumix dont la photographe Véronique de Viguerie est ambassadrice.

Populations indigènes devant le Parlement de La Paz.

Nancy Quispe, animatrice de télévision pour les communautés quechua, aymara et guarani.

Dans les combats de « lucha libre », les femmes affrontent aussi des hommes.

Alicia, guide de montagne. Sur ses dents en or est gravé « love ».

« Cholas » au travail sur le salar d’Uyuni.

Ces femmes autochtones se battent pour défendre les droits de leur communauté.

Femmes indigènes sur le marché d’El Alto.

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François Fernandez, Musée Carnavalet / Roger-Viollet, Jean-Luc Lacroix / Musée de Grenoble

Culture

« Suzy Solidor », de Tamara de Lempicka.

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« Composition abstraite », de Marcelle Cahn.

« Maria Malibran-Garcia dans le rôle de Desdémone », d’Henri Decaisne.

Expos

Les femmes à l’honneur

Figures de l’Histoire, de la littérature et de la mythologie ou artistes libres et indépendantes d’hier ou d’aujourd’hui, elles sont célébrées par plusieurs musées dans des parcours aussi originaux que passionnants.

L

Par Pierre de Boishue

’art se décline au féminin dans les expositions de ce printemps. Par exemple à Blois, où l’équipe du ­château honore Catherine de Médicis, Diane de Poitiers, Marguerite de Valois avec l’intention de tordre le cou à des légendes tenaces sur leur compte. Ou à P ­ aris, où le Musée de la vie romantique s’intéresse aux héroïnes de l’Histoire (Jeanne d’Arc, Marie Stuart…) ou de la l­ ittérature (Ophélie, Desdémone, Juliette…). Plus question d’égéries classiques, ici ! Idem au Musée du Luxembourg où les « pionnières » (Suzanne Valadon, Marie Laurencin…) affichent leur indépendance. Les personnalités fortes sont ­légion. Même méconnues. Comme pour réparer les injus­tices du destin sans tomber dans le féminisme béat. Bien que s’effaçant volontiers derrière leurs clichés, les femmes photographes de guerre ne bénéficient pas toujours,

e­ lles non plus, de la reconnaissance qu’elles mériteraient pour leur courage et leur talent. Le Musée de la Libération rectifie le tir en célébrant huit d’entre elles, dont les Françaises Catherine Leroy, Christine Spengler et Françoise Demulder aux côtés de leurs consœurs américaines ou britanniques. L’autre tendance ? L’ouverture aux créatrices étrangères, notable au Musée du Luxembourg, comme au Centre de création contemporaine Olivier Debré de Tours qui adresse un joli coup de chapeau aux artistes portugaises de 1900 à 2020. Parmi les hommages attendus : « Vieira da Silva, l’œil du labyrinthe » au Musée Cantini de Marseille (du 9 juin au 6 novembre), ou « Nadja, un itinéraire surréaliste » – dédié au personnage d’André Breton – au Musée des beaux-arts de Rouen (du 24 juin au 6 novembre). Les femmes superstars, on vous dit… ■

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Les femmes d’avenir

leins feux sur des femmes restées dans l’ombre, en dépit de leur art subtil de braver les conventions, de participer à l’essor de nouveaux mouvements picturaux et d’affirmer leur indépendance… Ces « pionnières » méconnues des Années folles sont propulsées en pleine lumière par le Musée du Luxembourg aux côtés de Suzanne Valadon, Marie ­Laurencin ou Tamara de Lempicka. La commissaire ­générale Camille ­Morineau a décidé de faire la part belle à l’abstraction, au cubisme, au constructivisme ou au­ ­surréalisme. Les p ­ remiers chefs-d’œuvre apparaissent vite, comme La Mort et la Femme d’une éminente représentante de l’École de Paris, Marie Vorobieff, qui illustre à merveille la place nouvelle prise par les femmes au lendemain de 14-18. Suit une superbe série de compositions abstraites signées ­Marcelle Cahn, Franciska Clausen ou Anna Béöthy Steiner. Les styles s’enchaînent, les ­créations aussi, comme cette construction en cuivre d’Anna Prinner ou ce bronze d’Irène Codreanu. Voir aussi toutes ces photographies, brochures d’époque… ou vêtements (comme ce maillot de bain griffé Sonia ­Delaunay). On découvre plusieurs univers insoupçonnés. Dont celui, entre cubisme et art naïf, de la Brésilienne Tarsila do Amaral, ou celui de ses consœurs slaves, mises joliment à l’honneur dans ce parcours esthétiquement ­parfait et historiquement convaincant. « Pionnières. Artistes dans le Paris des Années folles », Musée du Luxembourg, Paris 6e, jusqu’au 10 juillet.

U « La Femme en bas blanc », de Suzanne Valadon.

Les femmes de devoir

n vaste « sujet ». L’équipe du Musée de la vie ­romantique en convient aisément. « Si l’héroïne est tragique, ses facettes sont multiples », indique la directrice des lieux, Gaëlle Rio. Les grandes figures de l’Histoire, de la mythologie et de la littérature, honorées par d’illustres artistes du XIXe siècle, se succèdent dans les premières salles. À l’image de Jeanne d’Arc, immortalisée sur son bûcher par F ­ ragonard – une œuvre saisissante. Juste à côté : une eau-forte d’Emmanuel ­Phelippes-Beaulieu, Jeanne d’Arc en prison, suivie d’hommages marquants à Héloïse par Jean-Antoine Laurent ou Sapho par Antoine-Jean Gros. « Aux antipodes des pos­tures de pouvoir, elles sont le plus souvent figées dans des ­poses passives, drapées, allongées, défaillantes ou à l’agonie,

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64/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Culture

« Roméo et Juliette devant le tombeau des Capulets », d’Eugène Delacroix.

Les personnalités fortes, célèbres ou non, sont légion au fil des différents parcours

SDP, CD92-Vincent Lefèbvre, M. Rabeau / RMN-GP, Gérard Blot / RMN-GP

« Atala au tombeau » (détail), d’Anne-Louis Girodet-Trioson.

i­ llustrant la recherche picturale d’un idéal féminin, atemporel et érotisé, paré de vertus sacrificielles et mystiques », note Gaëlle Rio. Autre modèle : Marie Stuart, par Édouard Hamman, jetant depuis les flots un dernier ­regard vers la France. Delacroix s’illustre plus loin avec une Médée pleine de cruauté sans pour autant écorner son « statut » d’héroïne. Place aux victimes shakespeariennes du destin, sous l’impulsion du même Delacroix ­ (Desdémone maudite par son père) ou de Léopold Burthe (Ophelia), mais aussi à leurs interprètes sur scène (comme la cantatrice Maria Malibran, croquée par Henri Decaisne dans un émouvant ­portrait). Un ensemble dense et original, ­enrichi de sculptures et de cos­tumes du meilleur effet. « Héroïnes romantiques », Musée de la vie romantique, Paris 9e, jusqu’au 4 septembre.

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65/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

« La Liseuse », de Charles de Steuben.

Culture

E « Le Bombardement de Phnom-Penh », par Christine Spengler.

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Les femmes de combat

lles sont moins célèbres que leurs clichés. Une ­injustice réparée par le Kunstpalast de Düsseldorf, initiateur de cet hommage à huit femmes photographes de guerre, honorées aujourd’hui par le Musée de la Libération de Paris sous l’autorité de sa ­directrice Sylvie Zaidman. Une exposition passionnante, où l’intensité des témoignages recueillis sur les zones de combat ou à l’arrière égale la force de caractère de leurs auteurs. Certaines de ces reporters ont perdu la vie sur le ­terrain, comme l’Allemande Gerda Taro, décédée à 27 ans durant la guerre civile espagnole. Demeurent ses photographies si évocatrices, révélant les abominations du régime de Franco ou la détresse de ses victimes. Même destin ­tragique pour sa compatriote Anja Niedringhaus, abattue en ­Afghanistan en 2014. Détentrice du prix Pulitzer 2005 pour ses reportages en Irak, elle se distinguait par ses compositions claires et son style direct. Parmi les Françaises ­honorées : Catherine Leroy, médaille d’or Robert-Capa, Christine Spengler, publiée dans les plus grands magazines internationaux, et Françoise Demulder, lauréate du World Press Photo of the Year, qui aimait à dire : « Avec des ­photos, tu peux secouer et réveiller. » Sans faire du sensationnalisme. Le choix des autres journalistes mis à ­l’honneur (Lee Miller, Susan Meiselas, Carolyn Cole) ­séduit de la même façon au fil de ce parcours à la fois ­superbe et bouleversant. Un ­parcours grâce auquel on ­d evine aussi toute l’ingéniosité de ces vaillantes envoyées spéciales pour accéder aux secteurs les plus interdits, auprès des populations les plus prudentes (comme les femmes et ­enfants) ou face à des généraux des plus sanguinaires. Un formidable récit. « Femmes photographes de guerre », Musée de la Libération de Paris, Paris 14e, jusqu’au 31 décembre.

n 2019, à l’occasion du 500e anniversaire de la mort de Catherine de Médicis, le château de Blois dédie un colloque à l’épouse d’Henri II en marge d’une exposition sur les enfants à la Renaissance. Succès total. Naît alors l’idée de consacrer un parcours aux héroïnes liées au pouvoir ou aux arts en les confrontant à la mémoire collective. « L’objectif était de déconstruire le prisme du mythe et réhabiliter le rôle réel de ces femmes », ­explique la présidente de la demeure royale, Élisabeth ­Latrémolière. Le résultat est à la hauteur des ambitions. ­Catherine de Médicis, Diane de Poitiers et Marguerite de Valois – dont les destins sont liés à l’histoire du lieu – apparaissent sous un autre jour. Il est rappelé à quel point la ­première, traitée à l’envi de manipulatrice ou d’empoisonneuse, a été la cible de bien des attaques de la part des ­artistes… jusqu’au milieu du XIXe siècle ! La couleur noire domine, à l’image des imposantes robes issues des films La Reine Margot ou La Princesse de Clèves. Ce qui frappe, d’emblée, c’est la diversité des œuvres réunies : près de 100 pièces (peintures, dessins, livres, mobilier, bijoux, ­coffrets…), issues des collections du château et des institutions comme Versailles ou Fontainebleau. Difficile de ne pas admirer de longues minutes la représentation de Marguerite de Valois par François Clouet… L’évocation d’une trentaine d’autres personnalités (dames de cour, écrivains), oubliées par l’Histoire, apporte un atout supplémentaire à l’ensemble. Et témoigne de toute leur modernité. « Beaucoup de ces femmes pourraient être exem­plaires aux yeux de la génération actuelle, confie Élisabeth Latrémolière, car elles ont lutté face aux obstacles posés sur leur chemin et ont d­ énoncé publiquement les inégalités. » « Renaissance des femmes », château de Blois, jusqu’au 10 juillet.

Portrait de Diane de Poitiers.

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66/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Françoise Demulder, Christine Spengler, Domaine régional de Chaumont-sur-Loire

« Guerre du Liban », par Françoise Demulder.

Les femmes de pouvoir

LE 8 JUIN, MELODYRAI FÊTE SES 20 ANS À L’OLYMPIA Photos : Marlyse Press Photo 2022 - Melody - Création : Simon Guaquière / Melody

AVEC ALAIN CHAMFORT SHEILA DIDIER BARBELIVIEN CHIMÈNE BADI DAVE MARIE-PAULE BELLE MICHEL DRUCKER ...

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Mais aussi sur tous vos appareils :

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Serge Picard pour le Figaro Magazine

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68/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

En vue

robert littell

“Poutine a déjà perdu !” Plus inspiré que jamais, l’écrivain américain fouille les entrailles des mafias post-soviétiques à l’époque de Boris Eltsine. En prétendant sauver son pays, le président russe des années 1990 n’avait fait que précipiter son effondrement. Un roman glaçant d’actualité…

A

toute histoire d’amour, il y a un début. Celle de Robert Littell avec la Russie commence en 1964 à la frontière finlandaise : « Je venais de quitter mon job à Newsweek, ma femme et moi étions partis de Paris en voiture. Derrière la barrière, un jeune homme tenait sa guérite ; quatre types ont contrôlé nos visas, dès qu’ils sont partis, le jeune homme s’est penché pour cueillir une fleur et la tendre à ma femme : “Votre première fleur russe.” J’ai tout de suite compris que j’entrais dans un pays vraiment à part, et que je n’allais pas le quitter de sitôt ; après tout, la Russie, c’est un peu mon ADN. » De ses ancêtres juifs, émigrés de Lituanie au XIXe, le « John le Carré américain » tient-il son naturel, sa malice, sa modestie ? Une fraîcheur désarmante à l’aune d’une œuvre partout reconnue. Ce jeune homme de 87 ans, en tee-shirt blanc et pantalon sport, est l’auteur de 23 romans, largement traduits, 23 pages-turners sur fond de guerre froide, presque autant de nuances de rouge, ce rouge aveuglant qui fut, pendant soixante-dix ans, la conscience et la prison d’un peuple. Du communisme, de ses prophètes, de ses mauvais génies, Littell sait tout. Après avoir écrit sur son règne, son agonie et sa chute, il nous entraîne dans la guerre des gangs née des cendres de la dissolution de l’Union soviétique, le 25 décembre 1991. « Soudain, tout s’est effondré, à commencer par les institutions. L’incapacité du gouvernement Eltsine à gérer le pays a fait le lit des Vory v zakone, beaucoup d’anciens zeks du Goulag liés entre eux par le code du crime auquel ils devaient leur survie. Leur force ? Être organisés dans un pays qui ne l’était plus, capables de

f­ ournir la protection que le Parti communiste ne pouvait plus assurer. La fameuse krysha. Cela veut dire « toit » en russe. Ils ont offert leurs services aux nouveaux capitalistes qui prospéraient de façon vertigineuse à Moscou, puis ils se sont partagé le gâteau entre Ossètes, ­Tchétchènes, Azerbaïdjanais, Arméniens et Juifs. » La Peste sur vos deux familles s’ouvre et ne se lâche plus. Gros bras farcesques, amants transgressifs et règlements de comptes spectaculaires entre Vory ossètes et juifs, comme à Vérone au temps des Capulets et des Montaigus. Un Littell premier cru, shakespearien et inspiré. Il y a deux mois, on se serait contenté de sa dégustation. Seulement voilà : depuis le 24 février, tout a changé, à commencer par notre regard sur la Russie et son fossoyeur. Sur l’obscur kagébiste devenu en trois décennies l’intraitable parrain d’un État mafieux doté du deuxième ­potentiel nucléaire au monde, l’auteur du Requiem pour une révolution abat son couperet : « Poutine n’est pas le super-héros de ses fantasmes ni un grand stratège, c’est un fouteur de merde aux vues courtes. Qu’a-t-il prouvé en deux mois de guerre sinon sa bêtise ? Il n’a réussi qu’à ­redonner sa puissance à l’Otan, à transformer un ancien frère en un ennemi mortel. Les Ukrainiens vont le haïr pendant des générations, tout le monde le sait, à commencer par ses propres généraux, humiliés comme ils ne l’ont jamais été. Pour moi, Poutine a déjà perdu. L’attitude ­m agnifique de l’Europe l’a déstabilisé, le courage du ­président ukrainien encore plus. Volodymyr Zelensky me fait penser au merveilleux film de Roberto Rossellini, Le Général Della Rovere, un banal escroc au service des Allemands que les circonstances vont peu à peu transformer en véritable héros. » Robert Littell est-il d’un extravagant optimisme ? Son diagnostic tiendra-t-il la route ? Seul l’avenir le dira. En Élisabeth Barillé attendant, lisons-le !

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69/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

La Peste sur vos deux familles, Flammarion, 304 p., 21 €. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre Ménard.

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Culturellement vôtre Par Jean-Christophe Buisson

cette année-là La 75e édition du Festival de Cannes s’achève demain. Elle aura été hantée par le fantôme de l’année 1986.

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« Les Amandiers »

« Nos frangins »

Expo

La photo en majesté La ville royale de Vincennes célèbre les grands noms actuels du photojournalisme.

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ous les deux ans, les jardins du cours Marigny et le cœur de la ville de Vincennes accueillent plus d’une trentaine d’expositions dans le cadre du Vincennes Images Festival (VIF). Cette année où sont célébrés les grands noms du photojournalisme s’y retrouvent de grandes signatures du Figaro ­Magazine. L’occasion de découvrir les clichés poétiques d’Ewan Lebourdais, peintre officiel de la Marine, mais aussi une magistrale rétrospective du travail de Pascal ­Maitre, dont l’œil engagé et discret a saisi les soubresauts des pays du Sahel, la fierté des Pachtounes d’Afghanistan ou la créativité débridée des artistes de Kinshasa. Dans un autre registre, Olivier Grunewald est devenu le photo­graphe des Origines, parcourant le monde pour capturer les aurores boréales, les forêts primaires ou les volcans en ­activité : chacune de ses images – où l’homme est absent comme à l’aube de l’humanité – est une œuvre d’art. Cap aussi sur ce Kiev de l’innocence, réalisé avec subtilité par Stephan Gladieu (photo). C’était avant le 24 février, avant que Vladimir Poutine ne transforme une partie du pays en un champ de ruines. C’était il y a un an, en 2021, mais ces photos exposées semblent déjà d’une autre ­époque. Tournant le dos à la Russie, la jeune nation ­ukrainienne regardait vers l’Europe avec envie. Stephan Gladieu s’y était rendu et avait immortalisé une ­métropole bouillonnante qui ne voyait pas se profiler le spectre de l’horreur. À l’abri des murs de l’antique demeure des rois, Vincennes ouvre les yeux sur la folle aventure de notre monde Cyril Drouhet ­moderne, et ça vaut le détour. Vincennes Images Festival, 30 expositions en plein air. Gratuit. Jusqu’au 13 juin.

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70/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Ad Vitam, STEPHAN GLADIEU, SDP

t la palme d’or du 75e Festival de Cannes est attribuée à… 1986. Qui n’est pas le titre d’un film adapté du roman d’un épigone de George Orwell, mais un fantôme qui aura flotté avec insistance durant dix jours sur la Croisette. La présentation hors compétition de Top Gun : Maverick ? Pas un article ni un commentaire sans rappeler qu’il fait suite à un film sorti en 1986. La comédie de Valeria Bruni-Tedeschi, Les Amandiers, qui ressuscite une classe de la célèbre école de théâtre de Nanterre où officiait Pierre Romans, en lien étroit avec le dieu vivant des jeunes gens planchant sur les planches de cette époque, Patrice Chéreau ? Pas une image, une expression, un vêtement, une chanson ni un sujet de conversation (le sida, Tchernobyl, Mitterrand…) sans souligner que nous sommes en 1986. Le film Nos frangins de Rachid Bouchareb, lui, évoque un des moments les plus emblématiques de cette même année 1986 : la mort de Malik Oussekine, racontée en parallèle avec celle, étouffée, d’un autre jeune Arabe, tué par un policier hors service le même soir du 5 décembre. Mais cela va plus loin. De quoi parlait-on dans les queues des projections cannoises ? De l’élection présidentielle aux Philippines qui a vu la victoire d’un certain Ferdinand Marcos Junior, dont le dictateur de père avait été chassé du pouvoir en 1986 ; de la guerre civile au Yémen qui dure et qui succède à celle de 1986 ; d’une possible cohabitation (dont rêvent les mélenchonistes, qui sont nombreux dans les rangs des cinéphages, allez comprendre pourquoi !) après les législatives de juin – comme en 1986 ; de Coluche, qui manque à tout le monde depuis son accident de moto en 1986 ; de Roland-Garros, donc de Rafael Nadal, né en 1986 ; du pape François, malade mais aussi déterminé que ses prédécesseurs jésuites évangélisant le Paraguay, comme le montrait Mission, de Roland Joffé. Palme d’or à Cannes… en 1986. On n’en sort pas.

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a mer est un mystère insondable. Ceux qui la découvrent s’interrogent sur l’absence de grandes marées en Méditerranée, le processus de création d’une vague et l’origine du sable des plages. Les apprentis naturalistes se demandent où vivent ophiures et pycnogonides et à quoi ressemble un piézophile. Et tout le monde brûle de savoir combien il reste de phares en France, où se trouve la plus haute vague naturelle du monde et à qui appartiennent les trésors coulés au fond des océans. Qui dit flots, dit bateau, et là aussi les questions pleuvent : quelle est la différence entre un capitaine et un commandant ? Pourquoi les marins portent-ils des pulls à rayures et des bâchis à pompon rouge ? Le Hollandais Volant a-t-il vraiment existé ? Pourquoi détermine-t-on la jauge d’un navire en tonneaux ? Grand spécialiste des questions maritimes au Figaro Magazine, Cyril Hofstein répond à ces légitimes interrogations et à des dizaines d’autres de tout ordre dans un précieux et ­ludique Cahier de vacances de la mer * (illustré par Gab). Qui possède deux atouts : il est desJ.-Ch. B. tiné à toute la famille et permet de ne pas bronzer idiot. Ce qui devient rare.

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à la mer comme à la mer

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* Arthaud, 96 p., 9,90 €. Guide

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c’est arrivé près de chez vous

magie lyonnaise

out d’abord, c’est un bel objet : couverture cartonnée, joli papier, belle typo. Cette espèce de Guide Michelin des célébrités en France est le rêve des snobs comme des pauvres. Souvent, à côté de chez eux, des gens célèbres – parfois sans intérêt, parfois géniaux – ont résidé. Le Guide mondain des villages de France * (« 500 villages, 500 célébrités », si ce n’est pas du bon marketing…) recense tout ce beau monde et sa géographie sur près de 700 pages. Albert Uderzo, l’un des pères d’Astérix, a passé, enfant, ses vacances à Erquy, dans les Côtesd’Armor. La sublime et regrettée Pauline Lafont a disparu à SaintAndré-de-Valborgne. Mick Jagger est le propriétaire à Pocé-surCisse du c­ hâteau de Fourchette. Dans le village à proximité, il achète La Nouvelle République et joue au baby-foot. Des dizaines d’autres ­suivent, géolocalisés dans tout l’Hexagone, de l’abbé Pierre à Émile Zola en passant par David Hockney, Ingrid Bergman, Léon Bloy, Paul Morand, Mata Hari ou Django Reinhardt. Voici enfin le vrai guide du tourisme culturel dans « ce cher vieux pays ».

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Nicolas Ungemuth

* De Matthias Debureaux, Allary Éditions, 687 p., 20 €.

riviera sans retour

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Cannes, la plupart des films durent deux heures et demie. Les réalisateurs n’ont pas eu le temps de faire court. Quand on y pense, le cinéma est un art bien ingrat. Un festival lui rend hommage et les longs-métrages tournés sur la Croisette se comptent sur les doigts d’une main. Bien sûr, dans La Bonne Année, Ventura dévalisait une bijouterie locale. Dans Mélodie en sous-sol, les billets du hold-up finissaient dans la piscine du Palm Beach. Les amateurs de La Cité de la peur danseront la Carioca sur la scène du Palais. Certes, le Carlton abritait les exploits du Cary Grant de La Main au collet, mais à moins de filer sur Wikipédia, on se creuse la tête pour trouver d’autres titres. Est-ce à cause des studios de la Victorine ? Sur ce plan, Nice nargue sa voisine. Dans son tee-

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oujours aussi inventif, le Musée des Confluences * s’attache à raconter le lien étrange et merveilleux entre l’homme et la magie, de l’Antiquité jusqu’à Harry Potter. Avec un décryptage des gestes et des intentions de ses promoteurs, mais aussi son inscription dans les religions et les médecines. C’est passionnant et… bluffant. * Lyon 2e. « Magique », jusqu’au 5 mars 2023.

les passe-temps d’éric neuhoff

shirt jaune, Brice de Nice attend toujours la vague miraculeuse sur la plage de la Réserve. Grâce à René Clément, la Rolls des Félins roule éternellement sur la promenade des Anglais pendant que Jeanne Moreau peroxydée à mort dans La Baie des Anges, se ruine au casino. Lautner installait Mireille Darc dans la vieille ville pour Il était une fois un flic. Le même planta à nouveau sa caméra dans les parages pour Joyeuses Pâques. La palme revient cependant à Philippe Labro qui par deux fois y situa ses intrigues. Le Montand du Hasard et la Violence y cassait des crayons dans sa chambre du Negresco et dans Sans mobile apparent, Trintignant courait sur le port comme un dératé. C’était sa période sprinteur. L’Azur a la cote.

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★ C’est magnifique !, de et avec Clovis Cornillac, Alice Pol, Manon Lemoine (en salles le 1er juin).

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une star à sa façon ★ ★ Elizabeth. Regard(s) singulier(s), de Roger Michell (en salles le 2 juin uniquement).

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e jubilé de platine de la reine d’Angleterre se fête aussi au cinéma grâce à Roger Michell qui, après The Duke, s’était intéressé à « The Queen » en orchestrant un montage rock and roll de nombreuses images ­d’archives. De l’insouciance à la sagesse, du sacre au jubilé, des sorties officielles aux moments intimes et des heures de gloire aux périodes tourmentées, il brosse d’Elizabeth II un portrait entre tons doux et teintes vives. Didactique, le ­d ocumentaire revient sur les grands événements de ­l’Histoire et l’organisation du protocole en coulisses. Éclectique, il alterne images officielles, vidéos privées et extraits de t­ outes les fictions dont la reine fut l’héroïne. Ironique, il use du caractère affirmé de cette femme British et des commentaires de ceux qui l’ont rencontrée pour faire rire. Mais l’émotion jaillit de tout, à commencer par le souvenir de ses années passées avec son père adoré, le roi George VI. ­­Cer­taines images se passent de grands discours... Clara Géliot la vision télé de stéphane hoffmann

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lovis Cornillac est un homme à part. Dans le milieu du cinéma, où sa gentillesse et sa simplicité détonnent, mais aussi dans les films où, en tant qu’acteur-réalisateur, il est capable de créer et d’incarner de vrais héros populaires. Machin, le personnage d’Un peu, beaucoup, aveuglément, son premier long-métrage, était de ceux-là et Pierre, qu’il campe ici, aussi. Cet homme naïf, bon et sincère est brutalement propulsé dans la vraie vie lorsque ses parents succombent à un a­ ccident. Parce qu’il est aussi doux qu’inadapté, ses ­h eures ­semblent comptées dans la société. Mais la rencontre avec quelques êtres bienveillants l’épargnera du pire et lui permettra même de retrouver des couleurs. Malgré un scénario et un casting un peu inégaux, ­Cornillac signe une comédie ambitieuse où les références au cinéma de Jean-Pierre Jeunet sont nombreuses, où la poésie est reine et où ce comédien talentueux forme avec son alter ego, Alice Pol, un couple attachant. C. G.

★★★★ Excellent ★★★ Très bien ★★ Bien ★ Moyen ✖ À éviter

LE TALK-SHOW DE MAZARIN

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a télévision d’aujourd’hui est comme la cour des rois de France : sortez du convenu, vous êtes disqualifié. Au mieux on vous exile, au pire on vous embastille. Dans les deux cas, vous êtes mort, au moins aux yeux des courtisans, de ceux qui ont la carte, des « bons clients », de la troupe qu’on voit, toujours la même, glisser de plateau télé en plateau télé. En 1684 paraît, en latin, à Cologne, un Bréviaire des politiciens attribué à Mazarin, et qui donne des conseils pour vivre

et prospérer chez le roi. Dans ce libelle, cinq recommandations de base : simule, dissimule, ne te fie à personne, dis du bien de tout le monde, prévois avant d’agir. Ces avertissem*nts me sont revenus en tête en écoutant l’autre jour Mmes Béart et Gainsbourg mettre en garde contre Mme Le Pen. Ceci se passait chez Mme Lemoine, dont le rendez-vous est l’équivalent, la finesse en moins, des grands salons français, de celui de Mme de Rambouillet (XVIIe) à celui de Mme de Noailles (XXe).

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72/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Mmes Béart et Gainsbourg serinaient l’antique rengaine sur les heures les plus sombres de notre histoire et patati ! et patata ! Rien de nouveau ni d’intéressant, ni de vif. Mais on les écoutait, dans le studio, avec des airs extasiés. Pour un peu, MM. Cohen et Lescure auraient pris des notes. C’est que ces dames disaient ce qu’on attendait d’elles. Et ce au détriment de l’esprit français, qui ne brille guère en ce moment, et jamais à la télévision, sauf parfois lorsque Laurent Baffie s’y produit, ce qui est rare.

CLAIRE NICOL, presse

Les conseils du cardinal pour passer à la télé.

Le Fonds de dotation du Louvre est la structure privilégiée du musée du Louvre pour recevoir legs et donations. En léguant au Fonds de dotation du Louvre, votre legs sera entièrement consacré aux actions d’intérêt général du musée qui vous tiennent à cœur.

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S p e c t a c l e s

les variations de françois delétraz le théâtre de philippe tesson

Cendrillon, merveilleux conte pour adulte. Une reprise du spectacle culte de Joël Pommerat, tragédie désenchantée du rêve enfantin.

Cendrillon, de Joël Pommerat. Mise en scène d’Éric Soyer, avec Alfredo Cañavate, Déborah Rouach, … Théâtre de la Porte Saint-Martin, Paris 10e.

François Morel sur une vague

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vec François Morel, il ne fallait évidemment pas s’attendre à ce que son spectacle Tous les marins sont des chanteurs soit une simple litanie de chansons bretonnes enquillées les unes derrière les autres. C’est que le comédien et chroniqueur entend redonner ici vie à YvesMarie Le Guilvinec, chansonnier méconnu dont il a découvert par hasard les œuvres dans un vide-grenier. La brochure de 1894 intitulée La Cancalaise, riche de 12 chansons, a immédiatement attiré son œil. Il en a fait ce spectacle décliné sur le mode d’une conférence et qui parodie tous les poncifs habituels des politiciens. Mais très vite, il y a comme une rayure sur le disque ; un trouble s’installe. Le bateleur et son acolyte Romain Lemire dans le rôle du conférencier s’amusent à mélanger les références, qu’elles soient musicales

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Théâtre du Rond-Point, jusqu’au 3 juillet (01.44.95.98.21).

Et aussi Les Nuits de Fourvière, Lyon, du 2 juin au 30 juillet. Parmi les spectacles notables des premiers jours du célèbre festival pluridisciplinaire : Le Tartuffe de la ComédieFrançaise, la création du Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine L’Île d’or, et les concerts de Nick Cave & The Bad Seeds, de Phoenix et des Deftones.

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ou historiques. Est-on au XIXe, au XXe siècle ? Où est la vérité dans cette histoire ? Cette distorsion permanente s’avère aussi drôle qu’intrigante. Entre le pastiche d’un air de Léo Ferré, façon bretonne, et les vrais textes de Le Guilvinec, le public se délecte. Avec Gérard Mordillat et Antoine Sahler, respectivement romancier et musicien, Morel revisite cette œuvre poétique et réarrange toutes les musiques pour instruments acoustiques. Le résultat est formidable. Outre la poésie des mots, parfois crus, il y a la qualité musicale de ce florilège d’airs entraînants et vivifiants. Ajoutez à cela que Le Guilvinec, mort en mer à 30 ans, était un visionnaire. Ne chantait-il pas « Un jour, il n’y aura plus de poissons dans la mer/Un jour, il n’y aura plus d’oiseaux dans les airs/Un jour, il n’y aura plus un homme sur terre » ? Manuelle Toussaint ; Maria Jose Govea

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vant d’écrire cet article, nous avons relu ceux que nous avions écrits à propos de ce même spectacle, le premier en 2011, le second en 2017 : le Cendrillon de Joël Pommerat. Non par narcissisme, mais pour juger par nousmême, avec le recul, de l’âge qu’a pris cette œuvre devenue culte. L’une de nos conclusions est radicale, elle était prévisible : le mythe de Cendrillon est mort. Le succès de la pièce depuis ses débuts se confirme aujourd’hui. Il est vrai que le théâtre n’attendait pas Pommerat pour prendre ses distances avec le rêve, la féerie, la poésie. Le réalisme est devenu au théâtre curieusem*nt familier de l’imaginaire. De plus en plus l’imaginaire et le réel se confondent, plus exactement se mêlent, s’associent. Nous parlions lors de la création de Cendrillon en 2011, de l’apparition d’un « réalisme imaginaire », d’un monde étrange où se confondraient réalité et fiction. Pommerat donnait en effet au rêve une dimension humaine, il démystifiait l’illusion. Envolée, morte, l’image traditionnelle de Cendrillon, sa tendresse et sa grâce, mais au profit d’une vérité, une vérité sombre et même agressive. Fini, le conte de jadis et sa douceur. Et d’ailleurs, Pommerat ne cesse aujourd’hui de dire que « les contes ne sont pas destinés à l’origine aux enfants » et que « les histoires qu’ils racontent ne sont pas enfantines si on ne les traite pas de façon édulcorée », et qu’il y a dans le ­Cendrillon de Grimm une violence, une méchanceté, une noirceur, une vérité, une douleur, une émotion, et cela est vrai, et il est également vrai que la famille est un théâtre exemplaire de cette réalité, et il est vrai enfin qu’à ce propos le Cendrillon de Pommerat ajoute au mythe une valeur h ­ umaine d’une qualité tragique exceptionnelle, au même titre que la présence de la mort comme élément majeur, fondateur même de la tragédie de ce conte. Évoquant Cendrillon, l’enfance et la mort, Pommerat n’ira-t-il pas jusqu’à écrire « la souffrance dans le conte est indissociable du désir de vivre ». Cendrillon confirme donc le très grand intérêt de cette œuvre, même si la mise en scène, la scénographie d’Éric Soyer et l’ensemble de l’interprétation ne nous ont pas toujours paru de la même qualité parfaite que dans les représentations antérieures. Le palimpseste de Pommerat n’insulte pas Grimm, il en approfondit intelligemment le sens. À le revoir, il confirme qu’un conte peut fortement séduire un public adulte.

LE GRAND REPORTER FÊTE SON ANNIVERSAIRE ! rock

arcade fire : la mue continue

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e sixième album du collectif canadien apparu il y a près de vingt ans explore une nouvelle voie tout en ­renouant avec les ingrédients qui ont fait son succès. C’était en 2004. Un groupe venu de Montréal sortait un premier album extraordinaire. Funeral ne ressemblait à rien de connu. Lyrique, fiévreux, ses chansons ­contenaient souvent plusieurs chansons : des hymnes à ­répétition. En concert, c’était encore plus impressionnant. La clique – ils étaient nombreux – arrivait en ­fendant la foule, montait sur scène, puis déclenchait une explosion durant près de deux heures, les musiciens échangeant ­fréquemment leurs instruments. Arcade Fire commençait fort – Bowie les adorait et les a souvent rejoints en live. Il enchaîna avec un deuxième album tout aussi bon, Neon Bible (les amateurs de John Kennedy Toole ont ­a pprécié). Un troisième, plus conventionnel, The Suburbs, a suivi, toujours réussi, après quoi le groupe a changé pour en ­devenir un autre, toujours porté par Win Butler et sa compagne Régine Chassagne. Vouloir ­évoluer, c’est bien, mais il faut faire attention : deux ­disques horribles s’enchaînèrent. Aujourd’hui, les voici de retour pour un album conçu durant le confinement, WE *. La première moitié est mélancolique et dévastée, Butler rumine la triste évolution d’un monde qui ne part pas dans la bonne direction. Ballades (un peu trop) mélodramatiques avec piano, cordes et synthés, effets électroniques appuyés avec l’aide de Nigel Godrich, producteur historique de ­Radiohead. La seconde porte l’espoir : tout cela peut s’arranger. Sur The Lightning II, on retrouve l’intensité des débuts, mais pour dire vrai, il s’agit d’un nouvel ­Arcade Fire, plus taillé pour les stades et les radios, qui n’a plus rien à voir avec le groupe indépendant et ­artisanal, mélodiquement inventif, découvert il y a près de vingt ans. C’est courageux, mais parfois perturbant.

UNE NOUVELLE ENQUÊTE D’APRÈS UN SYNOPSIS ORIGINAL DE JACQUES MARTIN !

Nicolas Ungemuth

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JACQUES MARTIN © CASTERMAN, 2022.

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Tocqueville ou l’homme paradoxal

Le penseur libéral fut aussi un homme d’action dans une époque de transition entre l’ancien et le nouveau monde.

ocqueville est souvent cité, mais sans doute peu lu, et son histoire personnelle est méconnue. « La vie des grands penseurs ne vaut pas nécessairement la peine d’être racontée », observe Olivier Zunz. Disciple de François Furet, cet universitaire américain, a contrario, raconte la vie de Tocqueville parce qu’elle constitue une vivante introduction à ses idées. Né en 1805 dans une famille normande de vieille noblesse, Alexis de Tocqueville tient par ses origines et son milieu à l’Ancien Régime. Pourtant, cet esprit supérieur se confrontera à la réalité issue de la Révolution. En 1831, juge au tribunal de Versailles, il est chargé par le gouvernement, à 25 ans, d’étudier l’organisation pénitentiaire des États-Unis. Là-bas, il en profite pour analyser le système politique américain, et approfondit sa réflexion, après son retour en France, dans son ouvrage fondamental, De la Démocratie en Amérique, paru en deux parties en 1835 et en 1840. À travers l’exemple américain et en raisonnant sur les modèles français et britannique (il a également séjourné en Angleterre), Tocqueville parvient à la conclusion que la démocratie moderne est inéluctable, mais s’interroge pour savoir

pourquoi les États-Unis concilient l’égalité et la liberté, tandis que la Grande-Bretagne cultive la liberté mais dans l’inégalité, alors que l’idéal qu’il poursuit en vain en France est de marier la liberté et l’égalité. Plus tard, dans son livre inachevé, L’Ancien Régime et la Révolution, publié trois ans avant sa mort en 1859, il se demandera pourquoi la Révolution de 1789, entreprise au nom de la liberté, avait débouché sur le despotisme de 1793. Tocqueville, cependant, n’était nullement un théoricien en chambre. Cette excellente biographie décrit ses engagements ­(député de la Manche de 1839 à 1851, ministre des Affaires étrangères de la II e République en 1849, opposant au coup d’État de 1851, ce qui provoque son retrait de la politique), ses prises de position (pour la liberté de l’enseignement, pour l’abolition de l’esclavage, pour la colonisation de l’Algérie), sa carrière académique, sa vie familiale (il fit un mariage d’amour). Aristocrate et républicain, catholique et libéral, cet amoureux de la liberté revit ici avec ses convictions, et ses contradictions si humaines.

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L’art romain de la guerre

femmes de pouvoir, pouvoir des femmes

★ ★ ★ Les Grands Généraux de Rome… et les autres, de Yann Le Bohec, Tallandier, 347 p., 21,90 €.

★ ★ ★ Le Grand Siècle au féminin, de Marie-Joëlle Guillaume, Perrin, 382 p., 24 €.

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n ne peut pas comprendre l’histoire de Rome sans passer par celle de son armée. Ni comprendre l’armée romaine sans connaître ses généraux, en particulier ses grands généraux. Mais qu’est-ce qu’un grand général ? C’est tout l’objet du livre du grand spécialiste de la Rome militaire Yann Le Bohec, qui s’attache, avec sa verve habituelle, à en décrire les principales caractéristiques. Coriolan, Cincinnatus, Scipion, Pompée, César et d’autres ont d’abord remporté des victoires éclatantes. Issus de familles patriciennes, ils se distinguent ensuite par leur virtus, mélange de courage, de virilité, d’intelligence tactique, d’attachement au service de l’État, et par leur fides, autrement dit un sens de l’honneur, de la dignité, qui se traduit par un comportement conforme à la morale et au droit. Tous ont une culture classique, forgée à la lecture des auteurs grecs et latins. Qui fut le plus grand des généraux ? Auguste, répond l’auteur : « Il a agrandi l’empire d’un quart de sa superficie, ce que personne d’autre n’a fait. » Charles-Henri d’Andigné

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Tocqueville, l’homme qui comprit la démocratie, d’Olivier Zunz, Fayard, 478 p., 25 €.

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eut-on parler d’un grand siècle au féminin ? Marie-Joëlle Guillaume l’a pensé et en offre une démonstration éclatante à travers les 11 portraits dressés comme autant de reflets d’un temps particulièrement riche en personnalités. À vrai dire, ces mini-biographies vont plus loin qu’une simple addition d’existences. Elles révèlent l’empreinte féminine sur la société du XVIIe siècle qui s’incarne notamment par la « sociabilité à la française », la place donnée à l’âme et à l’amour, dans une époque habitée de toutes les passions possibles, aussi bien mystiques, littéraires, amoureuses que politiques. Voici donc des saintes aventurières comme Marie de l’Incarnation, évangélisatrice du Canada, ou Louise de Marillac, modèle de charité active ; des femmes de lettres comme Madeleine de Scudéry ou Madame de La Fayette ; sans oublier celles qui jouxtent le pouvoir comme Anne d’Autriche ou Madame de Maintenon. Sans jamais singer les hommes qu’elles côtoient, ces femmes ont su façonner leur siècle en profondeur. Philippe Maxence

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roman historique

des rats à la barre ★ ★ ★ Le Procès des rats, de Charles Daubas, Gallimard, 157 p., 16 €.

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roman

venise touchée, coulée ★★★ Le Naufrage de Venise, d’Isabelle Autissier, Stock, 266 p., 20,50 €.

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ix milliards d’euros. C’est le prix dépensé par la municipalité de Venise pour construire le barrage qui doit empêcher l’auguste cité d’être submergée un jour par une vague. Pour Guido, fils de paysans ayant fait un beau sinon riche mariage – avec la descendante désargentée d’une grande famille patricienne locale –, cet investissem*nt public est indispensable pour assurer son commerce privé. Ce promoteur arriviste et sans scrupules qui rachète les vieilles maisons de la lagune pour les revendre ou les louer à de fortunés étrangers en goguette a besoin de toujours plus de touristes, toujours plus de bateaux monstrueux qui accostent, toujours plus de flux de biens et de personnes. C’est bien ce que lui reproche sa fille qui, à 17 ans, a des envies de sauvegarde écologico-historique de l’antique cité défigurée. Qui se muent bientôt en envies de révolution. À moins que la Nature ne règle elle-même ce différend familial en se vengeant de la plus spectaculaire des manières. Quand elle fendait les flots sur les océans les plus redoutables, Isabelle Autisiser avait la réputation de ne pas craindre de prendre des risques. Devenue romancière, elle ne se renie pas. Le Naufrage de Venise commence par… le naufrage de Venise. Il est décrit avec une puissance évocatrice extraordinaire ; c’est La Tempête de Sebastian Junger, mais sur terre. Pourquoi aller plus loin ? Là s’opère le miracle : après cette ouverture en forme de finale, on accepte de se plonger dans le récit des heures, des jours et des semaines ayant précédé la catastrophe. Avec des personnages aux allures de héros de pièce shakespearienne. À commencer par Guido, Jean-Christophe Buisson ce « marchand de Venise » contemporain.

oici une histoire qui commence mal et finit mieux. Le lecteur l’achève en effet avec la certitude que notre siècle, désespérant à bien des égards, a gagné en conscience et en humanité sur le front de la cause animale. Il fut un temps en effet où il n’était pas rare de voir toutes sortes de bêtes appelées devant les juges pour répondre des crimes dont les accusaient les humains, comme à Autun, en 1510. Cette année-là, toujours marquée par la grande peste, l’évêché de la ville, pressé par une population qui a connu la désolation et la famine, intente un procès aux rats accusés de piller les champs. Mais comment tenir un procès face à des accusés sans langage, incapables de répondre de leurs crimes ? Comment les rats pourront-ils se présenter sans prendre connaissance de la tenue de leur procès ? Tel sera l’axe auquel l’habile avocat des rongeurs accrochera une plaidoirie qui changera à jamais la jurisprudence. Charles Daubas a l’art des sujets brûlants. Après les coulisses radioactives de la rade de Cherbourg, il explore les entrailles infernales de la France des excommunications et des bûchers. Précise, incarnée et nerveuse, sa plume arrache les barbelés du temps. Un roman historique à mille pulsations par minute.

Élisabeth Barillé

suicide assisté

polar

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oxane a eu une enfance perturbée au sein d’un couple de parents bohèmes. Martin, lui, est le rejeton discret, pour ne pas dire atone, d’une riche industrielle, promis à prendre les rênes de l’entreprise familiale. Malgré toutes leurs différences, les deux jeunes gens vivent depuis plusieurs mois une relation fusionnelle. Jusqu’au matin où Garance, la sœur de Roxane, les retrouve

étendus dans leur lit, suicidés. On ne peut plus rien pour Martin, passé de vie à trépas. Par contre Roxane, rapidement secourue et hospitalisée, revient miraculeusem*nt à la vie, pour être vite suspectée d’avoir travesti ce double suicide à moitié raté en crime parfait. Son passé tumultueux ne plaide guère en sa faveur. Et les révélations qui peu à peu se font jour n’arrangent rien à son cas.

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78/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Bien au contraire… Avec ces Fêlures ironiquement dédicacées « aux amoureux qui voient la vie en rose », la romancière belge Barbara Abel se livre avec bonheur à son exercice favori : fouiller impitoyablement dans les blessures et les replis des histoires conjugales ou familiales les plus douloureuses afin d’y nicher l’intrigue d’un thriller psychologique aussi cruel que sophistiqué. Philippe Blanchet

Ph. MATSAS / Editions STOCK, SDP

★ ★ ★ Les Fêlures, de Barbara Abel, Plon, 432 p., 20 €.

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POUTINE VU PAR UN DES SIENS

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le livre de frédéric beigbeder

« Le Mage du Kremlin » est un premier roman époustouflant, écrit en français par un Italo-Suisse, sur la cour du tsar Poutine.

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l y a très longtemps que je n’ai pas dévoré un roman avec une telle avidité. C’est ce que les AngloSaxons appellent un « page turner », un livre dont on ne peut se retenir de tourner les pages, superefficace et documenté, qui décrit les coulisses du pouvoir russe depuis vingt ans avec une écriture simple, séduisante, un réalisme inouï. Je n’ai pas lu de meilleur roman sur la Russie contemporaine depuis… le mien ! C’est LE livre à lire pour comprendre la guerre en Ukraine. Giuliano Da Empoli s’appuie sur une enquête précise. Il imagine (ou retranscrit, sait-on jamais) la confession du plus proche conseiller de Poutine : Vadim Baranov, inspiré d’un personnage réel nommé Vladislav Sourkov. Cet homme est aujour­d’hui assigné à résidence près de Moscou. Je connais bien son histoire. Il a publié deux ­romans de science-fiction sous le pseudonyme d e N at a n D u b ov i t s ky : A l m o s t ze ro e t Mashinka i velik (la machine et le vélo, aucun n’a été traduit en France). Le monologue imaginaire de Baranov ressemble à s’y méprendre au cynisme de Dubovitsky qui entraîne aujourd’hui le monde au bord de sa fin. Le point le plus important, c’est que Vladimir Poutine a toujours appuyé sa popularité sur la guerre. C’est son autorité de chef de guerre en Tchétchénie qui a installé son pouvoir – peut-être en organisant quelques attentats le marque-page de nicolas ungemuth

islamistes, en tout cas en les exploitant médiatiquement. Il continue à se servir de la guerre pour conforter son pouvoir dans une économie pourrie et corrompue. Le Mage du Kremlin montre comment il a suffi de vingt ans pour qu’un lieutenant-colonel du FSB grisâtre et taciturne devienne l’homme le plus puissant et riche du monde. Comment les États-Unis et l’Europe ont commis l’erreur de ne pas traiter la Fédération de Russie en égale, voire en l’accueillant dans les institutions européennes. Comment l’arrestation de Khodorkovski a servi de symbole, tout comme le départ de Berezovski à Londres. Mais ce roman bascule aussi dans le délire en expliquant que le vrai patron du Kremlin est le labrador de Poutine, Koni ! La thèse défendue par ce roman est tellement dingue que je n’y avais pas pensé. La guerre en Ukraine n’a pas d’autre but qu’elle-même. La guerre pour la guerre, c’est comme l’art pour l’art. C’est juste une punition contre le désir de démocratie, et une distraction pour faire oublier sa misère au peuple russe. Le Mage du Kremlin a été imprimé en mars dernier donc forcément rédigé avant l’invasion de février, mais il en parle mieux qu’aucun essai et aide à comprendre… qu’il n’y a rien à comprendre. Pour un premier roman, c’est un coup de maître. Le M ­ age du Kremlin, de Giuliano Da Empoli, Gallimard, 280 p., 20 €.

les bouffonneries de l’époque ★ ★ ★ Cosaques blues, d’Erik L’Homme, Calmann-Levy, 156 p., 17 €.

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★★★★ Excellent ★★★ Très bien ★★ Bien ★ Moyen ✖ À éviter

rik L’homme vient de la littérature jeunesse (et du Tibet, où il est allé chercher le Yéti). Son imagination est débordante. Il ne risque pas de nous raconter un inceste avec son père. Cosaques Blues commence mal : une jaquette d’une laideur inique, une citation de Francis Cabrel – mais il est capable de l’avoir fait exprès. Puis tout décolle comme une fusée. Comment résumer ce décapant capharnaüm ? Une bikeuse herculéenne entourée de trois tocards, surnommés les « Childs of Armageddon » (tellement nuls qu’ils ne savent pas qu’au pluriel, on dit « children ») braquent un

chargement d’armes mais ne savent pas à qui ils ont affaire. Puis arrive une escort girl partie rejoindre son amie éborgnée pasionaria des « bonnets jaunes » dans une communauté écoresponsable et vaguement paganiste du sud de la France où l’on produit, entre autres merveilles, des « préservatifs naturels en toile de jute » ; un escroc lisant le tarot à des clients fortunés ; deux demeurés souhaitant récupérer l’archipel des Minquiers pour en devenir rois tel Orélie-Antoine Ier, baptisant leur mouvement « Front de libération de la Patagonie » ; un hacker obsédé par les nounours

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79/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

en guimauve. Et enfin, des mercenaires peu portés sur les câlins. Cette fine assistance va finir par converger le temps d’un feu d’artifice. Chaque chapitre est introduit par des extraits d’un mystérieux « Dictionnaire d’un monde qui part en vrille » (« Communisme : capable de réjouir à la fois Ivry et Saint-Germain-desPrés, cette idéologie primesautière a traversé le XXe siècle en laissant cent millions de morts dans son sillage. ») L’Homme décrit son livre comme une « charge contre les bouffonneries de l’époque ». C’est la charge héroïque.

Carnets de voyage

Le parcours de SaintEndréol, entre le massif de l’Estérel et le rocher de Roquebrune, flamboyant au soleil couchant.

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80/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

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Le long des golfs clairs

Entre points de vue incomparables sur la Méditerranée, massifs hauts en couleur et parfums du Sud, le Var est devenu le grand terrain de jeu des golfeurs. Outre ses nombreux parcours réputés, la beauté de la nature et l’art de vivre local invitent à d’autres parties de plaisir.

Par Denis Lebouvier (texte) et Éric Martin pour Le Figaro Magazine (photos)

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81/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Carnets de voyage

Les fairways de Roquebrune accrochés aux contreforts du rocher.

Depuis le sentier du littoral, entre l’Argentière et la pointe du Diable.

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82/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Vers ces côtes méditerranéennes préservées qui ne subiront pas les outrages du béton

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ette country est merveilleuse. Pour ses paysages… et ses golfs », nous confiait Sean Connery lors d’une inoubliable partie amicale, à quelques jours d’une édition du Festival de Cannes et avant de séjourner dans sa résidence de Tourrettes. Laissant un temps derrière nous la crise sanitaire – marquée par une évolution record en 2021 de la pratique du golf français, avec plus de 8 % de hausse des licenciés, dont un bon tiers de nouveaux adeptes –, le Var et ses massifs des Maures et de l’Estérel se prêtait merveilleusem*nt à une alliance entre le jeu et la ­redécouverte salutaire des grands espaces. Avec 16 parcours – et un deuxième rang dans le pays après les Yvelines –, le golf varois sillonne parmi les plus beaux dessins, sur les sites naturels les plus spectaculaires. Aussi, les architectes américains Pete Dye (qui a signé le fameux TPC Sawgrass en Floride) et son fils Paul Burke ont bénéficié des fertiles terres de la Provence verte, près de Brignoles, pour imaginer un grand parcours de championnat. Le golf de Barbaroux affiche, sous son drapeau n° 9, le plus grand green d’Europe : 2 000 m2, près de 70 mètres entre l’entrée et la sortie, pour ponctuer un « aller » vallonné très sylvestre. Sur les 9 trous du « retour », l’inspiration est nettement plus tournée vers la tradition américaine avec ces plans d’eau et ces vastes greens. « Le challenge au putting est prépondérant, note Nicolas Piquet, l’un des enseignants de Barbaroux. C’est la bonne stratégie, selon son niveau, qui doit absolument guider le joueur. » Les différentes options de tactique, de la prudence à la prise de risque sur ce golf exigeant, sont développées à l’Academy de Fabrice Tarnaud. L’ancien joueur professionnel du circuit européen, pédagogue reconnu et ­commentateur avisé, distille de précieux conseils entre Megève et Barbaroux. « C’est l’un de mes terrains de jeu », souligne aussi Pauline Roussin-Bouchard, grand espoir du golf français, déjà familiarisée aux exigences des parcours américains et affichant clairement ses ambitions de devenir la meilleure joueuse du monde. s’aventurer dans une savane africaine

Quittant les collines calcaires du Nord varois pour s’orienter vers la mer où se profilent d’impressionnants reliefs, c’est d’abord une vaste réserve naturelle nationale qui nous ­incite à une chevauchée inattendue. Il est temps de seller sa monture dans l’un des deux seuls centres équestres autorisés à fréquenter cette mystérieuse plaine des Maures. Le paysage, grandiose, procure l’étrange sensation de s’aventurer dans une savane africaine – l’été dernier, un incendie d’une vaste ampleur y a malheureusem*nt sévi. Au gué du Mourrefrey, franchissant l’un des nombreux ruisseaux de la plaine, les chevaux peuvent enfin s’abreuver. Et les cavaliers tenter d’apercevoir une tortue ­d’Hermann qui n’est plus présente que dans le Var et en Corse, et dont le territoire est ici le plus vaste pour sa survie. « Après le feu, la nature reprend vie, reverdit. Assez rapidement d’ailleurs, s’étonne Anaïs Pradel, propriétaire de

ce centre équestre. Toutefois, le public ne peut pas encore s’aventurer seul. L’unique possibilité est de profiter de nos randonnées équestres. » Le panorama sur cette plaine des Maures s’avère aussi ­saisissant au sommet des cols du massif du même nom. Sur l’autre versant, depuis Bormes-les-Mimosas, dont la ­quinzaine de jardiniers s’évertue à conserver les quatre ­macarons des villages les plus fleuris de France, la route nous attire vers un horizon bleuté. Vers ces côtes méditerranéennes qui ne subiront pas les outrages du béton.

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83/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022 Demain

Des greens aux vignes

Le célèbre sentier du littoral débute sur la plage de ­l ’Argentière à La Londe-les-Maures, puis se faufile ­jusqu’au fort de Brégançon, le long des plages et criques ­e ncore préservées. À bicyclette, sillonnant entre les ­différents grands domaines littoraux de l’AOC Côtes de Provence, la jolie départementale 42 nous amène au ­château Malherbe. Là, c’est à vélo électrique que l’on parcourt le vignoble du propriétaire surplombant la demeure présidentielle de ­Brégançon, pour accéder à cette plage ­« secrète » de la ­Vignasse, avant de déguster les vins bio de la maison. Les heureuses découvertes de la côte varoise ­naturelle peuvent se poursuivre en randonnée jusqu’au cap Taillat, îlot relié au continent par un tombolo, un isthme ­sableux. On peut même oser le Ramatuelle de la jet-set avec sa « nouvelle » plage de Pampelonne : la loi littoral et la ­volonté municipale imposent plus de discrétion aux pail­lotes ; les vertueuses ganivelles permettent le début de la ­reconstitution du cordon dunaire pour une reconquête des marcheurs sur les 4 kilomètres de la célèbre plage. On échappe à l’effervescence de la presqu’île de SaintTropez en grimpant sur les hauteurs du Roquebrune ­Resort. La famille Delli-Zotti a repris, il y a onze ans, ce golf quelque peu en déshérence. Pour lui conférer le statut d’un des plus beaux parcours de la Riviera. « L’architecte Michel Gayon s’est appuyé sur les reliefs. Nous bénéficions de quatre décors magnifiques, quatre panoramas avec des vues superbes entre le massif des Maures, la montagne de Lachens, le rocher de Roquebrune et la baie de Fréjus/Saint-Raphaël au ­lointain », explique Hugo Oliveira, représentant la chaîne Résonance (anciennement Open Golf Club) qui vient de reprendre la gestion du golf. « Nous souhaitons avant tout que nos hôtes prennent du ­plaisir grâce à nos panoramas à couper le souffle, ­annonce le nouveau directeur. Avec un gage de haute qualité qui a fait la réputation de nos 13 golfs de la collection ­Résonance. » Et quelques bonnes raisons de s’attarder : le resort propose une plage sur son lac privé et la découverte des vignes de son château Vaudois. Lors de la dégustation, Constance Beziat, 24 ans, prodiguera les conseils d’une des plus j­eunes maîtres de chai de l’Hexagone. Pour mettre de l’eau dans ces vins, direction l’Argens, petit fleuve côtier de 115 kilomètres qui, au détour de ses ­modestes méandres, laisse apparaître de jolies surprises. Depuis le chemin du Lac à Roquebrune, une excursion en canoë s’organise. La remontée du cours d’eau permet de ___ u prendre peu à peu la mesure de la majesté du rocher. « En

mystérieuse plaine des Maures aux paysages grandioses s’approchant, chacun tente une estimation de son altitude, raconte notre guide Erwan Chichery. De 700 à 800 mètres, entend-on souvent. C’est en réalité 373 mètres. Cela illustre l’impression ressentie au pied du phare de notre région. » Face au fier pic, le très imposant massif de l’Estérel arbore ses roches rouges. Depuis son chemin côtier qui mène au cap Dramont, ou sa route sinueuse (fermée à la circulation automobile) grimpant vers le rocher de SaintBarthélemy, les randonnées pédestres, à vélo ou grâce à une « via cordata », permettent d’entrer en osmose avec la puissance d’un univers brut. « Le sol de cet espace domanial est composé de rhyolite, une roche volcanique rouge, parfois gris-bleu comme celle dont on se servit pour tailler le pavé parisien, raconte Christophe Pint-Girardot, un agent de l’Office national des forêts. Ici poussent des pins d’Alep, des pins maritimes, des chênes verts, des chênes-lièges, des arbousiers, des bruyères ­arborescentes, le myrte. Nous protégeons aussi la faune, ­particulièrement les geais, les faucons pèlerins, les tortues cistudes, les gros lézards ocellés. » L’Estérel, classé Grand Site de France, constitue l’écrin grandiose du golf de Saint-Endréol. « L’architecte Michel Gayon a pris un grand plaisir à dessiner ses 18 trous sur ce site exceptionnel, bénéficiant d’un “tableau” aux multiples paysages », remarque le pro Arnaud Poard. Entre le massif de pierre écarlate et le rocher de Roquebrune, l’Endre coule sur un parcours vallonné, doté de plusieurs trous spectaculaires, dont le fameux 13 par 3 plongeant sur un green en île. Dans cette région fortement marquée par les risques d’incendie, Les Domaines de Saint-Endréol constituent une barrière précieuse : en cas de départ de feu, les pompiers peuvent demander au golf d’arroser ­copieusem*nt ses fairways pour éviter une terrible propagation. Le pays en est reconnaissant.

La roche volcanique de l’Estérel, refuge des pins et chênes méditerranéens.

Le château de Tourrettes domine les champs de roses de mai chères à Christian Dior.

Quand l’élégance le dispute à l’excellence

Territoire quelque peu oublié entre la Méditerranée et le Verdon, la Dracénie se remet de la terrible crue de 2010. Qui a notamment frappé le charmant village de Transen-Provence où vient d’être inaugurée une passerelle ­himalayenne au-dessus des profondes gorges. Au château Font du Broc, le chef d’entreprise Sylvain Massa a créé son vignoble, un caveau monumental d’inspiration cistercienne et, en grand passionné de dressage, un manège unique où sont entraînés des chevaux d’allure internationale. Au château Sainte Roseline, la chapelle communale conserve les reliques de la sainte guérisseuse et une sublime mosaïque murale de Chagall. Au château des Demoiselles, on change de monture : c’est à trottinette électrique version tout-terrain que nous arpentons les ­vignes surveillées par l’Estérel. La diagonale tonique du Var, d’ouest en est, par ses ­fairways et ses chemins de traverse, ne pouvait s’achever que par un séjour reposant à Terre Blanche. Dans le pays de Fayence, terre d’élégance… Adoptant la famille Dior, la région n’imaginait pas que le futur grand couturier ­a llait considérablement marquer son activité ___u

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Petit déjeuner raffiné à la Cabane Bambou de Pampelonne.

Carnets de voyage Œuvre de William Sweetlove au château Sainte Roseline.

Face aux roches rouges de l’Estérel, l’écrin végétal du golf de Saint-Endréol.

Les précieuses vignes Ott Clos Mireille sur le sentier du littoral.

Le sentier du littoral, un belvédère sur la Grande Bleue.

Les golfs de Terre Blanche dominés par les villages perchés du pays de Fayence.

En canoë sur l’Argens, le rocher de Roquebrune en ligne de mire.

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Carnets de voyage

le golf varois sillonne parmi les plus beaux dessins, sur les sites naturels les plus spectaculaires é­ conomique et ses paysages. Christian Dior choisit en ­effet ces terres pour cultiver les fleurs de ses parfums. Un temps importées, les roses de mai (ou centifolia) sont de ­retour grâce à la maison Dior qui garantit l’achat de toute la production locale pour plusieurs années. L’élégance qualifia aussi celui qui imagina, en premier, un parcours de golf sur Terre Blanche. Propriétaire du ­domaine et de son château, Sean Connery n’acheva toutefois pas sa mission, cédant son bien à Dietmar Hopp, ­fondateur de la société allemande de logiciels SAP, 8­ 6e fortune mondiale selon Forbes en 2020, et golfeur passionné. Le chic raffiné s’imposait naturellement au développement de Terre Blanche, resort discret avec ses villas à flanc de coteau. Au cœur de la végétation généreuse nichent un spa de 3 200 m2, une magnifique piscine et le jardin secret de Christophe Schmitt. Le 10e “plus beau resort golfique du monde”

Succédant au chef étoilé Philippe Jourdin, qui a noué son tablier de retraité, le nouveau patron d’une solide ­brigade de 50 collaborateurs ouvre sa table d’été pour une promenade aux senteurs. Ses hôtes sont invités à choisir la bonne alliance parmi les plantes aromatiques du jardin avant de suivre ses cours privés. « J’ai profité de ces mois de fermeture pour découvrir pleinement le travail des maraîchers et éleveurs du pays de Fayence, raconte le jeune chef. Et j’invite nos visiteurs à partir à leur

rencontre pour constituer leur propre panier avec des produits originaux, notamment une trentaine de variétés de tomates, des betteraves multicolores et même du safran. » Sur la table gastronomique, parmi les quatre restaurants que compte le resort, Christophe Schmitt les sublimera avec un rouget à l’huile d’olive accompagné de petit* légumes et de quartiers d’abricot ou un agneau de Tourrettes avec purée d’ail. À déguster avant de savourer, à nouveau, une superbe ­expérience golfique. Terre Blanche doit d’abord sa renommée internationale à ses deux grands parcours (signés Dave Thomas) et à ses exigences environnementales. « Le Château », dès les premiers trous, s’ouvre sur les villages perchés de Seillans, Fayence, Callian et Montauroux. « Le Riou », au tracé plus encaissé, demeure réservé aux ­membres et résidents de l’hôtel que fréquenta 007, cette fois sous les traits de Roger Moore… Tout récemment classé 10e « plus beau resort golfique du monde », Terre Blanche affiche le label GEO (Golf ­Environment Organization). « Depuis plus de dix ans, nous accentuons nos actions pour la préservation du milieu naturel », se réjouit le directeur Jean-Marie Casella. Cet environnement a conquis le Club France de la Fédération française de golf qui permet aux jeunes espoirs de s’épanouir. Pour profiter, à pleins poumons, d’une activité en immersion totale avec la nature. Car, finalement, les ­vignes et les golfs ont permis de préserver un Var sauvage. ■

Lever du jour sur la Provence verte où s’imposent les plans d’eau de Barbaroux.

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Denis Lebouvier

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Promenade en senteurs et saveurs Se renseigner

Auprès de Visit Var (04.94.18.59.60 ; Visitvar.fr), l’agence de développement touristique du Var.

Notre sélection d’hébergements

Eden Rose Grand Hôtel (04.94.98.19.81 ; Edenrosegrandhotel.fr). Établissem*nt mythique de Bormes-les-Mimosas durant les Années folles, accroché à flanc de montagne, le Grand Hôtel vient tout juste de renaître en devenant l’Eden Rose. Depuis chacune des 43 chambres et la piscine tout en longueur, le panorama sur la Méditerranée est saisissant. À partir de 249 € la nuit. Lily of the Valley (04.22.73.22.00 ; Lilyofthevalley.com). Aux portes de Saint-Tropez, à La Croix-Valmer, l’hôtel Lily of the Valley a inauguré l’an dernier 8 Pool Suites à deux pas de la mer. Chacune (entre 86 et 210 m2), dessinée par Philippe Starck, est dotée de sa piscine et bénéficie d’une équipe de majordomes. Sur la plage, le Beach

Club de Lily, avec ses 2 restaurants, complète l’offre de l’hôtel réputé notamment pour son « programme minceur ». À partir de 3 600 € la nuit pour 2 personnes avec petit* déjeuners. À Roquebrune-sur-Argens, Le Daya (04.94.19.60.36 ; Ledaya.fr). Le plus petit 5 étoiles de France, avec ses 2 chambres et ses 3 suites, est niché au-dessus du club-house d’un des plus beaux golfs de la côte varoise. Les hôtes bénéficient du spa et de la plage privée du Darko Beach, au bord du lac privé appartenant au château Vaudois. À partir de 265 € la nuit. Package golfique (nuit, petit* déjeuners et green-fee) à partir de 356 € par personne. La Villa Mauresque (04.94.83.02.42 ; Villa-mauresque.com), à Saint-Raphaël. Propriété classée, l’ancien palais d’un pacha d’Algérie, devenu un hôtel raffiné sur un site unique donnant directement sur la mer depuis ses jardins, ouvre sa nouvelle suite Orangerie avec une vue splendide. À partir de 1 100 € la nuit. Les Domaines de Saint-Endréol (04.94.51.89.80 ; St-endreol.com). Sur le

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superbe site du golf de Saint-Endréol à La Motte, au pied des roches rouges de l’Estérel, les villas individuelles (de 3 à 5 chambres), au caractère provençal, possèdent leur jardin et leur piscine. À partir de 1 057 € la semaine. Green-fee, 64 € pour les résidents. À Tourrettes, Terre Blanche Resort (04.94.39.90.00 ; Terreblanche.com). Élu ces deux dernières années « meilleur resort golfique en Europe continentale » par le magazine britannique Golf World, Terre Blanche est uniquement composé de suites et villas, harmonieusem*nt disséminées sur la colline, au-dessus des 2 parcours de golf. À partir de 580 € la nuit en suite avec petit* déjeuners pour 2 personnes. Package golf à partir de 800 € par nuit pour 2 personnes, incluant 2 green-fees.

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Notre petit déjeuner inédit

À la Cabane Bambou (04.94.79.84.13 ; Maisoncabanebambou.com). Sur la « nouvelle » plage de Pampelonne, à Ramatuelle, Joyce Naveau succède

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Carnets de voyage

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chevauchée dans une réserve naturelle à son père Jacques, figure de l’établissem*nt, subitement disparu en 2019. Petit déjeuner « les pieds dans l’eau », dès 8 h 30.

Nos bonnes tables

À La Londe-les-Maures L’Hemingway (06.32.50.02.57 ; Lhemingway.com). Une terrasse fort accueillante sur la belle plage de l’Argentière, point de départ du sentier du littoral. Plats 26-34 €. À Bormes-les-Mimosas Café Léoube (04.98.07.69.88 ; Leoube.com). Accessible depuis le vignoble ou le sentier, le café – exclusivement extérieur – est niché en retrait de la petite plage du Pellegrin. Plats autour de 20 €. À Brégançon La Cabasse (04.94.64.80.70). Nouveau propriétaire, nouveau nom et nouveau standing pour la « paillote » la plus proche de la plage et du fort. Pêche du jour entre 20 et 30 €. Aux Arcs VagaBon (06.83.40.02.29 ; Vagabon-mof.fr). Dans l’allée des platanes qui borde la chapelle Sainte-Roseline et le vignoble, un food truck chic déclinant des recettes signées par une association de chefs MOF. Plats 10-15 €. Aux Issambres Les Mûriers (04.94.55.32.33). Une adresse particulièrement prisée des locaux, avec notamment des plats provençaux traditionnels, bouillabaisse, bourride ou aïoli. Menus 35-50 €. À Saint-Raphaël Le Bistrot Loudet (04.94.96.60.12). Face au petit port de Boulouris, on réserve sa table sur la terrasse pour déguster les redoutables pâtes aux langoustes. Autour de 60 €.

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Boire un verre

À Saint-Raphaël Le Baïa (04.94.44.61.66 ; Lebaia.com). La nouvelle adresse du vieux port, avec son rooftop pour savourer des co*cktails originaux en admirant le coucher de soleil.

Golfer

Barbaroux (04.94.69.63.63 ; Barbaroux.com). Par 72, 6 069 m. Green-fee : 86 €. Location voiturette : 36 €. Sur place, Mercure Brignoles (04.94.69.63.63, Mercure.accor.com) avec spa et piscine. À partir de 98 € la nuit et 199 € le forfait (dîner, nuit, petit déjeuner, green-fee). Roquebrune Resort (04.94.19.60.35 ; Golfderoquebrune.com). Par 71, 5 897 m. Green-fee : 90 €. Location voiturette : 45 €. Saint-Endréol (04.94.51.89.89 ; St-endreol.com). Par 72, 5 883 m. Greenfee : 82 €. Location voiturette : 41 €. Terre Blanche (04.94.39.36.93 ; Terre-blanche.com). « Le Château », par 72, 6 616 m. Green-fee : 180 €, location de voiturette comprise. « Le Riou », par 72, 6 005 m. Réservé aux membres et aux clients de l’hôtel (green-fee : 144 €, voiturette incluse).

Organiser ses parties

Le Comité régional de tourisme de Provence-Alpes-Côte d’Azur (Provence-alpes-cotedazur.com) propose des passe « sur mesure » pour les golfs de son territoire. Les 4 parcours, Barbaroux, Roquebrune, Saint-Endréol et Terre Blanche, 346 €. Nos activités nature Sentier du littoral, de la plage de l’Argentière au fort de Brégançon, renseignements auprès de l’office de tourisme Porte des Maures

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(04.94.01.53.10 ; Mpmtourisme.com). E-vélo dans les vignes du littoral, à partir du château Malherbe (04.94.64.80.11 ; Chateau-malherbe.com). Promenade et visite guidée de 2 heures sur la propriété avec dégustation, 35 €. Randonnée équestre dans la plaine des Maures, écurie Anaïs Pradel (06.27.21.09.56 ; Ecurieanaispradel.com et Coeurduvartourisme.com). Balades pour tout âge et tout niveau, 30 € la première heure, 10 € par heure suivante. Canoë sur l’Argens, La Base du Rocher (06.61.41.75.74 ; Basedurocher.fr et Roquebrunesurargens-tourisme.fr). Deux parcours en canoë : en remontant l’Argens vers le rocher de Roquebrune, la demi-journée (4 h) de 28 à 46 €. En descendant le fleuve vers la mer, la journée (8 h) de 35 à 74 €. E-trottinette dans les vignes de l’Estérel avec S-Quad (04.94.67.23.42 ; Squad.fr). Excursion dans le vignoble, pour une demi-heure ou une heure, puis dégustation des vins du château des Demoiselles (Chateaudesdemoiselles.com), 25 et 45 €. Randonnée pédestre dans l’Estérel (04.94.19.10.60 ; Esterel-cotedazur.com). Circuit sur le sentier du littoral autour du cap Dramont ; dans le massif de l’Estérel, sur le rocher de SaintBarthélemy.

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Visiter

Le fort de Brégançon : toutes les pièces (sauf la chambre) de la résidence présidentielle se visitent avec un guide. Dates sur demande à l’office de tourisme (04.94.01.38.38 ; Bormeslesmimosas.com). Chapelle Sainte-Roseline aux Arcs (04.98.10.51.05 ; Tourisme-dracenie.com). D. L.

L’A I R D U T E M P S

DFLY PARIS - Bijou intemporel Marque de joaillerie au design contemporain et épuré, DFLY Paris tire ses lettres de noblesse du D comme « Diamant » et « Dragonfly » - libellule en anglais. Valorisant l’artisanat français, elle contribue au développement d’une mode durable et éthique en utilisant dans ses créations exclusivement du diamant de synthèse et des matières précieuses recyclées. À l’image de l’anneau Calidus, cet intemporel de la maison se compose de deux fils d’or entrelacés. Symbole d’attachement, d’amitié ou d’amour, ce modèle est disponible en deux épaisseurs – 3 ou 4 mm – et en trois versions, or jaune, or gris ou or rouge. À partir de 970 ¤ - www.dfly-paris.com

GILI’S - Destination l’été ! Depuis 2015, Gili’s propose des maillots de bain aux coupes pensées pour survivre à tous les plongeons. Fabriqués à partir de fibres de polyester recyclé, les modèles se déclinent pour toute la famille dans des motifs exclusifs inspirés des plus beaux spots du monde. Cette saison, la marque nous fait voyager en solo ou en tribu vers des horizons lointains, de Bali au Japon en passant par l’Afrique ou le Portugal. Le cadeau parfait pour la Fête des Pères ?

PONANT L’essentiel de la Croatie Cet été, PONANT propose d’explorer la beauté de l’Adriatique en embarquant pour des croisières idylliques de 8 jours en Croatie. À bord d’un yacht à taille humaine, les passagers se laisseront charmer par les trésors cachés de la côte dalmate, ses sites classés Unesco et ses eaux turquoise. Un programme riche et passionnant avec la visite des cinq villes croates remarquables pour leur patrimoine culturel et leur histoire, la découverte de Venise et de sa lagune, de la cité médiévale de Kotor, du palais de Dioclétien à Split, des chutes de Krka, etc. Un voyage unique et authentique en perspective.

AUROSE - Le rosé de l’été

Photos DR

La maison Aurose présente son rosé bio à la couleur poudrée. Né sous le soleil de Hyères en Provence, au cœur d’un vignoble remarquable de vingt hectares et du terroir de la vallée de Sauvebonne, “Au bord de l’aube” est un assemblage délicat de quatre cépages : le grenache, la syrah, le cinsault et le mourvèdre. Son nez raffiné séduit les amateurs d’arômes d’agrumes et de fruits des bois. En bouche, les saveurs explosent tout en étant sublimées par une fraîcheur intense. Un vin idéal pour les apéritifs au bord de l’eau et les longues soirées chaudes estivales.

©PONANT-N.Matheus

www.gilis.com/fr

PAYPAL Financement Pro, solution de financement simple et rapide pour les TPE/PME françaises PayPal propose de faciliter l’emprunt des TPE/PME avec une solution sur mesure. PayPal Financement Pro fournit ainsi un accès rapide au capital dont les petites entreprises ont besoin pour se développer. En effet, d’après une étude YouGov commanditée par PayPal, 57% de leurs dirigeants n’ont pas obtenu de financement en raison des exigences des institutions financières, ce qui ralentit leur croissance. Or, elles en ont besoin pour leur trésorerie (31%), développer leur entreprise (26%) ou acheter des fournitures (20%). Financement Pro a pour objectif de les aider face aux obstacles auxquels elles sont confrontées. Pour être éligibles, elles doivent avoir un compte PayPal, un CA annuel d’au moins 12 000 € et être solvables. Après vérification, le site transfère les fonds. Pas de frais cachés, un montant fixe et un maximum de réactivité. www.paypal.com

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Départs étés 2022 et 2023 À partir de 3 410 ¤ par personne Tél : 04 91 36 41 68 - www.ponant.com

R É A L I S É E PA R L E S E R V I C E C O M M E R C I A L D U

FIGARO MAGAZINE

PÉROU LES TROIS VALLÉES

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*Tarif indiqué jusqu’au 01/06/2022 par personne sur la base d’une chambre double à partager. Crédit photo : Adobestock.

DU 29 OCTOBRE AU 11 NOVEMBRE 2022

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e Figaro vous propose cet hiver de découvrir les secrets du Pérou précolombien. Tour à tour gouverné par les Incas, envahi par les conquistadors, dominé par les espagnols, contemplez lʼinfluence culturelle des civilisations qui sʼy sont succédées et qui ont rendu ce magnifique territoire profondément hospitalier et fier de ses origines métissées. Par ses fabuleux paysages et lʼinfinie richesse de ses traditions, le Pérou vous convie à une aventure hors du commun !

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Talent

Steven Vrendenbarg L’entrepreneur en culottes courtes

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haque année, j’écumais les boutiques d’Amsterdam à la recherche de shorts bien coupés, réalisés avec soin dans des étoffes de qualité et proposés dans une gamme de couleurs autres que le bleu marine, le kaki ou le rouge. Chaque fois que je trouvais un modèle acceptable, il n’était pas suivi la saison d’après. C’est ainsi que j’ai décidé de créer le short idéal, avec des amis, Aafke Tuin et David ­Sipkens. » Deux associés qui sont aujourd’hui respectivement directeur du design et PDG de Mr Marvis, la marque fondée ensemble en 2016. Rien ne prédestinait Steven Vrendenbarg (photo, à gauche) à l’univers de la mode. Le brillant trentenaire, diplômé de l’université de Groningen, titulaire d’un master à Londres, avait déjà ­démarré une carrière dans l’immobilier et la finance. Le cadre en col blanc s’est mué en entrepreneur du bermuda

avec une idée précise de ce vêtement dont le succès mondial, dans une époque de réchauffement climatique, est partout croissant. 60 couleurs et motifs

« Pour un short hors du commun, la coupe doit être parfaite. Mais ce n’est pas tout. Les détails ont leur importance, comme l’élasticité de la ceinture, une spécificité qui apporte beaucoup de confort… La ligne doit être intemporelle et discrète. Bien sûr, ils doivent être également produits également de ­manière durable, dans le respect de ceux qui les façonnent, de ceux qui les portent et de la p­ lanète. C’est pour cela que nous avons décidé de fabriquer exclusivement au Portugal, où nous avons un lien direct avec toutes nos parties prenantes. » Cet adepte du concept de « slow fashion », privilégie le long terme et la proximité avec sa clientèle, au-delà de

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la réussite de son modèle ­d igital. « Nous ­prévoyons d’ouvrir une bou­tique en France dans l’année à ­venir », confie-t-il avec enthousiasme. Un autre point fort réside dans la variété de l’offre avec huit collections et 60 couleurs et motifs. Si les tentations sont grandes de développer de nouvelles lignes, Steven Vrendenbarg garde le sens de la mesure, mais laisse deviner ses ambitions : « Pour l’heure, nous restons concentrés sur les shorts et les pantalons pour hommes. Mais qui sait où l’avenir nous conduira ? Dans tous les cas, nous resterons fidèles à nos principes et à notre approche d’un design constant et intemporel, une large palette de couleurs, le tout fondé sur une haute qualité de fabrication et une forte exigence éthique pour notre production. » Solide sur ses deux jambes, Mr Marvis semble taillé pour Frédéric Brun aller loin.

SDp, RENZE BEMELMANS/SDP

Avec ses shorts et pantalons, le cofondateur et directeur créatif de la marque néerlandaise Mr Marvis est devenu une référence du vestiaire masculin… en commençant par le bas.

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la bonne mesure du tailleur scavini

Chaussettes : on se reprend en main

S Le dressing en thérapie Au changement de saison, comment opérer une petite cure de détox des placards ? Les conseils de deux experts.

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anger, trier, choisir : les bonnes habitudes ont été prises durant les confinements. Les livres de conseils de Marie Kondo, gourou japonaise de l’organisation, étaient alors des bestsellers. Au changement de saison, placards et armoires méritent cette petite cure de détox qui relève ­désormais d’une philosophie : « C’est sûrement une manière de revenir à plus de ­sobriété et de montrer que moins ne veut pas dire moins bien », analyse ­Arnaud Chanteloup, fondateur du blog ­Verygoodlord.com. « C’est l’idée du “moins acheter mais mieux consommer” qui fonctionne aujourd’hui avec l’alimentation, le voyage, etc. Comme avec notre corps, il est bon et sain de nettoyer et éliminer les toxines dans les dressings », précise Guillaume Cadot, fondateur de Maison Cadot. « Pas de demi-mesure. Si on décide de se séparer d’objets, on le fait vraiment ! » renchérit ce spécialiste du conseil en style. « Le succès des plates-formes d’achatvente de vêtements d’occasion a relancé le monde de la fripe qui, en plus de participer à une économie circulaire, est un terrain de jeu pour découvrir, se cultiver et apprendre le vêtement. » Mais comment s’y prendre, au juste ? Arnaud Chanteloup se veut métho­dique : « Il faut se préparer en amont à trier. D’un côté, garder ce dont on ne pourra jamais se séparer – une chemise

souvenir, un sweat-shirt brodé de son université – et, d’un autre, isoler au fur et à mesure des mois les pièces qu’on ne porte pas. Au bout de six à douze mois, si on ne souhaite toujours pas les porter, on peut considérer qu’il est possible de s’en séparer. C’est ma manière de procéder. » une approche hédoniste

Autre préconisation, rationaliser sa garde-robe : « Globalement, il faut avoir, en fonction de son style, 6 che­mises, 7 tee-shirts, 4 pulls, 3 sweatshirts, 6 pantalons, 2 vestes, 4 paires de chaussures, 7 paires de chaussettes, 1 ceinture, 3 manteaux. » Guillaume Cadot privilégie une approche hédoniste : « Il faut imaginer son dressing comme une bibliothèque dans laquelle les livres sont classés par ordre alphabétique, titre, couleur de couverture, ­dimensions. Cela change tout en termes esthétiques, mais surtout cela donne ­envie de s’y plonger. On appliquera les codes du merchandising au dressing : des piles de pulls alignés, des chemises rangées par couleur, des chaussures propres, classées par type, etc. » Travailler sa garde-robe en allant dans le sens de l’épure, c’est affiner son style pour mieux affirmer sa personnalité et ainsi se libérer des contraintes. En plus de précieuses ­minutes gagnées le matin, un dressing bien rangé est un gage de sérénité. Frédéric Brun

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92/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

VDJPhoto, FRANCIS AMIAND, Scavini

Mode

i vous saviez ce que les tailleurs découvrent comme spectacle une fois leurs clients déchaussés. Quel effroi ! Pour moi, c’est très simple, un petit trou et c’est poubelle. Personne ne devrait ressembler à Jean-Marie Messier posant pour Paris Match. Ce n’est même pas la peine de se questionner ou de chercher un œuf à repriser. Et d’une certaine manière, grâce à internet, il n’a jamais été aussi facile de racheter des chaussettes. Voyez le succès de Meschaussettesrouges.com. Les élégants le savent bien, un beau mi-bas, quelle prestance, y compris sous un jean. Et il n’y a pas que les unis. Évidemment, je vous arrête tout de suite, les souris qui dansent ou les gros losanges façon golf sont ringards. Les motifs sont raffinés s’ils sont discrets et délicats, comme le pied-depoule, les chevrons fins ou les effets caviar. Parfois, ce sont les côtes qui jouent sur l’irisation de deux couleurs. Cela dit, Happy Socks montre aussi que les géométries franches sont parfaitement esthétiques ! La cravate, et ses jolies harmonies, n’est plus là. Alors, trouvons ici bas une petite touche délectable, qui soit fait écho au pantalon, soit joue sa propre et riche partition. Osons !

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H o r l o g e r i e

Cadran

En des temps antiques

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Vacheron Constantin dévoile avec le Louvre quatre éditions limitées dédiées aux grandes civilisations de l’Antiquité.

n plein cœur de Paris, autour de sa pyramide de verre, le plus grand musée du monde préserve le meilleur de l’histoire de l’humanité. Et parfois, il en naît des montres tout aussi exceptionnelles que les œuvres qu’il abrite. Les artisans de la maison suisse ­Vacheron Constantin ont créé qu­atre éditions limitées mettant chacune à l’honneur une des grandes civilisations de l’Antiquité. L’Empire perse de ­Darius Ier, l’âge d’or de l’Égypte des pharaons, la Grèce antique des successeurs d’Alexandre le Grand, la Rome impériale et la prise de pouvoir d’Auguste. Le sphinx de Tanis est l’un des plus g ra n d s s p h i n x c o n s e r vé s h o r s d’Égypte. La Frise des lions, décor de briques siliceuses glaçurées, se trouvait, quant à elle, dans la première cour du palais de Darius 1er à Suse, la capitale de l’Empire perse achéménide. Le buste d’Octave Auguste, fils adoptif de César, le ­représente coiffé d’une couronne de chêne, premier citoyen de Rome oblige. Et que dire de la Victoire de Samothrace ? Rappelons juste que cette déesse ailée, destinée à la proue d’un navire de guerre, a été exhumée d’un sanctuaire dédié aux grands dieux, dont le culte rayonnait dans tout le monde grec.

Chacune de ces époques se voit ici métamorphosée en un garde-temps d’art. Les artisans de la manufacture, partenaire du Louvre depuis 2019, ont imaginé pour elles quatre souscadrans aux motifs tirés des arts décoratifs de l’époque. Une ornementation confiée à des maîtres artisans dans le domaine de l’émaillage, de la marqueterie de pierre, de la gravure et de la micromosaïque de pierre. grec ancien et latin

On retrouve sur ces pièces les frises de briques siliceuses glaçurées du palais de Darius, un sphinx et les peintures d’un cercueil égyptien, la statue de la Victoire de Samothrace et des pièces de céramique grecque ainsi que le buste d’Auguste et des chefs-d’œuvre de mosaïque romaine. À cela s’ajoutent des textes représentatifs de ces époques – écriture cunéiforme, h ­ iéro­glyphes, grec ancien, et latin – reproduits par métallisation sur le verre ­saphir. Ces 20 montres seront proposées en cinq coffrets exclusifs rassemblant les quatre créations. Toutes sont animées par le calibre manufacture 2460 G4/2 à remontage automatique indiquant ­heures, minutes, jours et d ­ ates via des disques en périphérie du cadran. De quoi laisser toute la place aux trésors de Judikael Hirel l’Antiquité. Vacheron Constantin Métiers d’Art Hommage aux grandes civilisations, prix sur demande.

Focus

a deuxième édition de l’exposition « hom*o Faber » vient de réunir, à Venise, le meilleur de l’artisanat d’art du monde entier. Parmi eux se trouvaient les maîtres artisans – horloger, graveur, sertisseur et émailleur – de Vacheron Constantin. Mais aussi ceux du Louvre, avec qui ils ont dévoilé au public deux montres, Les Cabinotiers à répétition minutes ultra-plates inspirées de la mythologie japonaise. Chefs-d’œuvre de gravure et d’émail miniature, elles représentent le dieu du vent Fujin et le dieu du tonnerre Raijin. Les artisans de l’atelier d’encadrement-

dorure du Musée du Louvre ont pour leur part imaginé un quadriptyque inspiré de ces deux montres en or blanc ultra-plates à répétition minutes. Après l’application de 25 couches d’apprêt et un ponçage soigneux, les dessins ont été apposés, gravés sur ces quatre panneaux en bois de chêne assemblés J. H. à clé et moulurés, dorés à la « détrempe ».

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93/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

romain levrault/SDP, sdp

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Les dieux du Japon à Venise

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Le musée met en valeur toutes les époques. Reportage

Musée de l’automobile de Mulhouse : 40 bougies et 80 lampadaires Depuis quarante ans, des milliers de visiteurs viennent de toute l’Europe pour regarder défiler la fabuleuse histoire de l’automobile dans un décor improbable. uvert au public depuis le 10 juillet 1982, le Musée national de l’automobile ­s’apprête à fêter son quarantième anniversaire. L’occa­sion de redécouvrir ce lieu extraordinaire qui attire plus de ­200 000 visiteurs par an… quand les touristes ne sont pas confinés dans leur pays ! C’est un émerveillement renouvelé que de redécouvrir ces c­ ollections qui appartiennent au patrimoine de la culture française. Avec plus de 500 véhicules conservés, le musée revendique le titre de « plus importante collection automobile au monde ». Pour dire vrai, tenter un classem*nt n’a aucun sens. Viendrait-il à quiconque l’idée de ­hiérarchiser les trésors du Louvre par rapport au Prado, au Metropolitan ou à l’Ermitage ? Est-ce le nombre de ­pièces exposées ou leur intérêt historique qui fait leur ­importance ? Pour le coup, le musée de Mulhouse réunit les deux critères. Non seulement la multitude de voitures présentées est impressionnante, mais leur diversité et leur qualité sont époustouflantes.

Le cadre où elles sont exposées l’est tout autant avec plus de 20 000 m2, occupant les bâtiments d’une ancienne ­filature de laine, magnifique exemple de l’architecture ­industrielle du XIXe siècle, construite en 1880 et classée monument historique depuis 1979. L’actuelle muséographie a été élaborée en 2006 par le studio d’archi­tecture de Jean-François Milou qui a créé une mise en scène féerique jouant sur les obscurités et les éclairages sophistiqués. une collection incroyable de 427 voitures

Ce qui frappe en parcourant les allées du musée de ­M ulhouse, c’est l’éclectisme de la sélection. Aucun ­chapitre de l’histoire de l’automobile n’est oublié, ­passant en revue toutes les époques et tous les styles r­ épartis par thèmes dans trois espaces : « aventure a­ utomobile », « course automobile » et « chefs-d’œuvre », depuis les ­ancêtres de la fin du XIXe siècle jusqu’aux monoplaces de Formule 1 modernes. Car ni la compétition de haut niveau ni la p ­ roduction de masse ne sont négligées dans ce ­panorama très complet.

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94/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Alexis TOUREAU/Musée de l’Automobile, Musée de l’Automobile

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Par Serge Bellu

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La Bugatti 251 sur la première ligne d’une grille de départ de F1.

Les visiteurs s’arrêtent forcément devant quelques-unes des voitures les plus mythiques comme les extravagantes « Royale » avec lesquelles Ettore Bugatti voulait séduire les grands de ce monde. Dépression des années 1930 oblige, il n’en fut finalement fabriqué que six exemplaires dont trois sont présents à Mulhouse ! La constitution de la collection a été, elle-même, très mouvementée. À l’origine, elle fut élaborée dans le plus grand secret par les frères, Hans et Fritz Schlumpf, deux passionnés compulsifs (voir encadré) jusqu’à ce jour de mars 1977 où les ouvriers de la filature découvrirent avec stupéfaction ce trésor inestimable et ce décor baroque : un espace immense éclairé par 80 lampadaires iden­tiques à ceux du pont Alexandre III à Paris où reposaient 427 voitures, dont 122 Bugatti, alignées sous un portrait géant de Jeanne Schlumpf, mère vénérée des deux frères. Un long conflit social s’ensuivit. Devenue Musée du peuple, la collection fut, à l’initiative du ­c omité d’entreprise et des responsables syndicaux, ­accessible au p ­ ublic ! Il était temps de mettre fin aux ­dérives. En 1981, l’Association du musée national de l’automobile qui r­ egroupait la ville de Mulhouse, le ­département, la r­ égion, la chambre de commerce et ­d’industrie, l’ACF, le comité du Salon de l’automobile et la société Panhard r­ achetèrent la collection pour 44 millions de francs. Un an plus tard, le musée était ­enfin ouvert en bonne et due forme à tous.

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GROS PLAN SUR LES SCHLUMPF

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es frères Hans (1904-1989) et Fritz Schlumpf (19061992) ont fait fortune dans l’industrie textile. En 1935, ils ont fondé leur première société, la Sail. En 1957, ils ont acheté le bâtiment qui abrite aujourd’hui le musée et très vite, les deux hommes se sont mis à accumuler, en secret, un nombre impressionnant de véhicules pour la plupart rarissimes, mais sans se soucier vraiment de leur état et de leur restauration. En mai 1966, la formidable collection fut inaugurée très discrètement en présence de quelques privilégiés triés sur le volet. Sept ans plus tard, les industriels ont fermé

BUGATTI 101 : UNE EXPOSITION RARE

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e type 101 n’est pas le plus connu des modèles Bugatti. C’est la toute dernière voiture de grand tourisme produite à Molsheim, en Alsace (avant la résurrection de la marque par le groupe Volkswagen en 1998), et elle est surtout considérée comme le dernier maillon, quelque peu dégénéré, de la superbe lignée des 57. La Bugatti 101 est née en 1951, quatre ans après la disparition du patron, Ettore Bugatti.

17, rue de la Mertzau, 68100 Mulhouse (03.89.33.23.23 ; Musée-automobile.fr). Réservation sur internet ou au guichet. Ouvert tous les jours de 10 h à 18 h. Tarif : 18 €.

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95/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022 Demain

leur usine pour se consacrer exclusivement à leur dévorante passion et ce, au grand dam des ouvriers et des syndicats. Après la découverte du pot aux roses, ce fut la débâcle pour les frères Schlumpf. En 1978, le Conseil d’État décréta le classem*nt de 285 véhicules au titre de Monuments historiques pour éviter qu’ils ne quittent le territoire. Quant aux frères Schlumpf, ils trouvèrent refuge en Suisse.

Chère et archaïque sur le plan mécanique, la 101 connut un cuisant échec et précipita la société vers la faillite après avoir été produite en seulement sept exemplaires. Tous sont visibles à Mulhouse jusqu’au 15 septembre à titre exceptionnel : la berline qui servit de prototype, deux cabriolets et un coupé réalisés par le carrossier Gangloff, un coupé carrossé par Antem, un autre par Guilloré et enfin la plus surprenante de toutes, un spider dont le châssis ne fut habillé qu’en 1965 dans un style néoclassique époustouflant par le carrossier italien Ghia d’après un dessin fulgurant de Virgil Exner.

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G a s t r o n o m i e

Le Croc’notes de laurence haloche

r jeune Le dé che de… man du di

…Simone Zanoni

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Elles sont devenues précieuses ces auberges urbaines où l’on se sent comme à la maison, accueilli et bien nourri.

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e premier contact en dit long. Ici, les réservations se font par téléphone, pas sur un site impersonnel : on se parle, on échange tout de suite. Un couvert pour une personne ? Pas de problème. L’accueil est chaleureux, sans façon, l’ambiance décontractée. « Je vous ai mise à la table d’amis, à côté des pommes d’Émilie­ ­– Chigot, maraîchère à Poilly-lezGien. Elle fait aussi des légumes extra », prévient Chantal, la sympathique ­maîtresse des lieux dont le dynamisme bim, bam, boum anime la salle. Au choix, un salon d’hôtes contemporain, deux autres plus intimistes et une ­longue pièce où court une banquette en bois dont la rigueur de banc d’église est adoucie par des coussins. Ap r è s d o u z e a n s d ’ e x i s t e n c e, l’adresse a ses habitués, fidèles du quartier, designers, architectes, galeristes… Rien de mieux que le boucheà-oreille. Le couple n’a pas d’attachée de presse, ne court pas après les ­influenceurs. Ils travaillent encore à l’ancienne, en puristes, en aubergistes qui vous reçoivent comme chez eux. Un état d’esprit qui se retrouve dans l’assiette. Claude Colliot n’impose pas de menu, sa carte évolue en fonction du marché, des caprices de la météo qui s’enfièvre. En entrée, la salade de

poulpe et chou rouge, cassis et citron vert s’affirme sans mollir grâce à un assaisonnement franc qui préserve une douce acidité. En plat, l’omelette printanière au vieux parmesan, ­baveuse à souhait, et sa purée de charlotte ne laissent pas sur sa faim. L’entrecôte de bœuf irlandais Hereford maturée, cuite saignante, fond sous sa fine croûte parfumée au sarrasin grillé. chocolat, olive, pistache

Le chef (Le Bamboche, L’Orénoc) ne met pas son ego sur la table, mais propose une cuisine bistronomique créative inspirée par les produits qu’il ­sélectionne en Sologne, sur les bords de Loire : aromatiques de leur potager, laitages de la ferme des Gâtines rouges, viandes de Jean Denaux à Sens… Tout fait envie. La larme de chocolat, olive noire et pistache caramélisée ou les fraises au vinaigre, sorbet fruits rouges et litchi ont la gourmandise des desserts qui se mangent même lorsque l’on affirme être rassasié. Un goût de reviens-y… Chez Chantal et Claude, on a vite fait de rejoindre le cercle des amis qui, croisons les doigts, pourront rapidement déjeuner ou dîner en terrasse. Restaurant Claude Colliot, 40, rue des BlancsManteaux, Paris 4e (01.42.71.55.45). Carte : environ 70 €. Fermé dimanche et lundi.

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96/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

* Michel Lafon, 192 p., 18,95 €. Arnaud Robin / Figaro magazine, Aurore Nguyen/SDP

Claude Colliot, à Paris

ébulon » est le mot qui vient à l’esprit en le voyant, au George V virevolter, tout sourire, d’un buffet à un groupe d’invités, pour présenter son livre Pasta, pasta, pasta *, réalisé avec Marmiton. Débit rapide, passionné, Simone Zanoni parle des astuces, et recettes qui vont vous aider à confectionner vos pâtes et à les cuisiner au mieux. Dire que le chef du George est sur tous les fronts n’a rien d’une formule. Mi-juin, il inaugurera à Versailles, une table d’hôtes (sur réservation) dans le potager du palace parisien. « On a aussi lancé le compostage des déchets alimentaires et organiques, c’est très important ! » Comme l’est le déjeuner du dimanche en famille. « Le programme ? On va avec les enfants au marché de Versailles. Là, chacun dit ce qu’il a envie de manger : les dernières asperges, les premières tomates du sud de l’Italie… Puis, on cuisine ensemble risotto, pasta, barbecue… Même en hiver, j’aime le poisson grillé, servi avec une vinaigrette à la tomate, c’est parfait ! Puis, on est tous fans de fromage. Comté, gorgonzola, chèvres… Il en faut pour tous les goûts. En dessert, c’est éclairs, glaces de chez San Luis Le Glacier, ou tarte maison. Essayez le fraisier crème de mascarpone et biscuit coco, c’est hyper léger ! » Ne reste que les amis à inviter. Partager, un autre mot qui lui va bien. L. H.

VOUS RÉVÈLE LES DESSOUS DE LA CULTURE

CHARLES DE FOUCAULD, UNE VOIX DANS LE DÉSERT Orphelin impétueux, militaire indiscipliné, aventurier au Maroc, ermite en plein désert sud-saharien : un seul nom plane sur tant de vies. Celui d’un jeune aristocrate renvoyé des hussards pour le scandale de ses conquêtes féminines, foudroyé par la grâce au point de devenir moine, puis ermite parmi les Touaregs, avant de finir assassiné en 1916 par des islamistes. A l’occasion de la canonisation de Charles de Foucauld, Le Figaro Hors-Série retrace son incroyable itinéraire, du Maghreb à NotreDame-des-Neiges, de Nazareth à Tamanrasset, et tente d’éclairer le mystère de sa vie : comment entendait-il faire connaître l’Evangile aux musulmans ? Quel regard portaitil sur la colonisation ? Que signifiait son désir d’être « le frère universel » ? Nourri par l’abondance de son œuvre et de sa correspondance (15 000 pages !), ce numéro aux sublimes illustrations rend hommage au géographe, au linguiste, à l’explorateur célébré par un camarade pour sa « rage de comprendre », et à l’homme de Dieu si épris de l’amour du Christ qu’il en est devenu un saint. Le Figaro Hors-Série, Charles de Foucauld, une voix dans le désert, 160 pages, 12,90 €.

12

€ Actuellement disponible ,90 chez votre marchand de journaux et sur www.figarostore.fr/hors-serie

Version digitale disponible également à

6,99€

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escapade arty

Lille3000, le nord réenchanté Cap sur « Utopia », la 6e édition thématique rêveuse, mystique et voyageuse, qui convie les artistes autour de la nature jusqu’au 2 octobre dans la capitale européenne de la culture. R APP OUV

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e voyage commence tout de suite. Dès l’arrivée en gare de Lille-Flandres, il suffit de lever les yeux pour découvrir l’immense Valkyrie, créature molle blanche et argentée, imaginée par Joana Vasconcelos pour Lille3000 dans le ­cadre d’« Utopia », sa 6e édition thématique ancrée dans le merveilleux. Seule femme qui a eu les honneurs du château de Versailles en 2012, l’artiste portugaise crée ainsi un nuage doux en franges et pompons qui est tout à son aise au bout des quais sous la structure de métal, de verre et de brique. Le ton est donné : quel que soit le réel, les artistes ont cette faculté de le métamorphoser, voire de le ­transcender. F ­ onceuse adepte des arts martiaux, Joana Vasconcelos ­détourne allègrement les codes féminins et les ouvrages r­ éservés aux femmes de son pays en des œuvres énormes, ingénieuses et drôles. Elle déploie son art ironique dans l’ancienne filature qu’est la maison Folie Wazemmes avec une autre Valkyrie multicolore qui ­envahit une chambre mauve et fait de cet endroit modeste un lieu enchanté où le crochet devient un acte de résistance. Son Jardin d’Éden, montré par Swatch en 2015 à la 56e Biennale de Venise, est littéralement merveilleux. Il a l’humour salvateur d’Annette Messager qui fait « Comme si » au LaM de Villeneuve-d’Ascq.

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Par Valérie Duponchelle

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En 2019, la Fondation Cartier avait frappé les esprits avec « Nous les arbres », exposition manifeste en résonance avec la « révolution végétale ». Sous le beau titre « Les Vivants », elle fait la somme de vingt ans d’art et invite, avec l’anthropologue Bruce Albert, « par le regard et l’écoute, à considérer les non-humains comme nos égaux au sein d’un vaste monde commun, celui des vivants ». Des Indiens ­yanomamis au bioacousticien américain Bernie Krause, de l’artiste chinois du dessin à la poudre Cai Guo-Qiang au plasticien français ­Fabrice Hyber, du magicien de l’art Tony Oursler au ­cinéaste arménien Artavazd Pelechian, voici d’autres ­visions de notre monde, souvent intensément poétiques (au Tripostal). Le fil de la nature mystique se poursuit grâce à Fabrice Bousteau à l’Hospice Comtesse avec « Le Serpent cosmique » qui puise idées et révélations dans le ­livre de l’anthropologue Jeremy Narby (1995). Plus inquiet, le « Novacène » orchestré par Alice Audouin et Jean-Max Colard à la gare Saint-Sauveur, piste les indices du monde d’après, celui qui devrait succéder à ­l’anthropocène, c’est-à-dire nous. Utopia.lille3000.com ; Lilletourisme.com (pour organiser votre séjour).

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98/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

© Maxime Dufour photographies

visions poétiques

Rue Faidherbe, c’est tout un petit peuple vert et enfantin hissé sur des socles, comme des guetteurs d’une autre planète, qui vous accompagne jusqu’à l’Opéra de Lille (Le Songe d’une nuit d’été, de Benjamin Britten, dans une mise en scène magique de Laurent Pelly). Ce sont les Moss ­People du sculpteur Kim Simonsson, versions géantes des figurines en céramique assemblées en famille dans l’ancienne brasserie qu’est la maison Folie Moulins. Ce vert de mousse si particulier est obtenu par le procédé de « nylon flocking » et l’électricité statique qui hérisse le tissu de ­fibres, un peu comme la chair de poule. L’artiste finlandais est parti de la langue des signes qu’emploie son fils trisomique et attribue un signe, un mot, « lumière », « se souvenir », « se rassembler », « se soigner », à chaque figurine qui « regarde sans voir ». « Mon utopie ? Les Moss People viendraient de la forêt finlandaise à Lille. Ils ne parlent pas. Ils chantent seulement, le matin au réveil et le soir, avant le sommeil », nous dit l’artiste au grand-père forgeron. Cette idée du beau qui sauve le monde anime l’exposition « La Forêt magique » au Palais des beaux-arts. De la Rotonde ­savante consacrée au botaniste Francis Hallé à la sculpture en bois recyclé qui sort du mur de l’artiste brésilien Henrique Oliveira, d’Apollon et Daphné de Gustave ­Moreau aux Lavandières de la nuit du symboliste breton Yan’Dargent, la forêt se réinvente sous vos yeux.

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La culture de la liberté depuis 1826

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Placements

Épargne salariale : Les Français vont toucher Le jackpot Les salariés qui disposent de ces placements, abondés chaque année par les entreprises, vont toucher 30 % de plus qu’en 2021. Du jamais-vu. La raison ? Des bénéfices record pour beaucoup de sociétés l’an dernier.

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es 11 millions de Français qui disposent d’un compte d’épargne salariale – plan d’épargne entreprise (PEE) ou PER collectif (Perco) – vont avoir une bonne surprise dans quelques jours. Ils vont toucher plus d’argent au titre de l’intéressem*nt et de la participation, selon Epsens, un distributeur spécialisé. « Les montants versés ont bondi de près de 30 % cette année », estime Catherine Pays-Lenique, directrice générale d’Epsens. La partici-

pation est calculée en fonction des résultats de ­l’entreprise l’année passée, l’intéressem*nt en vertu de la performance des salariés. Celle-ci peut être prise en compte de différentes façons. Or, l’an dernier, dans un contexte de rebond post-Covid, la croissance s’est ­envolée de près de 7 %, et bon nombre d’entreprises ont affiché des résultats record. L’épargne salariale en ­profite désormais largement. « On voit passer des enveloppes très importantes, et parfois jamais vues », confirme Marie-Noëlle Auclair, directrice du Cube chez Eres Group, autre spécialiste de l’épargne salariale. Ces versem*nts généreux font plus que compenser la ­diminution de ces enveloppes en 2021, liée au choc du Covid. Les montants reversés avaient baissé (– 14 % pour la participation, – 11 % pour l’intéressem*nt selon ­Epsens). Certaines entreprises n’avaient rien pu verser. Lorsqu’ils reçoivent cet argent, les salariés ont la ­possibilité de le virer sur leur compte bancaire – les ­sommes sont dès lors fiscalisées – ou de le placer sur leur PEE ou Perco. Aujourd’hui, 60 % des salariés font ce choix, selon Eres Group. Avec le regain d’inflation, ces Français pourraient être encore plus nombreux. « En ce moment, on observe davantage d’épargne », constate MarieJorge Carasso Noëlle Auclair.

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Les Frais de l’assurance-vie désormais à portée de clics

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es épargnants vont enfin y voir plus clair dans les frais qui leur sont facturés. À compter du 1er juin, ils auront accès en quelques clics à ce que leur coûte vraiment la gestion de leur contrat d’assurance-vie ou de leur plan d’épargne retraite (PER). Les producteurs et distributeurs de ces placements devront afficher sur leur site internet, un récapitulatif avec le détail des frais par type de support (fonds euros, unités de compte) et leur coût total. « C’est vraiment un progrès », fait valoir Gilles Belloir, directeur général du courtier en ligne Placement-direct.fr. Les tarifs vont être présentés de manière intelligible et cohérente, ce qui facilitera la comparaison entre les produits. »

Jusqu’à présent, les grilles tarifaires des assureurs n’étaient pas standardisées. Qui plus est, elles étaient souvent uniquement présentées au moment de la signature. Trop tard pour que l’épargnant puisse vraiment faire jouer la concurrence. En affichant ces frais plus tôt dans le processus de souscription, l’objectif est de davantage stimuler la concurrence, et in fine faire baisser les prix. Pas question en revanche de plafonner ces ponctions, comme c’est le cas pour le plan d’épargne en action (PEA) depuis 2020. La multiplication des frais coûte cher aux épargnants. En moyenne, les particuliers déboursent 2 à 3 % par an en coûts divers et variés (frais sur versem*nt, arbitrage, gestion…).

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100/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Ce coup de projecteur sur les frais ne se limite pas aux seuls nouveaux clients. Les épargnants, qui ont déjà ces produits en portefeuille, disposeront également de ces informations dans leur relevé d’information annuel. Cette mesure, s’inspire du rapport du Comité consultatif du secteur financier (CCSF) publié cet été. Il ne concernait au départ que les nouveaux PER. Près de 3 millions de Français ont souscrit ce produit depuis 2019 selon France Assureurs. En élargissant la réforme au frais d’assurance-vie, la mesure touche plus d’épargnants. Les encours du placement préféré des Français se montent aujourd’hui à près de 1800 milliards d’euros. J. C.

ADOBE STOCKADOBE STOCK

À compter du 1er juin, les coûts de gestion des contrats d’assurance-vie et des plans d’épargne retraite (PER) seront accessibles facilement, et donc plus aisément comparables.

UN ÉVÉNEMENT DIGITAL EN DIRECT

RENDEZ-VOUS SUR LEFIGARO.FR LE 27 JUIN BIG BANG DE LA RÉVOLUTION AUTOMOBILE

Sans volant, ni pédales… Comment vivrons-nous dans la voiture électrique du futur ?

LE 28 JUIN BIG BANG DU MÉTAVERS

Faut-il avoir peur du monde virtuel que les géants de la tech nous promettent ?

LE 29 JUIN BIG BANG DE L’ALIMENTATION DU FUTUR Comment nourrir dix milliards d’humains en 2050 ?

Plus d’informations sur : www.lefigaro.fr/bigbangeco

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Spécial Vin

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Arnaud Robin / Figaro magazine

Dans les vignes du soleil

De la Provence à la Corse, à la découverte des plus beaux domaines méridionaux. Dossier réalisé par Stéphane Reynaud avec Alicia Dorey, Isabelle Spaak (textes) et Valérie Faust (dégustation)

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103/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Le domaine de la Commanderie de Peyrassol.

Spécial Vin

Sur les chemins secrets des vignobles provençaux Des personnages, des terroirs, des âmes... D’Aix-en-Provence à Saint-Tropez, bienvenue au cœur des plus belles propriétés viticoles. Par Isabelle Spaak (texte) et Arnaud Robin pour Le Figaro Magazine (photos)

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104/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

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epuis la terrasse du château ­Simone, Jean-François Rougier embrasse le paysage. D’un grand geste, le représentant de la septième génération de Rougier installée ­depuis 1830 sur cet ancien domaine viticole des Grands Carmes d’Aix au XVIe, balaye la riante vallée de l’Arc étendue à nos pieds. En débutant par Aix-en-Provence, situé à 4 kilomètres côté est, le bras du propriétaire vigneron termine lentement sa course vers l’ouest, pour s’arrêter sur la Sainte-Victoire qui domine tout. L’étendue verdoyante est coupée d’un trait de hache par l’A8. Vus de loin, camions et voitures ressemblent à des Dinky Toys. Partout, des constructions plus ou moins ­heureuses. La maison contemporaine accrochée en face sur un promontoire ? « Celle d’un gagnant du loto », assure JeanFrançois Rougier, désolé par cette excroissance architec­turale tape-à-l’œil qui dénature la vue qu’il connaît depuis toujours. Si ce n’était que ça. Plus proche encore, juste de l’autre côté de l’Arc, qui délimite la propriété de 120 hec­tares, dont 28 de vignes dévalant plein nord devant du ­château Simone sur un cirque d’éboulis calcaires protégé des vents, une barre de logements a surgi de terre. Un magasin Lidl a remplacé le vieux moulin provençal et son antique roue de bois. « La ­vallée était une merveille », se désespère-t-il. L’homme tempête sur les choix politiques de la commune du Tholonet et leurs conséquences sur le panorama. Évidemment. L’urbanisation galope depuis la métropole aixoise. Mais que l’on se rassure. Pour l’heure, à Meyreuil, où se trouve le château ­Simone, le cadre est préservé. S’y aventurer revient à prendre la tangente. Quitter la D7 à hauteur de Palette. Enjamber la rivière par un adorable pont en arche. Parcourir le temps à rebours par une route en lacet qui grimpe jusqu’à 250 mètres sur les collines du Montaiguet. Déboucher, entre les pins, sur le décor d’un conte de fées. Avec ses deux tourelles pointues qui flanquent la maison et ses toits en ardoise, la bâtisse est une curiosité en soi. « Si vous demandez à un enfant :“S’il te plaît, dessine-moi le château de la Belle au bois dormant ! ”,il vous dessinera Château ­Simone », plaisante Jean-François Rougier. Oui, indéniablement. D’ailleurs, la construction est si atypique en ___u

Château Simone.

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105/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Jean-François Rougier dans le chai du château Simone.

Spécial Vin

Jacqueline GuichotBertin, ancienne pharmacienne devenue vigneronne.

Provence qu’elle orne les étiquettes des trois couleurs produites par la propriété. Rouges chauds et corsés au beau ­rubis profond. Rosés nerveux élaborés par assemblage et qui se conservent longtemps en bouteilles. Issus à 80 % de grenache, mourvèdre et cinsault, complétés par une dizaine d’autres cépages (syrah, manosquin, castets, carignan, ­cabernet sauvignon, muscat noir), rouges et rosés reflètent la diversité et l’ancienneté de l’encépagement d’une propriété qui demeure dominée à 50 % par les blancs. Des blancs mondialement célèbres. Pour leur fraîcheur à nulle autre pareille. Robe jaune paille à reflets verts et longueur en bouche dans leur jeunesse. Vieil or et bouquet puissant au fil des ans. La prédominance des blancs à Château Simone ? Un signe distinctif d’une marque en elle-même atypique dans l’univers des vignobles provençaux. « Nous sommes des nordistes, nous faisons des vins d’altitude par rapport à nos confrères sudistes. » Revenons aux ancêtres, à leur empreinte. À ces moines des Carmes du XVIe qui quittaient tous les jours à pied leur ­couvent du cours Mirabeau, au centre-ville, pour s’occuper des vignobles et de leurs oliviers, Château Simone doit ses extraordinaires caves voûtées creusées dans le roc. À Albert Rougier, l’arrière-grand-père de Jean-François, la bastide provençale d’origine doit son apparence « conte de fées ». Né en 1851, Albert Rougier, entrepreneur dans les chemins de fer miniers en Pyrénées-Orientales, n’est pas à une excentricité près. Par-dessus la cave des moines, il en édifie une nouvelle dans le plus pur style pyrénéen. « Le chalet » comme l’ont baptisé ses descendants. Dans ce chalet aux balcons de bois, la clientèle est reçue sommairement dans l’ancienne cuisine moniale. Une pièce voûtée minuscule conservée dans son jus à l’image de toute la propriété. Les férus d’œnotourisme et de dégustation au caveau y bénéficient de l’accueil minimal. « La publicité nous n’en avons pas besoin. Les ­commandes dépassent notre offre. C’est compliqué. Nous ­habitons sur place, c’est notre maison. Nous, ce qu’on veut,

c’est respecter la propriété et garder son âme. Je me refuse à faire déguster nos vins à un client qui descend de sa voiture, avec le chien sur la banquette arrière, le môme qui crie, l’épouse fatiguée. Nous faisons des vins de gastronomie, il faut du temps. » Château Simone, un monde en soi. « Une institution mondiale », martèle le propriétaire. Vincent Auriol était déjà amateur. Winston Churchill, un ami de la maison, venait s’y ravitailler en personne. Nombreuses agapes internationales au sommet ont été arrosées de Château Simone. En ­témoigne la collection de menus précieusem*nt conservée sous ­vitrine au premier étage, à l’abri des curieux : Château ­Simone sur le paquebot France. Servi à Silvio Berlusconi par François Mitterrand en 1994. Aux chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne réunis à Nice par le président de la République Jacques Chirac en 2001. Idem au sommet de l’Union européenne tenu par Nicolas Sarkozy en 2008. “Le salut vient des femmes”

Mort à 103 ans, 3 mois et 3 jours, Albert Rougier est une institution comme son vin. Pour valoriser sa production, il fait le choix précurseur de la mise en bouteille au château à partir de 1890, replante les vignes après le phylloxéra. Le succès est là. C’était sans compter le krach de 1929 suivi des grèves de 1933. Albert Rougier fait faillite. La propriété est mise aux enchères. « Le salut vient des femmes », explique ­l’arrière-petit-fils. Car dans l’histoire des Rougier survient la ravissante Wilhelmine Müller. Riche héritière norvégienne, Wilhelmine a été engagée comme jeune fille au pair pour s’occuper des enfants de Jean Rougier, le fils d’Albert, qui vient de perdre sa femme. Émue par la déroute des ­Rougier, elle propose à Jean de faire intervenir sa famille. « D’où la réputation de Château Simone en Norvège », ­explique Jean-François. Jean Rougier reprend les choses en main. Wilhelmine et lui se marient, embellissent, rénovent. En 1936, Château Simone est classé en Côte de Provence

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106/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

“Le Sud, ça fait envie. Je me suis dit que si je trouvais un endroit magique, je me lançais” avant de devenir le joyau de la micro-appellation Palette en 1948. Mais pour Jean-François Rougier, peu importe ces subtilités de classification, « nous sommes Château Simone, tout simplement ». Un domaine qu’il n’hésite pas à ­comparer à Château d’Yquem. D’ailleurs, son père, René Rougier, 93 ans, croisé dans les vignes ce matin au volant de son quad, est aussi un ami d’Aubert de Villaine. ChâteauSimone-Yquem-La-Romanée-Conti… Dans l’esprit de Jean-François Rougier, rien n’est impossible. Ses parents n’étaient-ils par les sosies de Jean Marais et Grace Kelly ? L’histoire du domaine certifié bio depuis 2021, mais cultivé sans désherbant ni engrais chimiques depuis la nuit des temps, raconte la paix des vignes en gobelet à l’ancienne, la protection des arbres centenaires en couronne autour de la fontaine de pierre et son double escalier, œuvre du sculpteur marseillais Jules Cantini. Les terres minérales de Château Simone ne présagent pas encore du sol carmin omniprésent que nous rencontrerons plus tard autour de Puyloubier. « La légende veut, raconte le conteur Jean-François ­Rougier, que la terre y soit gorgée du sang des morts après la victoire des légions romaines de Marius Caius contre les ­Teutons. » Nous y reviendrons à cette bataille. En attendant, cap sur la Sainte-Victoire par la route de Cézanne. “La terre, ça me parle”

À portée de vue du pic des Mouches (1 011 m), point culminant de la montagne, le domaine de Saint-Ser (440 m) est une pépite. Le plus haut vignoble de l’AOC Côte de ­Provence Sainte-Victoire. Productrice à 70 % de rosé, la propriété est directement lovée au flanc de la pierre comme si elle s’y était accrochée pour y puiser sa force. « Minéralité, ­ensoleillement sud. Nous sommes directement sur le caillou. Le terroir est extrêmement pauvre. On broie les sarments pour nourrir la terre », raconte Jacqueline Guichot-Bertin. Autrefois pharmacienne dans le 10e arrondissem*nt de Paris, profession qu’elle adorait, « un vrai métier social auprès des ­populations en difficulté », Jacqueline Guichot-Bertin commence à se poser des questions quand elle réalise ne plus donner assez « humainement parlant ». Quand elle se sépare de sa pharmacie en 2004, Jacqueline a 60 ans. « Je ne savais pas ce que j’allais faire, mais je ne me voyais pas ne rien faire. J’ai été élevée en Bretagne, j’ai des racines agricoles. La terre, ça me parle. » Ajoutées à cela, les six années de botanique en pharmacie, « se lancer dans le vin n’était pas une idée incongrue ». Reste à trouver un lieu. Et de préférence qui plaise à tout le monde, enfants et petit*-enfants. « Le Sud, ça fait ­envie. Je me suis dit que si je trouvais un endroit magique, je me lançais. » La quête sera longue. Emplacements merveilleux avec de mauvais vignobles, d’autres moches mais avec du potentiel viticole, d’autres encore à portée d’autoroute. Au domaine Saint-Ser, le calme est un corollaire de la pierre. Mais la pharmacienne retraitée concède avoir un peu hésité avant de s’installer là. Non pour la solitude, mais pour cette roche omniprésente. Sa première visite se déroule en hiver. Pas une plante pour égayer, et un mur qui rajoute à l’oppression. Difficile à imaginer tant, ce matin, le cadre est enchanteur avec son verdoyant jardin de cépages proposant un parcours découverte entre 19 variétés de vignes et 13 sortes

d’oliviers. Depuis 2012 en biodynamie (labellisé en 2017), le vignoble de 47 hectares sur les 80 du domaine réconcilie l’âme, le corps et la terre. Ici, les rosés (70 %) sont en tête, la cuverie en inox, les tisanes de prêle, le froid maîtrisé et les barriques en bois font bon ménage avec œufs et amphores en terre cuite ou en grès. « J’ai retrouvé le sens de l’équilibre pas forcé des choses », reconnaît la pharmacienne. Petite ­curiosité parmi la sélection fruitée de ses rosés, une parcelle de grenache située au plus près de la chapelle Saint-Ser, ­accrochée là-haut à mi-montagne sur son flanc sud, est vinifiée à part en hommage au saint martyr du Ve siècle connu sous le nom de Servitus Dei (le serviteur de Dieu). Réputé pour soigner la surdité, l’ermite recevait tant de pèlerins qu’Euric, le roi des Wisigoths, en pris ombrage. Saint-Ser eut les oreilles tranchées avant d’être décapité. La moindre des choses pour une pharmacienne en communion avec les ­esprits de la montagne était de lui rendre hommage. Jacqueline Guichot lui a donc dédié sa cuvée de l’Ermite. Un jus ­spirituel porté par une fraîcheur revigorante aux arômes de pêche et fraise des bois. Passé la bourgade de Puyloubier, direction plein sud vers Trets (prononcer « tress », à la provençale) pour une halte à Château Coussin. Ici, on s’est battu. Souvenons-nous de la légende rapportée par Jean-François Rougier (Château Simone) à propos de la terre rouge gorgée du sang des Teutons défaits par les légions de Marius. Nous y sommes. Ici, en l’an 102 av. J.-C., s’est déroulé la bataille d’Aix (Aquæ Sextiæ). Selon Plutarque, plus de 100 000 Teutons, Cimbres et Ambrons furent écrasés par les Romains sur leur route vers l’Italie. Selon Plutarque également, « les p­ ropriétaires de vignobles utilisèrent les os des Barbares pour enclore leurs vignes », raconte Sophie Sumeire-Denante. Grimpée sur une passerelle en suspension au-dessus des ­gigantesques cuves de la propriété productrice à 90 % de rosé, soit 1,5 million de bouteilles annuelles pour les 300 hectares des trois domaines familiaux : Château ­Coussin (150 ha), l’Afrique (vers Cuers) et Maupague, elle fait corps avec l’étendue. Chaque colline, chaque bosquet, imprégné du souvenir de « l’événement historique majeur » qui se déroula à l’endroit exact où nous nous trouvons. ­Dissimulé derrière la barre du Cengle, plateau géologique ovale de 12 kilomètres de long et 509 mètres de haut à l’avant-poste de la Sainte- ___u

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107/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

La famille Sumeire à Château Coussin.

Spécial Vin

“Longtemps, en Provence, on nous parlait de nos p’tit* rosés. Aujourd’hui, on a l’impression qu’ils font rêver” Victoire, Marius s’est dissimulé pour surprendre l’ennemi en ordre de marche. Maupague lui sert de quartier général avant qu’il ne fonde sur les ­Teutons sur la plaine. Surgissant de derrière les collines marquées aujourd’hui par une ­rangée de cyprès, Marcellus participe à les prendre à revers. Une parcelle à l’horizon porte le nom de « cimetière ». Sur un panneau de bois dans son bureau, Gabriel (junior) ­Sumeire, père de Sophie et d’Olivier Sumeire, copro­priétaire avec sa sœur et président de l’Association des ­vignerons de la Sainte-Victoire, a entrepris de dessiner ­l’affrontement. Forces en présence et lignes d’attaque ­tracées au marqueur de différentes couleurs. Toutes convergent vers les vignobles Coussin. « Imaginez si les Barbares avaient gagné ? C’en aurait été fini de la culture du vin en ­Provence », renchérit Sophie Sumeire-Denante. Si cette histoire antique reste aussi vivante pour les Sumeire, c’est qu’elle signe leur légitimité sur ce territoire choisi bien avant les Romains par les Grecs. « L’intérêt ici n’est pas que nos vins aient un petit goût de fruits rouges, qu’il y ait une ­adéquation entre terroir et climat, que le mistral assèche l’humidité, que les terres soient argilo-calcaires et que le temps de la vinification soit rapide. L’important est que notre philosophie de la ­vigne soit en lien avec celle des Grecs. Ils se sont arrêtés à ­Marseille car les calanques ressemblaient à la Grèce. De tout cela, nous sommes imprégnés. » Depuis 1238, les S ­ umeire sont originaires de Trets. En 1789, Laurens ­Sumeire, maire de Trets, est député aux États de Provence. En 1880, Jean Baptiste Sumeire et son grand-père avant lui ont un commerce de vin à Trets. En 1904, Gabriel Sumeire (senior) s’installe quartier de la Croix-Rouge à Marseille. Il y ­rencontre Claire, ont quatre enfants dont Élie. En 1936, ­celui-ci épouse Nelly, la fille d’un marchand de grains qui a acquis, en 1903, une très ancienne propriété agricole et viticole de la région : Château Coussin. La propriété entre dans la famille Sumeire. Dans les années 1930, féru de ­belles voitures et négociant en vins de table à Marseille pour les ­Établissem*nts Gabriel Sumeire créés par son père, Élie ­Sumeire, le grand-père de Sophie, allie le travail à sa passion. C’est au volant d’un cabriolet Ford Roaster bleu pourvu de roues jaunes qu’il effectue ses tournées auprès des marchands de vins. L’une d’elles le conduit régulièrement dans le quartier de la Belle-de-Mai chez M. Baldaccini, dont le fils, César, 8 ans, guette l’arrivée de la splendide automobile. Bien plus tard, en 1986, devenu le sculpteur célèbre, le ­hasard fait se croiser à nouveau les Sumeire et César, en 1986. Gabriel Sumeire (junior) sollicite l’artiste. Serait-il d’accord pour réaliser un compression-collage d’étiquettes des trois propriétés Sumeire ? « Je le ferai pour vous et pour la ­Provence », promet l’auteur du Pouce. L’œuvre originale imaginée pour les Sumeire donne lieu à la création d’un ­coffret destiné à emballer la cuvée César à Sumeire. Fleuron des crus Sumeire, elle se décline en blanc, rosé et rouge à partir d’une sélection parcellaire minutieuse parmi des meilleurs cépages d’au moins 30 ans d’âge pour refléter au plus près ce terroir exceptionnel. « Durant longtemps en P ­ rovence, beaucoup nous parlaient de nos “p’tit* rosés”. Aujourd’hui, nous avons l’impression qu’ils font rêver beaucoup de gens. S’il revenait sur terre, mon grand-père

n’en r­ eviendrait sans doute pas. Des mastodontes ont ­débarqué. Mais aux investisseurs en recherche de propriétés à acheter, nous avons fait savoir que nous n’étions vraiment pas intéressés », conclut Sophie Sumeire-Denante. Sa vérité est ailleurs.

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108/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022 Demain

Attentif au passé

Nous n’en avons pas encore tout à fait fini avec l’empreinte romaine. Entre la Sainte-Baume, la Loube et le mont ­Aurélien se trouve Château Lafoux. En AOC Coteaux ­Varois en Provence, sur la commune de Tourves, 166 hec­tares de forêt et de vigne (32 ha). Certaines âgées de huit ­décennies. « Les arracher ? Hors de question. Quand vous ­arrivez à 80 ans, c’est sérieux. Pas touche aux collègues de mon âge », assume le propriétaire du domaine depuis 2001, Yves Boisdron. Cadre chez « Rhône poupou » (Rhône Poulenc), le globe-trotter dans l’âme songeait à organiser sa retraite quand il proposa un marché à sa femme : soit une goélette pour entreprendre le tour du monde, soit un vignoble. « Un bateau ? s’inquiète Claudine Boisdron. Mais on ne verra ­jamais nos petit*-enfants… » Ce sera donc un domaine viticole. Et ça tombe bien. Dès l’instant où Claudine Boisdron a découvert Lafoux, elle a su que c’était là. Et nulle part ailleurs. En dépit de la bastide en ruine dévorée par un incendie et des vignobles négligés. On la comprend. ­Comment ­résister à ce cadre de vie ? Derrière la colline se trouve ___u

Yves Boisdron, propriétaire de Château Lafoux.

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L ' A BUS D ' A LCO O L E ST DA N G E R EUX P O U R L A SA N T É , À CO N S O M M E R AV EC M O D É RAT I O N .

Spécial Vin

Ventes au caveau, concerts, visites, balades dans les vignes à pied, à cheval ou à vélo, le public est bienvenu la via Aurélia, ancien axe de circulation romain entre Fréjus et Aix-en-Provence. La légende veut que les légionnaires ­méritants aient bénéficié d’une découpe des terres de part et d’autre de la voie romaine, « environ 200 à 250 hectares ­chacun avec pour but d’organiser des villas ». Ainsi fut créé Vallem Bosonis. Une exploitation agricole et viticole ­romaine où, selon la légende encore, Auguste passa une nuit. Au fil du temps et de l’histoire chahutée de la Provence, entre l’invasion des Sarrasins et les destructions révolutionnaires, dont la mise à sac du château de Valbelle à Tourves, en ­passant par les carterées de vignes offertes à l’abbaye SaintVictor à Marseille, lors de la consécration de l’église SaintEstève de Tourves en 1062, le nom change. Vallem Bosonis, Valdeborou, Boulon… Enfin, ce sera Lafoux, en l’honneur de la source qui alimente la propriété ainsi que le château de Valbelle. Et la bastide du XVIIe comme ses dépendances sont désormais sous la protection du saint Jean-Baptiste ­niché dans un mur de l’ancien fortin romain. Ici, on est attentif au passé pour mieux envisager l’avenir en trois couleurs.

Blacailloux, propriété de Bruno Chamoin (ci-dessous), dans le Parc naturel du massif de la Sainte-Baume.

Défenseur du vivant

Des classiques, telle la cuvée Auguste vieilles vignes, le haut de gamme de Château Lafoux. Un rosé (50 % cinsault et grenache), léger, frais, facile à boire. Tout le contraire de ces vins thiolés qui vous submergent d’arômes avant de vous laisser sur votre faim. Nouveauté en 2021, le vin orange issu de longues macérations de blanc dans des dames-jeannes. On le nomme La Huppe comme le petit volatil huppé provençal. Et tous les ans, le Vinicius rouge, un 100 % syrah vinifié intégralement en barrique durant dix-huit mois. Là-haut, sur la parcelle du grand chêne, un vieillard majestueux de 350 ans veille. Yves Boisdron défend qu’on touche à son arbre, « si une branche doit tomber, elle tombe ». Un leitmotiv sur toute la propriété où chaque parcelle s’inscrit telle une entité à part dans les plis de la vallée. Après une carrière « dans la chimie », Yves Boisdron s’est reconverti en un farouche défenseur du vivant. Pas de labours pour favoriser le développement des mycorhizes, ces petit* champignons qui poussent au bout des racines et favorisent l’interaction entre les nutriments. Cultivé en bio durant une dizaine d’années, le vignoble est désormais certifié en biodynamie (2021). Devant nous, 4 hectares de grenache se déroulent dans un environnement préservé. Au loin, derrière la falaise, les gorges du Verdon. Derrière nous, le massif de la Sainte-Baume. On y aperçoit le sanctuaire dominicain élevé sur la caverne où vint se retirer Marie Madeleine. Partout autour de nous, le calme, le chant des oiseaux, le bourdonnement des abeilles. Tiens ! Un chat sauvage qui détale. Au Croc de la Foux, ce sont de vielles ­clairettes et d’autres grenaches. Sur le plateau, de la syrah au rendement tranquille (25 hl/ha). Vente au caveau, concerts, visites, balades dans les vignes à pied, à cheval ou à vélo, le public est bienvenu. Du moment qu’il ne s’amuse pas à faire pétarader les moteurs à explosion sur les sentiers. Dans ce cas, Yves Boisdron emploie la ­manière forte : confiscation du véhicule. « Est-ce bien ­légal ? » s’est inquiété récemment le maire. L’occasion de se faire discrets pour rejoindre la D1. Car, pour nous, la route n’est pas finie. La Fiat 500 donne tout ce

qu’elle a sous le capot pour avaler la départementale et s’arrêter à quelques kilomètres. Pile devant le caveau flambant neuf de Blacailloux. Entre Tourves et Rougiers, une propriété familiale devenue marque. Depuis la D1, le caveau de vente est la partie visible de l’iceberg. Car l’ancienne Bastide de Blacailloux, devenue Blacailloux tout court, ne se limite pas à cet édifice aux lignes épurées. Propriété de 500 hectares dont 100 de vignes cultivées en agriculture biologique, ­Blacailloux s’est profondément transformée en quelques années pour devenir, au printemps 2022, la figure de proue d’une offre haut de gamme œnotouristique et réceptive inédite dans la région. En investisseur vorace, Bruno Chamoin a englobé plusieurs propriétés voisines pour qu’elles ne fassent plus qu’une. À la Bastide de Blacailloux (30 ha) initiale, solide bâtisse provençale et berceau de la famille, l’ex-PDG de la compagnie d’assurance Albingia, dirigée dorénavant par sa fille Valentine de Lasteyrie, a commencé par adjoindre le domaine de la Julienne (10 ha) puis, en 2019, le château La Martine (48 ha) et les Vallons de Fontfresque (12 ha). Un comportement d’entrepreneur avisé dans un marché du vin provençal en pleine expansion, porté par les vins rosés (plus 500 % en quinze ans sur les trois appellations provençales, Côte de Provence, Coteaux d’Aix-en-Provence, Coteaux Varois en Provence), qui totalisent 160 000 millions de bouteilles, dont 90 % de rosé (23,6 millions d’hectolitres ___u

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110/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

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Spécial Vin

L’offre viticole s’est considérablement améliorée grâce à la technologie, l’hygiène, la tenue parfaite des caves

Julien Vial, propriétaire de Château La Lieue, à Brignoles.

en 2019). Mais, également un rêve. « C’est le pays de mes ­ancê tres depuis 1791. J’ai toujours voulu redonner sa splendeur à Blacailloux pour le transmettre à mes trois filles. » Pour la splendeur, pari réussi. Jardin remarquable, chênes verts, pins d’Alep à perte de vue, pins parasols, genévriers, arbousiers, oliviers, l’ensemble tel un écrin autour d’une maison parti­culière (13 suites à louer) au cœur du domaine d’une beauté époustouflante, de même plusieurs petit* bastidons disséminés au gré de la propriété, piscine, rucher, rooftop plein ouest pour admirer le soleil couchant sur les vignes déroulées en contrebas dans une coupelle du paysage. Où que l’on se trouve, le tableau est inégalable sur la collection de monts : la montagne du Regagnas, Saint Probas, le mont Gros, le ­cirque de Mazaugues, les glaciers de la fin de la SainteBaume, l’oratoire de Saint-Jean-du-Puy, le mont Aurélien… « Je n’avais jamais pris conscience que c’était aussi joli », ­reconnaît Bruno Chamoin. « Julienne était un lieu sauvage avec une maison où vivaient deux dames. Enfant, je venais jouer ici en me cachant. Mon intention était de remettre les lieux en état. Les restaurer sans que personne n’oublie que nous sommes au cœur d’une exploitation viticole. » Si elle revenait sur terre, que dirait sa grand-mère de l’appétit territorial de son petit-fils ? Elle qui le rappelait à l’ordre d’un sévère « tss ! tss ! » dès qu’il s’approchait trop près des vignes pour ­s’empiffrer des grappes mûres à point ? La tension des crus d’altitude

À 50 kilomètres de Saint-Tropez et 45 d’Aix-en-Provence, calme, nature et art de vivre hors des sentiers battus ont la cote. Si l’on y ajoute l’offre viticole locale qui s’est considérablement améliorée grâce à la technologie, l’hygiène, la tenue parfaite des caves, la région s’est muée en nouvel eldorado. À Blacailloux, les cuvées rosées Saint-Probace, Joio et ­Miraia comptent pour 65 à 70 % de la production, soit 1 000 hectolitres en IGP et AOP Coteaux Varois en ­Provence. Avec une volonté de maintenir des prix ajustés pour que la population locale s’y retrouve. Des jus équilibrés entre arôme et fraîcheur. Avec toujours cette tension typique des crus d’altitude qui donne envie de se resservir. Nous sommes au cœur de la Provence calcaire. Une AOC regroupée sur 28 communes autour de Brignoles (65 caves

particulières et 11 coopératives). Elle se caractérise par de larges amplitudes thermiques dues aux reliefs géolo­giques (600 et 1 000 m). Un pays froid où le soleil est chaud, dit-on ici. Château La Lieue n’est pas loin. De l’autre côté de Brignoles. Nous y sommes accueillis par un troupeau de moutons. Un millier de dos laineux qui font ressembler la parcelle de ­cabernet sauvignon à une large vague qui oscille mollement. « Les moutons offrent un double avantage, développe Julien Vial. Ils déposent de la fumure naturelle et tondent les mau­vaises herbes. Il faut simplement les sortir très rapidement des ­vignes en cas de pluie, car leur piétinement compacte la terre. » Pour l’instant, rien à craindre. La température est frisquette le long de la voie Aurélienne, mais le soleil radieux sur les 300 hectares de Château La Lieue, parmi lesquels 75 hectares de vignoble, dont 55 autour de la bastide du XVIIe sur les coteaux les mieux exposés. L’ensemble en agriculture biologique depuis 1998. Soit deux ans avant que Julien Vial ne succède à son père, Jean-Pierre Vial. Précurseur du bio en Provence, Jean-Pierre Vial est le premier Vial de la famille à s’être installé à La Lieue dès les années 1970 avec femme et enfants pour « travailler comme un fou », se souvient son fils. Avec Julien Vial, remontons donc cinq générations en ­arrière. En débutant par son aïeule, Batilde Philomène. Le rosé gastronomique (grenache, syrah, cinsault et parfois une pointe de mourvèdre pour lui conférer un côté épicé) de la propriété lui doit son nom de baptême. Un honneur pour cette cuvée qui se distingue parmi la production de La Lieue, monopolisée en grande partie (40-45 %) par le rouge. Y compris à l’export. Le rouge n’est pas si rare pour les ­Coteaux varois plus froids et plus uniformes que les Côtes de Provence. « Une fraîcheur qui se retrouve dans nos vins », atteste Julien Vial. Mais revenons à Batilde Philomène, la vraie. Pas son avatar viticole. Née à Carcès (Var), elle déménage à Lyon lors de son mariage avec Jean-Marius Vial, qui fait commerce de la soie. En 1876, victime d’une rixe à Barcelone, « coup de couteau ou coup de fusil, les versions différent », selon son ­arrière-petit-fils, il décède subitement. Batilde liquide les affaires de son mari pour revenir au pays natal. La maison de famille est à Brignoles. Elle achète une bastide à La Lieue pour son fils, Louis Vial. ___u

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112/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

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Spécial Vin

L’entrepreneur américain Tom Bove est un démiurge reconverti dans le vignoble 100 % made in Provence Tom Bove, propriétaire du château Bellini.

À l’époque, ces maisons secondaires n’étaient pas faites pour y vivre, mais pour venir y prendre le frais. Louis y ­démarre néanmoins une petite activité agricole – céréales, fruitiers – et viticole dès la fin du XIXe. Projet repris par la suite par son fils Jean, né en 1906. Comme cela se faisait à l’époque, Jean Vial confie la propriété à un régisseur, « le granger », avec le soin de développer également une exploitation de pommiers, denrée typique du centre Var. Devenue parcelle viticole (chardonnay, merlot), La reinette existe ­toujours à l’entrée de Brignoles. Réservée aux vins de pays, elle fait partie intégrante aujourd’hui des trois sites de ­production de La Lieue. Jean Vial mène d’abord une carrière de vendeur de voitures, voyage et court les rallyes automobiles. Avant d’opérer un changement professionnel et s’investir à La Lieue où il entreprend de moderniser la cave. À une époque où la réputation des vins de Provence n’était pas flamboyante, « c’étaient des vins de coupage utilisés pour faire baisser la teneur en alcool des jus venus d’Algérie », Jean Vial choisit au contraire de ne pas « faire pisser la vigne ». Mais de planter des cépages qualitatifs provençaux, carignan, grenache, ugni blanc. La Lieue devient un outil constructif et viable. Le vignoble est modernisé, le palissage y supplée la culture en gobelet caractéris­tique de la Provence, mais plus difficile mécaniser. Il en reste ­cependant de ces vieux ceps en ronde-bosse. Tout tordus et si émouvants. Ils ont été plantés en 1936 par le grand-père. Les bonnes années (la dernière date de 2019), et malgré leur faible rendement (25 hl/ha), ces antiquités produisent une cuvée 100 % carignan rouge. Comme une ode à la terre ­chantée par Alphonse Daudet.

­bouchée de pain à la barre du tribunal – avant de les r­ emo­deler entièrement et de les revendre. Le bâti repensé, le ­vignoble restructuré, l’agriculture bio établie à chaque fois. Pour l’heure, retrouvons Tom Bove au château Bellini. Son dernier « jouet ». Depuis sa reprise en 2016, un chantier à ciel ouvert destiné à devenir un « boutique-hôtel » au milieu d’un océan de rolle, grenache blanc, sémillon replanté pied à pied. Les travaux de la maison et du vignoble sont ceux d’un titan moderne, les rochers excavés de la terre rouge par des ­« tractopelles au lieu de bulldozers », insiste l’Américain, pas si tranquille, aux origines italiennes revendiquées. Un ­personnage attachant qui vous fait faire le tour du propriétaire à grandes enjambées, heureux et enthousiaste malgré le retard pris de mois en mois. Ici, à Bellini (hommage au compositeur sicilien Vincenzo Bellini autant qu’au co*cktail phare du Harry’s Bar à Venise), aurait séjourné saint Thomas d’Aquin en 1252 durant son voyage entre l’université de Naples et Notre-Dame de Paris. Terroir de craie et d’argile où les cailloux, taille XXL, sont brisés un à un pour reconstruire les terrasses, le vignoble de 35 hectares en Coteaux Varois de Provence retrouve une nouvelle jeunesse. À l’image de son propriétaire qui, tel le ­Petit Poucet, a essaimé un peu de lui dans toute cette ­Provence verte qu’il a participé à faire renaître. Affable, amusant, sympathique et doté d’une énergie à toute épreuve, Alban Cacaret participe lui aussi depuis plus de vingt ans à la renaissance de la région. Nous voici à la Commanderie de Peyrassol, au Luc. Fondée en l’an 1000 par les moines-soldats de l’ordre des Templiers qui y établirent leurs quartiers, Peyrassol est une enclave au milieu de cette ­Provence verte qui n’intéressait quasiment personne quand Alban Cacaret s’y est installé pour surveiller les travaux ­entrepris par son oncle, Philippe Austruy. Chef d’entreprise français, ce dernier a fait fortune dans le secteur de la santé avant de découvrir la Commanderie de Peyrassol en 2001. Coup de foudre immédiat. « Mon oncle est un homme de passion. Il se trouve qu’il a investi avec succès dans des cliniques privées et des centres de soins pour personnes âgées (Medidep). Mais c’est un passionné d’art, de vin, de terre. Nous étions parisiens. Ses premières recherches pour le rachat d’un vignoble l’ont conduit dans le Bordelais. Il n’y était ___u

spécialiste des domaines décatis

Cette Provence qui est le terrain de jeu de l’entrepreneur américain Tom Bove. Un démiurge reconverti dans le vignoble 100 % made in Provence depuis 1992. Moitié gentleman, moitié requin en affaires. Chef d’entreprises en traitement des eaux usées, Tom Bove est réputé dans toute la région pour être un faiseur de roi. Depuis le début de la décennie 1990 et son coup de cœur pour Miraval, une propriété de 600 hectares qu’il a adorée, ressuscitée puis cédée à Brad Pitt et Angelina Jolie (avec le succès qu’on sait), il s’est spécialisé dans l’achat de domaines décatis – souvent acquis une

Alban Cacaret, à la Commanderie de Peyrassol.

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114/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

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Spécial Vin

La Ferme des Lices est l’unique cave particulière de Saint-Tropez. Tout est charmant ici considéré qu’en tant qu’investisseur alors qu’il était à la recherche d’un coup de cœur. “Viens en Provence, lui conseille un ami. Il y a des vignes et du soleil !” Dès qu’il est arrivé à ­Peyrassol, il a su que c’était là. La pierre, l’histoire. Le jour même de sa visite, il a rappelé la propriétaire, Françoise Rigord (dite la Dame de Peyrassol) pour lui assurer qu’il achetait. Sans même avoir discuté du prix. » Peyrassol, aujourd’hui, ce sont 1 000 hectares époustouflants. Près de 100 hectares de vignes certifiées en agriculture biologique à partir du ­millésime 2022, mais cultivées depuis toujours dans le respect de la biodiversité. Sur les 27 500 hectares des trois départements producteurs de vins de Provence (Bouches-duRhône, Var, Alpes-Maritimes – 11 communes), 32 % sont en bio ou haute valeur environnementale (HVE). Raffinement total

À Peyrassol, labour, compost, équilibre des sols et traitements ponctuels sont un corollaire de l’incroyable variété de cépages. Grenache, syrah, cinsault, cabernet sauvignon, mourvèdre, tibouren, pour les rouges. Rolle, sémillon, ugni blanc pour les blancs. Avec 1,5 million de bouteilles de rosés annuelles, Peyrassol se positionne parmi les incontour­nables. « On dit aujourd’hui, “je voudrais un Peyrassol ou un ­Minuty”. Mais nous faisons encore partie des petit* parmi les grands », philosophe Alban Cacaret. Avec lui, la propriété gigantesque de 22 kilomètres de circonférence ne se sillonne pas à bord d’un SUV ou d’un tout-terrain dernier cri. Alban Cacaret préfère sa 2 CV. Une deudeuche intrépide qui grimpe à travers bois, traverse les champs d’oliviers, atteint sans rechigner les points de vue les plus hauts. Ils sont à tomber. Peyrassol est splendide. Pour sa nature, ses vins mais aussi pour le parc à ciel ouvert de sculptures contemporaines (Folon, Lee Ufan, Daniel Buren…) parmi vignes et forêt. Toute la propriété se visite. Des dépliants cartographiés permettent de retrouver son chemin entre les deux restaurants, les œuvres d’art, l’hébergement d’un raffinement total aménagé dans une clairière. Un centre d’art dans l’ancienne cave fait dialoguer en ce moment créations contemporaines et tableaux flamands des XVe au XVIIe siècles. La conversation est percutante. Elle agit en miroir. Car Peyrassol est une terre de contraste. D’un côté, la force des lieux et l’esprit des Templiers en cotte de mailles. De l’autre, des rosés frais et festifs. Du léger, de la fête, des apéritifs de soir d’été : direction SaintTropez. En son cœur même. Route des Salins. Celles des ­plages et des maisons de vacances. À gauche, le chemin des Treilles de la Moutte grimpe jusqu’à la Ferme des Lices. Au milieu des villas cossues, un vignoble enchanté pourvu d’une cave minuscule et d’un charmant cabanon pour la vente. La Ferme des Lices est l’unique cave particulière de SaintTropez. Tout est charmant ici. Les dimensions, le paysage, les petites chaises de jardin violines assorties aux volets de la cabane tropézienne. Loin, très loin de la fournaise. Pourtant, juste à côté. Sur cette minipropriété de 8 hectares à dix minutes en voiture de la place des Lices, ils sont sept propriétaires et une fermière, Laurence Berlemont. Consultante, œnologue, agronome, avant-gardiste, la cofondatrice du Cabinet d’agronomie provençale (Brignoles) est une star de la viticulture bio en Provence. C’est elle qui murmure à l’oreille de

Laurence Berlemont, cofondatrice du Cabinet d’agronomie provençale.

tous les investisseurs (et les autres) tombés en amour pour les vignobles et la biodiversité de cette région placée sous le ­soleil exactement. Stéphane Courbit, Pierre Gattaz ou George Cloney font partie de ses clients. Sa méthode ? Écouter, faciliter, conseiller, rassurer, inventer. C’est ce qui s’est passé pour La Ferme des Lices. Petit retour en arrière. En 1996, elle est contactée par une charmante Anglaise qui cherche une propriété avec des vignes. De tout ce qu’on lui propose, rien ne lui convient. Jusqu’au jour où elle rappelle Laurence Berlemont. « Ça y est, j’ai trouvé une villa cosy et un petit bout de vigne. C’est à Saint-Tropez ! Un hectare. Vous accepteriez de les prendre en fermage ? » Évidemment, l’aventureuse est partante. Des vignes à Saint-Tropez, ça ne se ­refuse pas. Petit à petit, les voisins la contactent. « Nous aussi, on a des vignes, vous voulez bien vous en occuper ? » C’est marrant, se dit Laurence Berlemont. Elle en parle à Patrice de Colmont, personnage incontournable de la presqu’île. L’œil qui frise, le patron du Club 55 lui explique qu’elle est en train – sans le savoir – de reconstituer le vignoble de Jacques ­Angelvin. Noctambule et flambeur, approché par les caïds de la French Connection, ce pur produit Saint-Trop’ est ­arrêté en 1962 par la police new-yorkaise pour trafic de stupéfiants. Sur les huit morceaux de la propriété saisis du trafiquant, Laurence Berlemont en gère sept comme un seul ­domaine dans un esprit vin de garage. Ce sont 30 000 bouteilles par an. Une production hyperconfidentielle et en biodynamie depuis 2021. Impossible de ne pas succomber à ce blanc (100 % rolle), ses arômes frais de pamplemousse et de pêche qui se transforment en parfum de noisette et de nougat à mesure qu’il vieillit. Ce rosé (cinsault, grenache) et ce rouge (syrah et 10 % mourvèdre) cultivés face à la mer sur un terroir sec et sableux assorti aux souvenirs d’été. Puisque nous y sommes, rapprochons-nous encore de la Méditerranée. Près, très près, même. Chez Patrice de ­Colmont, justement. Depuis 1955 et le tournage d’Et Dieu créa la femme, Pampelonne ne serait pas Pampelonne sans le Club 55 dirigé par cette figure locale après son père, ­Bernard de Colmont. Ici défilent sur leur trente-et-un, en ___u mode décontracté, les rich & famous de la planète

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www.chateau-la-coste.com

L’ABUS D’ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ. À CONSOMMER AVEC MODÉRATION

Photo. Emanuele Scorcelletti

Spécial Vin

“Il nous a fallu dix minutes pour nous dire qu’on voulait faire revivre cette maison, dans ma famille depuis quatre siècles” dans ce lieu. À l’abandon quand Patrice de Colmont a eu la chance de se le voir proposer alors qu’il cherchait un ­domaine agricole pour mettre en pratique ce respect dû aux produits de la terre. Une philosophie qu’il partageait avec l’écologiste et essayiste français né en Algérie Pierre Rabhi (disparu en décembre 2021) et le capitaine du Sea Shepherd Conservation Society, l’irréductible militant antispéciste ­canadien Paul Watson. Sur ses amitiés éclectiques comme sur Antoine de Saint-Exupéry, dont il vient de racheter le château de sa mère à La Môle pour y reconstituer un modèle de vie pur XIXe sans électricité, Patrice de Colmont est intarissable. Comme il l’est tout avec autant de bienveillance à l’évocation de ses voisins directs à Ramatuelle. Minuty, Roi de Saint-Tropez

Patrice de Colmont au domaine Les Bouis, à Ramatuelle.

e­ ntière. Coton délavé et lin froissé. Pieds nus sur le sable ou en sandales sous le grand dais blanc. Il faut voir. Surtout y être vu. Pourtant, à quelques centaines de mètres de ce carré des célébrités se cache le jardin secret de Patrice de Colmont. Derrière un vieux portail rouillé, un éden : le Vallon des Bouis. Onze hectares de collines, 6 hectares de vignes, un hectare d’oliviers, 25 arrhes de maraîchage. Sur la droite, au loin, le cap Camarat et son phare. Devant, la Grande Bleue dans toute son immensité. Ici règne l’agroécologie, la douceur de vivre, Astrakan, le cheval de labour, les légumes de plein champs qui iront directement alimenter la table du Club 55. De même, les cuvées sans chimie ou sans sulfites, telles la cuvée rosée Belle Vendange. Une vraie réussite parmi les 16 000 à 17 000 annuelles produites au Vallon des Bouis. Les pesticides ont-ils un jour souillé cette ferme où le père d’un camarade de classe de Patrice de Colmont était métayer ? Rien n’est moins sûr. Au Vallon des Bouis, le temps s’est figé dans les années 1950. Les fleurs de radis blanches et les fleurs de moutarde illuminent depuis toujours les rangs de vignes, les citronniers pétaradent joyeusem*nt au plus près de la maison d’Amélie, Nicolas Drion et leurs trois enfants. Depuis 2006, le couple veille sur tout ce qui pousse

Amateur de vins de garage, La Sultanine s’offre à nous. ­Depuis 2018, Christian Chauvet et son copain d’enfance Benjamin Courtin ont investi l’ancien garage de la ferme ­familiale des Sellettes. Leur idée ? Vinifier la récolte des 4,5 hectares de vignes disséminées entre Gassin, Ramatuelle et la Croix-Valmer, dont un hectare sur place. Christian a grandi à Montpellier, Benjamin sur le plateau du Larzac. Les deux amis se retrouvaient à Ramatuelle chaque été. Puis leurs vies ont divergé. Vingt ans en Afrique pour Benjamin, qui travaillait pour la Commission européenne d’aide au ­développement. Des compétences très fines d’œnologue ­acquises au domaine La Bastide blanche à Bandol pour le second. En 2017, ils se retrouvent. « Il nous a fallu dix ­minutes pour nous dire qu’on voulait faire revivre cette maison, dans ma famille depuis quatre siècles. Mon père venait d’une des plus anciennes familles tropéziennes. Durant des années, il a été président de la cave coopérative. Faire du vin à la Sellettes était son rêve. » Aujourd’hui, la Sultanine est « une des plus belles petites caves de la Croix-Valmer ». Les volumes produits sont limités, mais il s’agit d’un vrai projet de plaisir et entre copains. Alors qu’à côté, route de la Berle, à Gassin, ­règne Minuty. Propriété familiale depuis 1936, présente à l’international dans plus de 100 pays, une des 23 propriétés parmi le cercle étroit des crus classés en Côtes de Provence. Minuty, roi de Saint-Tropez. Versant privé, une allée de platanes centenaires mène à la maison Napoléon III et sa charmante chapelle. Ici ont grandi Jean-Étienne, Marie-Aline et François Matton. Depuis le ­début des années 1990, les deux frères gèrent la propriété. Amoureuse inconditionnelle du pays de son enfance, MarieAline Donneau-Matton maintient l’harmonie et le souvenir de ce Var si vivant autrefois, même en hiver. Versant public, Minuty est un immense caveau de vente et de dégustation. Les berlines de la côte ou d’ailleurs se relaient sans discontinuer pour remplir leur coffre. Depuis Minuty 281, délicate cuvée de grenache aux arômes de fleurs blanches dans son flacon bicolore transparent et Pantone bleu, la collection des bouteilles sérigraphiées, Minuty M, en édition limitée est un must des tablées estivales. Dernière-née, celle imaginée par la tatoueuse parisienne Léa Amati. De l’aube à la nuit, toutes les couleurs de la French Riviera y sont célébrées comme un rendez-vous entre le soleil et la mer. Malheureusem*nt pour Isabelle Spaak nous, c’est le moment de rentrer à Paris. ■

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118/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

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Spécial Vin Les vignes autour de Patrimonio.

La Corse au naturel Parler de nature en évoquant l’île de Beauté relève du pléonasme, tant elle semble n’avoir jamais subi les outrages du foncier et de la chimie. Du cap au sud, une traversée en solitaire d’un vignoble en pleine métamorphose. c­ orses oblige tout étranger à déployer une armada d’astuces mnémotech­niques pour espérer en citer quelquesuns sans fourcher, seuls deux d’entre eux sont à retenir dans les contours de l’intimiste appellation : niellucciu du côté des rouges, vermentino du côté des blancs, quelques juteux grenaches, suaves malvoisies et mielleux muscats pour compléter l’ensemble. De Bastia aux colonies, l’aura de Patrimonio

L’aura du vignoble le plus septentrional de l’île ne date pas pourtant d’hier, puisque dès la fin du XIXe siècle, non seulement on écluse à grandes lampées des litres de ces vins charpentés dans les cantinas de Bastia – rustiques ancêtres de nos bars modernes d’où l’on ressortait chancelant –, mais les vins s’exportent dans les plus grandes métropoles françaises, de Marseille à Paris en passant par la capitale des Gaules, ainsi que jusqu’en Indochine, comme le souligne Jean-Laurent de Bernardi, ancien président de l’appellation, où des centaines de barriques transitent chaque année par bateau, arrivant dans les

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120/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

c­ aves du Saigon Palace Hotel pour ­certaines à moitié vides, à une époque où l’on ne pouvait avoir le pied marin sans avoir le coude léger. Une rutilante réputation qui se voit ­menacée une première fois au mitan des années 1930, lorsque des fraudeurs commencent à faire entrer sur le territoire des jus espagnols et algériens, puis par l’arrivée de colons revenus d’Afrique du Nord, qui créent dans les a­ nnées 1960 un vignoble industriel ­exclusivement destiné à faire du rendement, grâce à des aides publiques dont les vignerons corses n’ont jamais vu la couleur. Naissent alors sur le territoire des « vignobles fantômes », phénomène qui encourage une poignée de vignerons à arracher de haute lutte la création d’une AOC en 1968, d’abord à Patrimonio, puis comme une traînée de poudre dans le reste de l’île. Aujourd’hui, le secteur viticole prospère, sur un terroir dont la chance aura été d’avoir su rester une ­mosaïque de petit* domaines n ­ ’excédant pas les 12 hectares, sur une superficie qui en comptabilise à peine 470, résistant ­encore et toujours aux s­ irènes de la viti___u culture du XXe siècle.

STANISLAS FAUTRÉ

C

’est en remontant la route ­sinueuse qui relie Bastia à Saint-Florent que la beauté du cap Corse vous saisit, dans la lumière nacrée d’un brumeux matin de printemps. Non loin de cette petite enclave portuaire éteinte durant les mois d’hiver, on trouve le village de Patrimonio, connu pour son luxuriant vignoble où une quarantaine de vignerons se partagent un somptueux terroir de schistes, d’argile et de calcaire. Magistralement ­posée dans un amphithéâtre, l’appellation s’étend à flanc de coteaux jusqu’à l’orée du désert des Agriates, sur des parcelles escarpées battues à l’année par des embruns. C’est en observant l’éclat insolent de vignes n’ayant jamais connu la chimie, capables d’aller puiser dans les entrailles de la terre cette eau qui manque à leur aride quotidien, que l’on comprend pourquoi Patrimonio aura été le creuset d’une mouvance du vin naturel qui essaime aujourd’hui vers le sud jusqu’aux confins de Figari, passant langoureusem*nt par la plaine orientale et les abords d’Ajaccio. Si la diversité vertigineuse des cépages

par Alicia Dorey

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L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.

CHATEAU ROUBINE - Cru Classé 4216 Route de Draguignan • 83510 Lorgues Tel. +33 (0)4 94 85 94 94 [emailprotected] • www.chateauroubine.com

Spécial Vin

Le domaine de Jean-Baptiste Arena, à Patrimonio.

La simple évocation de leur nom force le respect, tant nul ne méconnaît la ­famille Arena, arrivée en 1580 à SaintFlorent, et dont la longue lignée de ­vignerons n’a jamais connu d’interruption. Aujourd’hui, le domaine est scindé en trois entre le père, Antoine, et ses deux fils, Jean-Baptiste et AntoineMarie. Fer de lance de l’unique appellation à pouvoir aujourd’hui se targuer de n’abriter que des domaines religieusem*nt convertis en bio, avec non moins de la moitié se revendiquant comme « natures » – à savoir n’utilisant aucun intrant chimique, à la vigne comme au chai, hormis de faibles doses de soufre. « Patrimonio sera peut-être la première appellation à pouvoir revendiquer 100 % de vins naturels, professe Jean-Baptiste Arena. Il y a là un potentiel immense, mais les choses prennent du temps. Les vignerons passés en bio qui travaillent encore en conventionnel nous voient capables de produire des vins sans chimie, et passeront un jour le cap. Chez nous, il est plus facile qu’ailleurs de produire du vin naturel. » Et pour cause : la région jouit depuis toujours d’un ­potentiel inégalé, balayée par de puissants vents marins qui la pro­tègent de la plupart des plaies hormis un soupçon d’oïdium, avec des pieds de v­ ignes enracinées dans les profondeurs de sols argileux gorgés d’eau, rendant dispensable toute forme d’irrigation ­durant des mois entiers. Un éden presque inique, qui se concrétise en cave avec des blancs presque révoltants de fraîcheur, ­marqués par une acidité saline aussi ­délicieuse qu’un baiser sur un v­ isage en

Des blancs révoltants de fraîcheur, des rouges qu’il faut savoir attendre larmes, et des rouges qu’il faut savoir ­attendre, à la trame pensée comme une ode à l’amer. En l’espace de quelques décennies, les Arena auront permis à plusieurs ­domaines voisins de se mettre au diapason du pendant « nature » de l’appellation, à l’instar de Muriel Giudicelli, ­venue à Patrimonio car elle en aimait les rouges. Ses parents ont toujours ­apprécié le vin, ses aïeux avaient une ­vigne, et le sujet a toujours eu des allures de rêve familial. Aujourd’hui à la tête de 11 hectares cultivés en biodynamie, elle se plaît à revendiquer une véritable indépendance d’esprit, empruntant aux

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Au cours des dernières années, la scène vigneronne « nature » des environs connaît une véritable émulation. Un changement de génération qui augure d’une véritable ouverture d’esprit, là ou prévalait autrefois un relatif esprit de clocher empêchant tout espoir de ­renouveau, avec notamment une relecture des cépages et des terroirs radicalement différente de celles des anciens. Parmi ces jeunes pousses, Stéphanie ­Olmeta, installée en 2006 sur un terrain familial situé dans un ancien lit de ­rivière calcaire, dont les vermentino émeuvent par leur trame cristalline, en parfaits antireflet de rouges veloutés, tanniques, que la vigneronne ___u

Muriel Giudicelli.

Stéphanie Olmeta.

122/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022 Demain

Une douce métamorphose

STANISLAS FAUTRÉ

Au commencement était Arena

anciens le bon sens paysan qui manque parfois aux modernes, tout en soulignant ses propres paradoxes. « J’ai fait toutes les erreurs possibles, et peux me vanter aujourd’hui d’être une r­ éférence en matière de ce qu’il ne faut surtout pas faire. » Il lui faudra quatre millésimes avant de réussir à donner à ses vins une identité qui lui ressemble. Aujourd’hui, ses cuvées figurent parmi les plus ­recherchées des amateurs, et l’on se ­réjouit d’apprendre qu’après plusieurs années d’hésitation, deux de ses enfants se préparent à reprendre le domaine. « C’est un métier passionnant, car il faut savoir être en quête jusqu’au dernier jour », murmure-t-elle en nous resservant un fond de vermentino. U ­ n 2021 encore jeune au nez de poire b ­ lanche, de miel et de foin frais, dont la bouche délicieusem*nt saline illustre à merveilles des pieds de vignes plongeant dans les profondeurs maritimes…

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*UNE RÉSERVE PERPÉTUELLE DE VIN ROUGE DONNE AU ROSÉ SOLERA SON GOÛT UNIQUE DE FRUITS ROUGES ET D’ÉPICES.

Spécial Vin

parvient jalousem*nt à garder en cave une année ou deux avant une mise sur le marché. Non loin, Julie et Mathieu Marfisi, cinquième génération du ­domaine du même nom, aux cuvées ­démultipliées sur un nombre infini d’assemblages et d’expérimentations. En cave et en cuve, on goûte à de subtils rosés aux ascendances rougeoyantes, à de surprenants blancs aux notes végé­tales et iodées. Plus au sud, le rock et la légende

En quittant Patrimonio, le vignoble ­nature se fait plus clairsemé, mais non moins incarné. C’est sur les terrasses ­alluviales de la Bravona, petit fleuve ­côtier coulant en Haute-Corse avant de se jeter dans la mer Tyrrhénienne, que l’on tombe sur le Clos Fornelli, conduit par la charismatique Josée Vanucci et son mari Fabrice Couloumere. Derrière sa gouaille et son look de rockeuse, jamais on ne devinerait ses a­ nnées passées chez IBM, avant un brusque désir de retour aux sources sur les terres de ses grands-parents, alors à peine plantées de quelques ceps. Nous sommes alors en 2005, et le couple se met en tête de poursuivre une lutte lancée par le père à l’orée des années 1960, afin de préserver des cépages autochtones de la région, à rebours d’une adminis­tration plutôt rétive à l’idée de voir le ­vignoble se diversifier. On y retrouve l’éternel niellucciu, mais aussi de vieilles vignes de sciaccarellu, aux côtés de genovese, sciavone, minustellu, cudivarta, cualtacciu, carcaghjolu, vintaghju et autres bianco gentile. Au chai, des barriques ceintes de graffitis aux ­allures de ­pochettes d’albums. Un sens de la ­fantaisie qui contraste avec le

Josée Vanucci

Des cuvées auxquelles rien n’est ajouté, sinon un peu de sulfites, au cas par cas s­ érieux appliqué en matière de vinification : des raisins récoltés à parfaite ­maturité, et des cuvées auxquelles rien n’est ajouté, sinon un peu de sulfites, au cas par cas. En bouteilles, des vins d’une profondeur insondable, dont ce rosé à la robe mordorée, dans lequel on reconnaît la dualité climatique d’un terroir marin rafraîchit par le frimas des cimes. Celles d’une chaîne de ­montagnes à la beauté vertigineuse, parcourue de fines routes glissant en ­lacet, qui relient le centre de l’île au sud d’Ajaccio. Car c’est ici, au cœur de la vallée du Taravo, que sont alanguies les luxuriantes parcelles du comte ­A bbatucci, pape incontesté de la ­biodynamie insulaire, dont le domaine

Jean-Charles Abbatucci à Calzola.

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124/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

STANISLAS FAUTRÉ

Mathieu et Julie Marfisi.

e s t d eve nu u n vé r i t abl e mu s é e ­ampélographique du vignoble corse, avec non moins de 18 cépages cultivés de concert. Chapeau sur la tête, paire de verres fumés cachant un regard rieur, la légende vigneronne revient en quelques mots sur un parcours ­sinueux : « Au ­départ, j’étais un mauvais vigneron conventionnel. J’avais beau mettre du désherbant, rien ne marchait. Alors j’ai tenté le bio. Après tout, pourquoi pas ? » Au fil des millésimes, il a­ cquiert un ­savoir encyclopédique sur tous les ­aspects de la viticulture biodynamique, de l’histoire à la philosophie en passant par une touche d’ésotérisme. S’il se ­définit comme un chantre de pragmatisme, il multiplie les expérimentations, dont la plus remarquable reste des ­essais de traitement à l’eau de mer. « La vigne est une plante incroyable. La chimie du ­XXe siècle aura tout fait pour qu’elle meure, et elle continue pourtant à ­produire », s’émeut-il. Dans un chai ­récemment ravagé par un ­incendie, qui donne au cadre une splendeur apocalyptique, des cuvées aux noms ­empreints d’une noblesse doucement désuète, de Ministre Impérial à ­Général de la Révolution, jusqu’à ce cru innocemment dénommé Faustine, décliné en trois couleurs, dont la ­version blanche porte l’expression marquée de notes d’anis et de fleurs blanches, d’une pureté si virginale qu’elle ferait exploser un cœur de pierre en sanglots. Avant de prendre le chemin du retour vers des contrées plus cita­dines, le comte glisse une dernière phrase, le regard porté en direction de la mer : « Les villes ont beau être des mouroirs, il sera toujours possible de faire un pas vers la nature. » ■ Alicia Dorey

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Spécial Vin

La folle histoire du Lambrusco Connu depuis l’époque des Étrusques, ce rouge pétillant naturel originaire d’Émilie-Romagne connaît une renaissance salutaire grâce à des vignerons passionnés.

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Isabelle Spaak

u lambrusco ? Mais de quoi tu me parles », répliqua un jour le directeur de la sommellerie du Bulgari Hotel Paris à un interlocuteur venu lui faire part de ses derniers coups de cœur. À l’époque de l’anecdote qu’il nous conte, Gabriele Del Carlo officiait encore au George, le restaurant étoilé d’inspiration méditerranéenne du Four Seasons Hotel George V, situé sur le trottoir d’en face du Bulgari, où il œuvre depuis l’ouverture en décembre 2021. Doublement récompensé du titre de meilleur sommelier d’Italie (2011 et 2017), le natif de Lucca (Toscane) arrivé à Paris en 2010, à 26 ans, sans parler un mot de français, avait débuté sous l’œil vigilant du sommelier Éric ­Beaumard au Cinq, l’iconique triplement étoilé du palace. Sept ans plus tard, il était nommé au George. Il y construit « la plus belle carte de vins d’Italie en France », selon ses propres mots. Avant la pandémie, 16 000 bouteilles par an sur les 600 000 servies au palace et les 4 millions en cave. Mais de là à y inclure un lambrusco ! Fût-il conditionné dans une bouteille parée d’une étiquette tissée en référence à la ville de Carpi (capitale de la maille en Italie) d’où provient ce jus produit selon la méthode respectueuse, naturelle et ancestrale par un vigneron de 82 ans, Luciano Saetti. Avec 250 couverts à déjeuner au George, Gabriele Del Carlo n’a pas le temps de prendre le temps d’expliquer à sa clientèle les subtilités de ce vin rouge pétillant, produit dans une région très délimitée d’Italie, communément nommée, la pianna Padana (la plaine du Pô). Plus exactement, entre Modène et Reggio Emilia, cœur de l’ÉmilieRomagne et, en moindre quantité dans une petite partie de la Lombardie, la région de Parme et la province de ­Mantoue. Quelque 10 000 hectares de vignobles au pied des Apennins, un paysage plat comme une planche à pain où se répondent quelques doux vallons. Le brouillard ­hivernal s’y dépose durablement, cotonnant les vignes comme les habitants. « Franchement, l’hiver il n’y a rien à y faire », se désole le Toscan. Mais justement le lambrusco est né de la froidure de ces ­hivers italiens. « Son cycle végétatif est très long, très tardif. La vigne commence à mûrir fin août ou septembre. Parfois en octobre. Et traditionnellement la récolte se déroulait à la fin du mois d’octobre, jusqu’en novembre. Le froid interrompait la première fermentation alcoolique qui repartait de plus belle en avril et mai avec les premières chaleurs créant les bulles dans la bouteille. Les bulles n’étaient pas recherchées, elles apparaissaient naturellement », explique ­Alberto Busto, cofondateur avec Claudia Galterio de Vini

Mariani, distributeur de vins italiens et, de vins naturels. Lui-même originaire des Pouilles, Alberto Busto ne tarit pas d’éloges sur le lambrusco « première tentative de ­domestication de la vigne qui existait déjà il y a plus de quatre mille ans au temps des Étrusques, bien avant les Romains. Elle poussait partout sur les cailloux et les chemins. On en a d’abord consommé le fruit avant d’en faire du vin. » Un ­cépage déjà célébré pour ses vertus thérapeutiques par Pline l’Ancien (23-79), dans son Histoire naturelle. « La ­labrusca est appelée vigne sauvage par les Grecs. Les feuilles […] deviennent couleur de sang avant de tomber […] la tige est noueuse […] Elle porte des grappes rouges comme l’écarlate dont les femmes se servent pour éclaircir leur teint et effacer les taches du visage. » Et, avant lui par Caton l’Ancien (234-149 av. J.-C) qui l’appelait « trecenaria » car elle donnait 300 amphores de vin par jugerum (un acre). Ces références, aussi antiques soient-elles, n’aident pas à faire l’article d’un rouge pétillant auprès des fins gosiers français ou internationaux, plus enclins à choisir des crus classiques pour accompagner un repas gastronomique. Même inspiré de la Méditerranée. Car notre fier lambrusco, qui mousse en sortant de la bouteille et orne joliment le verre d’un léger anneau blanc, est un vin populaire qui souffre – pour le moins – d’une réputation mitigée. Que les 70 producteurs regroupés depuis 2021 dans un consortium pour défendre la qualité de cette denominazione di origine controllata (DOC) – 46 millions de bouteilles ­vendues en 2021 – sont bien résolus à faire changer. Dans la grande tradition italienne

Boisson bas de gamme. Breuvage de pizzeria bon marché. Pas fin. Pas bon. Trop sucré. Pauvre lambrusco. Comment a-t-il pu dégringoler de sa stature étrusque pour en arriver à cette indignité ? Longtemps, il a accompagné les repas de fêtes. « Toute la famille réunie pour le 31 décembre autour du cotechino (pied de cochon farci) et d’un plat de lentilles. C’est la boisson festive, celle du bonheur d’être tous ensemble dans la grande tradition italienne », raconte Gabriele Del Carlo. Alberto Busto synthétise : « C’est vraiment la consommation entre amis versée en toute simplicité dans un verre Duralex. » Deux événements ont malmené au XXe siècle la production du lambrusco : le phylloxéra et l’arrivée de la chimie. « Après la dernière guerre, parmi les centaines de types de ce cépage qui perdurait depuis l’Antiquité, les industriels ont sélectionné les plus résistants pour produire des quantités gigantesques. Ils ont cherché les typicités les moins taniques et les moins acides pour créer un lambrusco amabile conçu pour plaire à tout le monde. Dans ___u

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126/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

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127/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

ROBERTA VALERIO

Gabriele Del Carlo, sommelier du restaurant du Bulgari Hotel Paris.

Spécial Vin

La production industrielle a durablement endommagé l’image des jolis vins

le succès du Lambrusco nouvelle génération

its de productions familiales, d’une méthode à l’ancienne, ou dite à la champenoise (double fermentation en bouteille), il en existe de tous les genres. « Tanique, frizante, spumante, sec, demi-doux, rosé, et même quelques blancs », énumère le sommelier du Bulgari qui apprécie tout particulièrement le Sottobosco de Ca’ de Noci. P ­ épite viticole issue d’une association de plusieurs variétés de c­ épages, lambrusco de montericco, grasparossa, malbo gentile et sgavetta. La sgavetta étant un type ancestral quasiment disparu réhabilité par les deux frères de Ca’ de Noci, Alberto et Giovanni, « après qu’ils ont retrouvé un ou deux pieds au milieu de nulle part dans la montagne, ils l’ont ­replanté sur leur propriété familiale en Émilie-Romagne, et ils l’ont réhabilité », explique Alberto Busco qui rêve d’ouvrir un petit restaurant italien à Paris qui ne proposerait que ces très bons lambruschi. D’ailleurs, l’intérêt est là. En un an, les chiffres de ventes de l’importateur ont doublé en France pour ces lambrusco nouvelle génération. Notamment pour ceux de Ca’ de Noci, production confidentielle issue des 5 hectares de vignes certifiées bio depuis

Le sommelier du Bulgari Hôtel a obtenu deux fois le titre de meilleur sommelier d’Italie.

1993. Gabriele Del Carlo renchérit. « Le blanc de Ca’de Noci, c’est le printemps. C’est la surprise, les fleurs. La bouteille qu’on a envie d’ouvrir là, tout de suite, et la boire comme aujourd’hui avec ce beau soleil en terrasse. C’est ­facile, c’est une jolie bulle, c’est sec. » Comme qui d ­ irait, un petit air de prosecco. Si ce n’est que la bulle du lambrusco est « évanescente donc plus compliquée », explique le roi du Bulgari qui a dû renoncer à le servir à la coupe. Car impossible de tenir la bulle très longtemps. Le flacon ouvert, elle s’évapore très vite. Ce n’est pas la moindre difficulté de ce vin. Car si le sommelier présage au lambrusco une renaissance digne de celle que connaît le prosecco ­actuellement ou le chianti avant lui, il reste encore bien des étapes à franchir. « Quoi, un lambrusco ? Ah mais non, je n’en veux pas de ton rouge à bulles », s’entend-il encore ­répondre par les Français. Il n’empêche. Pas plus tard que la semaine dernière, il a convaincu deux tables dans la même soirée de lui faire confiance. Comme on le ferait avec un bon champagne, il a accompagné leur repas de l’apéritif au dessert avec un cantina della volta. Un jus de la f­ amille Bellei, à Bomporto (Modène), le haut du panier, qui peut être servi même avec un poisson. « Dans une dégustation à ­l’aveugle, il aurait toute sa place. » De toutes les façons, même si la route est encore pavée d’a priori, comment ne pas prédire un bel avenir à ce vin issu d’une agriculture respectueuse, un nectar joyeux qui ne dépasse pas les 11°, et dont la maturation lente s’avère particulièrement résistante en ces temps de r­ échauffement climatique ? Depuis plus d’un millénaire avant J.-C, la vie du lambrusco est Isabelle Spaak ­devant lui. ■ Hôtel Bulgari, 30, avenue Georges-V, Paris 8e. Vini Mariani (Vinimariani.com).

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128/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

ROBERTA VALERIO

le monde entier, pour 3 ou 4 euros la bouteille, le lambrusco est désormais sur toutes les tables. Il y a un souci… » Production intensive, vinification en cuves inox fermées format XXL, maturation chimique, ajout de moût congelé, de sucres et de gaz, bulles artificielles… Ce vin qui coule à flots, basique, sucré, pas cher, a durablement endommagé l’image du vrai lambrusco. Celui d’une grande fraîcheur, un très joli vin, peut-être pas le plus grand d’Italie, mais qui renaît actuellement de ses cendres grâce à une bande de ­vignerons passionnés. Parmi lesquels, Luciano Saetti à Carpi avec son Rosso Viola. Une référence aujourd’hui. Un 100 % Santa Croce (une parmi la petite soixantaine de variétés qui ont subsisté) que propose désormais Gabriele Del Carlo au Bulgari. Car l’anecdote du George n’est pas restée sans suite. Ce jour-là, au fil de la dégustation d’autres vins plus prestigieux, le représentant persistait à dire « oui, mais j’ai aussi ce bon lambrusco de Carpi », se souvient Gabriele Del Carlo qui finit par rétorquer à l’impétrant : « Bon, allez, vas-y ouvre-la ta bouteille ! » Il est 11 heures du matin. Le jeune sommelier plonge ses lèvres, finit son verre, se ressert d’emblée. Le tour était joué. « Le signe déclencheur, c’est l’aspect digeste, et la facilité à boire un vin. Les plus grands sont ceux qui se boivent le plus facilement. » Avec ses bulles à peine perceptibles, son acidité, son tanin discret, sa capacité à absorber les graisses, le Rosso Viola a gagné son pari. Et, désormais, il a sa place attitrée au Bulgari. Que ce soit avec un osso bucco et de la polenta ou une joue de bœuf brasato cuite à basse température. Mais il n’est pas le seul. Car, si « le vieux » vigneron de Carpi est réputé pour sa production toute en finesse, totalement naturelle et dénuée de sulfites, d’autres excellents lambruschi sont en train de tailler leur route.

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LA PLUS BELLE VITRINE DES VINS DU MONDE

13 000 flacons de la bouteille aux formats exceptionnels des plus grands vignobles, une cave de vins et de champagnes unique au monde.

WWW.MILLESIMA.FR

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L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération. La vente d’alcool est interdite aux mineurs.

Spécial Vin

Dégustation

Notre sélection de vins d’été L’équipe de dégustation du Figaro Vin a passé en revue les plus belles cuvées de rosés, de rouges et de blancs Par Alicia Dorey et Valérie Faust

Nos vins Rosés

à l’eau-de-vie glissant sur d’enveloppants amers. Note : 91,5/100

Prix : 26 €

Château de Pibarnon 2021 Bandol

Château Minuty Rose et Or 2021 Côtes de Provence

D’un beau rose intense à reflets framboise, un vin épicé, poivré, anisé au nez, qui poursuit sa route vers une bouche corsée, fruitée, paradant avec suavité jusqu’en finale, délicieusem*nt saline.

Cristallin, il s’offre au nez avec une belle prestance, dominé par de juteux fruits mûrs, des notes de melon, de poire et de pêche que l’on retrouve en bouche. Plein, rond, une vraie gourmandise.

Note : 93/100

Prix : 26,90 € (Laroutedesvins.com)

Domaine Saint Jean Pouncia 2021 Bellet

Un nez de rose pour ce rosé confidentiel, à la fois puissant, opulent, vineux, qui s’avère complexe avec, à l’unisson, des épices, du corps, une belle matière et une finale très fraîche. Note : 93/100

Prix : 19 € (Boutique.vins-bellet.fr)

Domaine du Bagnol Marquis de Fesques 2021 Cassis

Au nez, des arômes d’orange amère, de cannelle et de fraise, une belle richesse en bouche, avec des notes de coulis d’agrumes, de fruits rouges, et une texture soyeuse. Note : 92/100

Prix : 17 € (cavistes)

Edmond de Rothschild Heritage AmistÀ 2021 Côtes de Provence Une robe pêche lumineuse, pour un nez de petit pain chaud au beurre sortant du four, un bel équilibre en bouche, à la fois souple, aérienne, tendue… Arnaud Robin / Figaro magazine

Note : 92/100

Prix : 19 € (Epicerie.edmondderothschild h­eritage.com)

Château d’Esclans Whispering Angel 2021 Côtes de Provence Un condensé de la belle

Note : 91,5/100

Prix : 25 € (cavistes)

Vignoble de Château Minuty.

Provence au nez de thym, de garrigue et de lavande. La bouche suave, veloutée, glisse en souplesse, harmonieuse, suivie par quelques notes poivrées. Note : 92/100

Prix : 18 € (Millesima.fr)

Domaine Mas Del Perié – À Table 2021 Sud-Ouest

Au nez, de superbes arômes de cassis, de framboise et de grenadine. Il se croque comme il s’avale, vibrant au rythme d’un fruit éclatant et d’une belle salinité finale.

Château de Sannes Aciana 2021 Luberon

Au nez, des arômes d’amande fraîche et de mandarine, puis une bouche croquante, aux notes de fruits acidulés, à la fois ample et délicate, avant une finale subtilement épicée. Note : 91,5/100

Prix : 18 € (Boutique.chateaudesannes.fr)

Château La Sable 2021 Luberon

Prix : 12,50 € (Cave-spirituelle.com)

Un nez marqué par une jolie acidité, avec des arômes d’agrumes, qui se poursuit par une bouche plus ronde, pleine de caractère, glissant vers une finale doucement saline.

Miraval 2021 Côtes de Provence

Prix : 9,50 € (Châteaulasable.com)

Note : 92/100

Un nez bouqueté, où se bousculent des arômes de confiture de lait, de rose, d’iris, de groseille et de citron. S’ensuit une bouche captivante, ample, qui se déploie sur une finale saline. Note : 92/100

Prix : 18,90 € (Vinatis.com)

Château des Muraires 2021 Côtes de Provence

Une pâleur absolue, un nez minéral, floral, distingué, une bouche délicieusem*nt suave… il a tout ce que l’on attend d’un rosé : rondeur, charme, légèreté, tonicité, et surtout gourmandise. Note : 92/100

Prix : 11 € (cavistes)

Note : 92/100

Château d’Astros Aventure 2021 Côtes de Provence

Un rosé séduisant, avec son nez de pêche blanche et de fraise des bois, qui le reste tout autant en bouche, avec une vraie fraîcheur de petit* fruits rouges croquants. Note : 91,5/100

Prix : 12 € (Boutique-chateauastros.com)

Domaine de la Bégude l’Irréductible 2021 Bandol

Un rosé au nez poivré, boisé, aux arômes de fraise, de framboise et de cassis. Structuré, il s’ouvre sur une bouche aux notes de cerises

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131/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Château Saint-Maur Clos Saint-Vincent, cuvée d’exception 2021 Côtes de Provence

Un nez délicat aux notes de rose fanée et de groseille à maquereau. Le charme opère aussi en bouche avec des notes intenses de pêche et de fruits rouges acidulés, aux tanins poudrés. Note : 91/100

Prix : 84 € le magnum (Domainesrogerzannier.com)

Château Thuerry Une Thuerry 2021 Vin-de-France

Une robe appétissante d’un beau rose soutenu tirant sur la groseille. Au nez, des arômes d’épices douces et d’agrumes, tandis que la bouche se fait franche, pure, et la finale minérale. Note : 91/100

Prix : 29 € (Chateauthuerry.com)

Domaines Ott Château de Selle 2021 Côtes de Provence

Un nez plein d’allure, citronné, épicé, aux notes de pêche, qui se poursuit par une bouche charmante, fraîche, pleine de rondeur et de complexité, avec quelques nobles amers. Note : 91/100

Prix : 28 € (Domaines-ott.com)

Libeccio Rosa 32 - 2021 Côtes de Provence

Sous une robe pâle aux reflets fauves, un nez discret, aux arômes de nectarine et de fleurs jaunes. En bouche, une

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Spécial Vin

douceur poudrée, des notes de dragée prolongées par une finale onctueuse.

Nos vins Blancs

Prix : 25 € (Rosa32.com)

Domaine Jean-Pierre Rietsch Tout Blanc 2020 Alsace

Note : 91/100

Maison Mirabeau Etoile 2021 Côtes de Provence

Aubépine, acacia, des arômes de fleurs blanches à la rondeur émouvante, délicatement miellés. Une fraîcheur citronnée flatte ensuite le palais, l’acidité de la pomme granny se joignant à la salinité finale.

Au nez, de délicats arômes floraux, de poire et de pêche, jaillissant d’une robe pâle. En bouche, une jolie rondeur, des notes épicées, fruitées, soulignées par de légers amers. Prix : 17 € (Maisonmirabeau.com)

Château de SaintMartin – Âme de Saint Martin Côtes de Provence

Une joliesse intemporelle pour ce rosé conçu avec deux millésimes. Frais, léger, fruité, aux notes de pêche de vigne, il vous emporte doucement sur de beaux amers. Note : 90,5/100

Prix : 16,50 € (Liquoristerie-de-provence.com)

Domaine des Huards Prose 2021 Vallée de la Loire – Cheverny

Une lumineuse robe pastel, pour un vin au nez droit et précis de petit* fruits rouges, qui s’épanouit sur une bouche délicieusem*nt fraîche, et une finale légèrement fumée. Note : 90,5/100

Prix : 14,90 € (Cuvelier-fauvarque.fr)

Château la Mascaronne 2021 Côtes de Provence

Un nez qui s’ouvre sur des arômes de framboise. En bouche, une vraie gourmandise, des notes de bonbon acidulé et de pomélo, une légère sucrosité qui s’évanouit sur une finale pleine d’éclat. Note : 90/100

Prix : 19,50 € (Boutique.chateaulamascaronne.com)

Château Penin Natur 2021 Bordeaux

Un nez floral, intensément fruité, aux arômes de lait de fraise, avec une gourmandise qui se poursuit sur une bouche crémeuse, vanillée, aérienne. Une vraie petite friandise. Note : 90/100

Prix : 8 € (cavistes)

Note : 94/100

Cuvier d’élevage du château d’Esclans.

Prix : 13,90 € (Vinscheznous.com)

Château Saint-Pons Les Justes 2021 Luberon

Château Castera Perle Rose 2021 Bordeaux

Note : 90/100

Note : 89/100

D’une jolie couleur chair tendre, un rosé qui exhale au nez des arômes de clémentine, légèrement toastés. Désaltérante, la bouche est boisée, florale, à la fois complexe et fruitée.

Prix : 13 € (Saintpons.shop)

Domaine Jean-André Charial L’Affectif 2021 Baux de Provence Sous une robe rose tendre, un nez délicatement brioché aux arômes de fruits rouges. En bouche, de la générosité, et des notes acidulées de groseille qui se glissent jusqu’en finale. Note : 90/100

Prix : 16 € (cavistes)

La Cavale Petite Cavale 2021 Luberon

Une robe pétale de rose, qui cache un nez aux arômes fruités de framboise et de fraise. En bouche, une belle fraîcheur, des notes de pomélo, pour une finale tendue et délicate. Note : 90/100

Prix : 12,50 € (Domaine-lacavale.com)

La Madrague Claire 2021 Côtes de Provence

Drapé dans une robe pomélo, il embaume l’iode, la framboise et la groseille. La bouche est ronde, suave, soutenue par des notes d’épices et d’artichaut cru. Un rosé facile et jovial ! Note : 90/100

Prix : 20,76 € (Lesvinsdelamadrague.com)

Au nez, des arômes de brugnon, puis une bouche pleine de charme, avec du corps, de la matière, des notes de fruits acidulés qui s’étirent vers une finale brodée d’un zeste de citron vert. Prix : 8 € (Boutique.chateau-castera.com)

Clarendelle Rosé 2021 Bordeaux

Inspiré par Haut-Brion, ce rosé arbore une robe lumineuse aux reflets abricotés. Des arômes de litchi au nez, avec en bouche de légers tanins enrobés dans une matière suave, et une finale acidulée. Note : 89/100

Prix : 12 € (Lacaveduchateau.com)

Domaine de Terrebrune 2021 Bandol

De légers reflets fraise pour cette robe engageante, laissant dans son sillage des parfums de fleurs séchées, de citron et zestes d’agrumes, et une douceur de fruits mûrs cajolant le palais. Note : 89/100

Prix : 20 € (Millesimes.com)

Château Petit Val Rosé du Val 2021 Bordeaux

Un vin qui s’ouvre au nez sur une belle fraîcheur florale. L’attaque est moelleuse, la bouche mûre, dotée d’une belle sucrosité, avant une finale salivante et primesautière. Note : 88/100

Prix : 15 € (cavistes)

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132/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Domaines Ott Clos Mireille 2020 Côtes de Provence

Derrière une robe jaune paille, un nez frais aux arômes de lys, de muguet et de fruits exotiques, avant une bouche mordante, aux notes citronnées, précédant une longueur saline. Note : 93/100

Prix : 28 € (Vinatis.com)

Domaine Mathieu Apffel – Avant la tempête 2020 Savoie

Sous une robe jaune pâle troublante, des arômes de lime et de pomme verte, qui se poursuivent en bouche sur d’élégantes notes herbacées, avec un doux côté lacté, vif et minéral. Note : 92,5/100

Prix : 19 € (La-bouteille.com)

Joseph Drouhin Côte de Beaune 2019 Côte de Beaune

Un nez beurré d’amande fraîche, de pierre à fusil, de miel, légèrement fumé, qui se déploie en bouche sur une belle maturité de fruits charnus, des épices et une finale tonique. Note : 92/100

Prix : 35 € (cavistes)

Château de Malleret 2020 Bordeaux

Des arômes de rhubarbe, de poire, d’aubépine au nez, fumé, avec une bouche typique de sémillon, aux notes citronnées, herbacées, mêlant la tension à la rondeur d’un bonbon anisé. Note : 90/100

Prix : 19,50 € (Malleret-boutique.fr)

François BOUCHON/Figaro Magazine

Note : 91/100

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Spécial Vin

Domaine Julien Brocard – Vigne de la Boissonneuse 2019 Bourgogne – Chablis

Domaine FumeyChâtelain Trousseau 2020 Jura – Arbois

Un nez aromatique de cassis et de mûre, à la bouche souple et croquante, juteuse comme un fruit sur le point d’éclater, et des tanins qui libèrent une douce note végétale.

Onctueuse à l’œil, la robe bouton d’or augure d’un vin dense. Or ce sont bien la finesse et la tension qui règnent en bouche, avec des notes d’orange, de citron confit, et une finale salivante.

Note : 91/100

Prix : 19,50 € (Vinossimo.com)

Note : 90/100

Domaine Les Grandes Vignes – Pineau d’Aunis 2021 Vallée de la Loire – Anjou

Domaine Louis Latour En Paradis 2019 Bourgogne – PouillyVinzelles

Une robe jaune pâle dévoilant un nez de fleurs blanches enrichit de notes de cire d’abeille, qui se transforment en saveurs miellées, intenses, et une franche vivacité saline… Note : 90/100

Prix : 25,40 € (cavistes)

Château La Castille Glorius 2021 Côtes de Provence

Un nez qui s’ouvre sur des arômes d’agrumes et de zeste de citron, avec en bouche de jolies notes minérales, et une acidité qui donne à cette cuvée tous les atouts d’un vin d’été. Note : 89/100

Prix : 12,50 € (cavistes)

Domaine Gérard Bertrand Orange Gold 2021 Languedoc

Au nez, des arômes de cédrat, de fleurs blanches, d’agrumes et de miel que l’on retrouvent en bouche, avec un soupçon d’oxydation qui donne à ce vin orange une belle intensité. Note : 89/100

Prix : 13,50 € (cavistes)

Domaine Jacques Lurton – Diane – Sémillon 2021 Bordeaux – Entre-DeuxMers

Pourvu de notes d’abricot au nez, il a la couleur d’un lit de paille dorée, enchaîne avec une attaque moelleuse, une bouche onctueuse sur des notes fumées et des beaux amers. Note : 89/100

Prix : 12,50 € (Boutique.andrelurton.com)

Domaines d’Ott.

Nos vins Rouges Domaine Marcel Lapierre Le Beaujolais 2021 Beaujolais

Un nez vibrant, solaire, de fruits noirs et de ronciers, ponctués d’arômes herbacés, de fraise, de groseille, de cerise. Une cuvée nature limpide, généreuse et salivante. Note : 93,5/100

Prix : 14,75 € (Marcel-lapierre.com)

Domaine Patrick Dreyer Elios 2020 Alsace

Un pinot noir aérien aux arômes de fruits noirs et d’épices, dont l’étonnante légèreté se poursuit en bouche sur des notes de cerise, de poivre, de cuir, et une longueur délicieuse… Note : 92,5/100

Prix : 20 € (Jolisvins.fr)

Domaine Henry Marionnet Renaissance 2019 Touraine

Opaque, sombre comme la nuit, un nez aux arômes de fraise, de sureau, de mûre, de cassis… Un gamay puissant, épicé, enveloppant, avec une belle énergie et de jolis tanins.

bouche une avalanche de fruits d’été croquants, qui oscille entre fraîcheur et puissance, longueur et maturité. Note : 92/100

Prix : 13 € (cavistes)

Domaine du Somail Julie 2018 Languedoc – Vin de France

Tension, élégance, des arômes de fruits rouges acidulés et de nobles amers donnent un goût de revenez-y à ce vin complexe, qui s’invite en bouche tel un rayon de soleil. Note : 92/100

Prix : 12,95 € (Domainedusomail.com)

Cellier aux Moines Le Petit Cellier 2019 Bourgogne – Givry Un nez aux arômes poivrés, de cerise, de mûre, qui se prolongent par une bouche intense, torréfiée, aux tanins ciselés, et vous enveloppe dans une belle matière de fruits noirs. Note : 91,5/100

Prix : 30 € (cavistes) Château de Miraval.

Note : 92/100

Prix : 19 € (Henry-marionnet.com)

Domaine Ledogar Roug’éclair 2021 Languedoc Au nez, sous une robe grenadine, des arômes de mûre et de cerise, et en

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134/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Une bombe de fruits rouges croquants, pour un cépage méconnu de la vallée de la Loire, qui produit des jus étonnants de fraîcheur, avec une petite salve poivrée en fin de bouche. Note : 91/100

Prix : 16,95 € (Vins-etonnants.com)

Mas Amiel Natural Cinsault 2020 Languedoc – Côtes Catalanes

Derrière un joli nez de fraise, une douceur de velours, et une bouche qui se tend, vive, fruitée, fraîche et désaltérante. Un vin bio et biodynamique qui se boit avec plaisir et simplicité. Note : 90/100

Prix : 14,60 € (Optimuswine.com)

Domaine Simmonet Febvre Veaupessiot 2018 Bourgogne - Irancy

Au nez, des arômes de fruits rouges tout juste cueillis, une bouche ronde couleur cerise, aux notes épicées, discrètement boisée, à la finale salivante et joyeuse. Note : 90/100

Prix : 19,70 € (Simonnet-febvre.com) OLIVIER ROUX/Figaro Magazine ; François BOUCHON/Figaro Magazine

Prix : 25 € (Grandsbourgognes.com)

Domaine JeanBaptiste Arena Grotte di Sole blanc 2021 Corse – Patrimonio

Une robe intense, avec un nez de fruits jaunes et de mandarine, dont la profondeur explose en bouche sur une matière élancée, où dominent de solaires notes d’agrumes et une finale iodée. Note : 93/100

Prix : 22,40 € (Vinsdepatrimonio.com)

Domaine Nicolas Mariotti – Carco rosé 2021 Corse – Patrimonio

Un nez de petit* fruits rouges et de gariguette, avec en bouche des notes citronnées, de mandarine fraîche et de zeste de citron, pour un vin léger, à la finale sinueuse et saline. Note : 93/100

Prix : 15 € (caviste)

Domaine Muriel Giudicelli patrimonio blanc 2021 Corse – Patrimonio

Un nez aux arômes de poire blanche, de miel et de foin frais, puis en bouche des notes légèrement vanillées, une jolie acidité, et la salinité de vignes battues par les embruns. Note : 92/100

Prix : 29,50 €

Clos Marfisi cuvée Julie 2021 Corse – Patrimonio

Une jolie robe rose qui laisse exploser un nez de framboise, s’intensifiant en bouche vers des notes de fruits rouges mûrs, une trame vineuse équilibrée par une douce minéralité. Note : 91/100

Prix : 13 €

Domaine Stéphanie Olmeta – Patrimonio Rouge Corse – Patrimonio Un nez puissant aux arômes de poivre, de cassis, et en bouche la même intensité marquée de fruits noirs, des tanins vifs, de beaux amers, avant une finale délicieusem*nt crayeuse.

Notre sélection de Lambruschi

- Photos © M. Boudot - © M. Ramos

Nos vins corses

Ce qui devait être exceptionnel est devenu l’essentiel.

Domaine Christian Bellei - Cantina della volta rosé 2015 Émilie-Romagne – Lambrusco di Sorbara DOC


Une magnifique robe saumonée, à la bulle évanescente, qui laisse s’échapper des arômes poudrés de fleurs blanches, d’abricot et d’agrumes. En bouche, des notes gourmandes d’orange et de pain au levain. Note : 93/100

Prix : 21 €

Domaine Ariola – Marcello Langhirano Émilie-Romagne – Lambrusco di Sorbara DOC

Un nez aromatique de fruits rouges, aux arômes de cerises noires et de rose. En bouche, un croquant légèrement amer glissant sur des notes acidulées, et une belle rondeur finale. Note : 91/100

Prix : 7,90 €

Vigneto Saetti Rosso Viola 2020 Émilie Romagne Lambrusco di Sorbara DOC

Une robe rubis légèrement trouble, au nez de fruits rouges, herbacé, qui laisse deviner une matière puissante en bouche, des notes de cassis, et des tannins voluptueux en langue de chat. Note : 90/100

Prix : 12,50 € (Callmewine.fr)

Cà’ de Noci Sottobosco 2020 Émilie-Romagne – IGT Emilia Rosso Frizzante

Une cuvée bio et brute de décoffrage, vinifiée en méthode ancestrale, à la robe joliment violacée. Derrière un nez épicé, une bouche de fruits des bois, dotée d’une minéralité typique de son terroir d’origine.

chateau-malleret.fr

Note : 89/100

Prix : 27,40 €

Alicia Dorey et Valérie Faust

Note : 91/100

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Prix : 16,50 €

L’ABUS D’ ALCOOL EST DANGEREUX POUR LA SANTÉ. À CONSOMMER AVEC MODÉRATION.

Spécial Seniors

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À l’Ehpad Sainte-Catherine-Labouré, sur les hauteurs de Toulon (Var).

LES DéFIS DU GRAND âGE La plupart des personnes âgées souhaitent rester le plus longtemps possible chez elles ou demeurer dans des lieux qui savent les accueillir. Des solutions nouvelles existent pour accompagner ce désir légitime.

Anthony MICALLEF pour Le Figaro Magazine

Par Guyonne de Montjou

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137/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Spécial Seniors En gardant un lien avec la nature et les plaisirs d’avant, on entretient le goût de la vie.

déchirement

Les nouvelles technologies permettent à des vies de perdurer à domicile. Pour autant, rien ne remplace le lien désintéressé et l’assiduité des proches. Ceux-ci témoignent parfois de leur « déchirement », à l’heure de confier leur parent devenu trop dépendant, à un établissem*nt spécialisé. Certaines initiatives permettent de différer cette étape le plus longtemps possible. La Poste, par exem-

ple, a mis en place un service payant, qui incite les facteurs à assurer une présence familière et rassurante, à prendre des nouvelles, une fois le courrier distribué. L’entreprise Les Demoiselles de Compagnie s’engage à former des visiteurs récurrents en garantissant leur bienveillance, leur fiabilité et leurs bonnes manières auprès des seniors, pour nouer avec eux une relation de confiance. D’autres, comme Alenvi, se spécialisent dans la formation des auxiliaires de vie, contribuant à ­valoriser ce métier du « savoir-être ».

En évoquant le grand âge avant l’heure fatidique, a-t-on l’angoisse de le précipiter ? Ils militent pour requalifier leurs ­salaires et réhabiliter leur fonction, devenue essentielle dans une société volontiers individualiste. Reste un paradoxe que ce dossier n’épuise pas : comment expliquer que la vieillesse inéluctable soit aussi m ­ aladroitement anticipée, dans une époque qui pourtant croit pouvoir parer aux incertitudes et s’assurer contre tous les risques de la vie ? En évoquant le grand âge avant l’heure fatidique, a-t-on l’angoisse de le précipiter ? Rien ne semble plus simple, naturel et ordinaire que de prendre soin d’une personne riche d’expériences, assoiffée de paroles et de présence. Pourtant, notre modernité, bien souvent, nous l’interdit. Le professeur de psychiatrie Michel Lejoyeux incite, dans son ­dernier livre (2), à se mettre à l’école de

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138/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Montaigne pour progresser en bonne santé dans l’existence. Ses préceptes, inspirés de la lecture des Essais, peuvent éclairer ceux qui fréquentent assidûment leurs aînés. Ceux-ci ne savent parfois pas si bien les accueillir : « Face aux souffrances et aux peurs qu’on ne pourra jamais extirper en entier, Montaigne [propose] trois méthodes : la distraction, la ruse, la diversion. » Plus loin, le professeur conseille de « ne pas s’opposer à la souffrance », « d’accueillir les émotions négatives sans commentaire », « de détourner l’esprit et de divertir ». L’astuce du XVIe siècle re s t e d i abl e m e n t p e r t i n e n t e aujourd’hui. vieux montaigne

Dans notre Occident prospère, la visibilité du grand âge est trop souvent ­escamotée. À l’inverse, dans les pays moins gâtés économiquement ou en développement, la figure de l’ancien est associée à la sagesse, au recul, à l’expérience. Elle oriente mystérieu­sem*nt, par les fils invisibles du discernement et le conseil avisé, la vie des plus jeunes. Alors, déléguer la responsabilité que nous avons vis-à-vis des générations précédentes reviendrait-il à nous affaiblir ? Nous dépossède-t-elle d’une mémoire, d’un rythme, d’une sagesse ? Les bons praticiens du soin gériatrique, les auxiliaires de vie et les membres des services de soins palliatifs savent écouter leur cœur et obéir à leur bon sens. Prendre soin de l’autre, en soulageant ses douleurs, qu’elles soient mentales ou physiques, feintes ou réelles, offre quelques bienfaits. Parfois les techniques les plus sophistiquées ne pèsent pas grand-chose au regard d’un engagement simple, naturel et ordinaire « sans recherche ni artifice ». Là encore, les préceptes d’un vieux, très vieux, Montaigne, s’avèrent préGuyonne de Montjou cieux. ■ (1) Fayard, 400 p., 22,90 €. (2) Robert Laffont, 364 p., 19,90 €.

Anthony MICALLEF pour Le Figaro Magazine

L

e malaise est toujours là. Quatre mois après l e s révé l at i o n s d u ­livre-enquête de Victor Castanet, Les Fossoyeurs (1), sur les cas de maltraitance systémique dans des Ehpad de la société Orpea, le secteur reste comme abasourdi. Peut-on confier les personnes qui nous ont permis de grandir à des praticiens toujours plus pressés et stressés ? Quelles sont les alternatives pour une digne prise en charge de nos aînés ? À l’heure où les enfants du baby-boom s’apprêtent à passer le cap des 80 ans, de quelle façon la société pourrait-elle mieux organiser l’accueil des 9 millions de personnes âgées qui la composent ? L’époque où les vieux parents vieillissaient sous le toit de leur enfant est révolue : la taille limitée des logements urbains fournit un indiscutable prétexte pour y renoncer, tout comme le manque de disponibilité des actifs, la fragilité des couples ou encore les éventuels conflits qui distillent leur venin au cœur des familles. Une immense majorité de personnes âgées souhaite rester le plus longtemps possible chez elle, dans ses murs, dans ses meubles, dans ses bruits et ses souvenirs. Les solutions fleurissent de toute part pour accompagner ce désir légitime. C e r t a i n e s v i e n n e n t d u c œ u r, d’autres du pragmatisme – car il y a là un marché profitable.

Création : Altavia Cosmic. Crédit photo : GettyImages, FredFroese. Vitalliance. 5 rue Blondel, 92400 Courbevoie. SIRET : 451 053 383 00035. Tél : +33 (0)1 41 10 05 05

Pour Jeanette, vivre à domicile, c’est bien plus que rester chez soi.

Jeanette avait du mal à préparer ses repas ou à faire sa toilette toute seule. Mais partir en établissem*nt, ça ne la rassurait pas vraiment. Alors avec ses proches, ils ont fait appel à Vitalliance pour qu’une auxiliaire de vie spécialisée l’accompagne à domicile dans toutes ses tâches du quotidien. Et même au parc, pour admirer ces roses qu’elle aime tant.

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Spécial Seniors

Désormais aveugle, sœur André a gardé toute sa tête.

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lle est assise dans sa chambre, en silence. La couleur bleue de sa tenue inspire le calme, comme celle de ses yeux qui ne voient plus depuis longtemps. Son corps fragile a traversé le siècle. Loin d’être un fardeau douloureux, il apparaît plutôt comme l’écrin léger de cette joie dont elle rayonne. À quoi tient la présence de quelqu’un ? À sa conscience ? À sa façon de répondre ? À son éveil au contact des autres ? L’existence de sœur André, qui dure depuis 118 ans, a débuté dans la douleur. Née Lucile Randon en 1904, à Alès (Gard), au sein d’une famille protestante, elle perd sa sœur jumelle à 18 mois « parce que la nourrice ne savait pas s’en occuper », raconte-t-elle. joies vibrantes

À 118 ans, sœur André continue à recevoir les visiteurs dans un Ehpad de Toulon. L’occasion de distiller quelques belles leçons de vie.

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140/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

Anthony MICALLEF pour Le Figaro Magazine

la fin de vie joyeuse de la doyenne de l’humanité

À présent, installée dans son Ehpad de Toulon où elle est entrée il y a treize ans, elle se souvient : « J’avais une mère qui me traitait très durement et, heureusem*nt, j’avais un grand frère qui m’aimait beaucoup. Il s’appelait André et son affection m’a perm i s d e s u r p a s s e r l e m a n q u e. » ­Celui-ci, qui sera blessé à la guerre de 1914, lui inspire son prénom de religieuse après que, « pincée par Dieu », elle découvre à 40 ans qu’elle souhaite prendre l’habit et, l’année suivante, devient fille de la Charité. Les joies vibrantes du printemps se ­devinent, derrière les fenêtres de sa chambre dépourvue de décoration, monacale. L’Ehpad Sainte-CatherineLabouré, situé sur une colline calme de Toulon, où vivent 97 résidents parmi lesquels 15 religieuses, est aussi chaleureux qu’ouvert sur la vie ___u

LE FIGARO MAGAZINE PARTNER

en collaboration avec

Veiller sur ses parents Longtemps desservie par une image négative, la vente en viager est devenue, après avoir opéré une transformation en profondeur, une option sécurisée et rentable pour vos aînés. Ce nouveau dispositif porte un nom : le Viager Mutualisé®.

LES ATOUTS DU VIAGER MUTUALISÉ®

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Si certains envisagent l’éventualité de recourir au viager, rares sont ceux qui franchissent le pas. Les raisons ? L’aspect morbide de ce qui s’apparente à un « pari sur la mort » et les risques d’impayés de la rente mensuelle. Pourtant, la possibilité de convertir leur patrimoine immobilier en liquidités tout en conservant la jouissance à vie ne manque pas d’intérêt pour les retraités dont 72 % sont propriétaires. C’est ce qui a conduit Éric Guillaume à imaginer une solution innovante : le Viager Mutualisé®. « L’acquisition est réalisée par une caisse de retraite, une mutuelle ou une compagnie d’assurances. Bref, un investisseur institutionnel de confiance. À la place du vieux bouquet d’autrefois et de la rente incertaine, les vendeurs perçoivent à la signature chez le notaire un capital intégral. En prime, l’acquéreur s’engage à financer les gros travaux à effectuer sur le bien », explique le fondateur de VIRAGEVIAGER. Une nouvelle formule sécurisante, tant pour les personnes âgées que pour leurs enfants.

UN OUTIL DE REDISTRIBUTION INTERGÉNÉRATIONNELLE

Si une partie du capital peut être placée en assurance-vie ou en rente, l’autre peut aussi servir à faire une donation à ses enfants ou à aider ses petit*-enfants. Du fait de l’allongement de la durée de la vie, l’héritage est de plus en plus tardif. Une donation permet une redistribution du patrimoine au moment où les jeunes générations en ont vraiment besoin, pour un premier achat immobilier par exemple. De plus, le règlement des successions étant parfois conflictuel, la répartition du montant de la vente par le propriétaire de son vivant est gage de sérénité pour toute la famille. UNE FISCALITÉ ATTRACTIVE

Sur le plan fiscal, le Viager Mutualisé® présente aussi des atouts. « Il n’y a pas de fiscalité sur le capital versé lorsque l’opération porte sur le logement principal et, dans le cas d’une résidence secondaire, elle ne concerne que celles détenues depuis moins de trente ans », indique Éric Guillaume. Par ailleurs, pour les foyers redevables de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), le régime fiscal est particulièrement favorable. Idem pour les donations, puisque la transmission de liquidités issues du patrimoine immobilier s’accompagne d’abattements avantageux. Autant de dispositions intéressantes qui séduisent les seniors, mais aussi leurs descendants. Pour preuve, aujourd’hui, près de 20 % des demandes d’information sur le Viager Mutualisé® émanent d’enfants en quête de la meilleure solution possible pour leurs parents.

Publi-communiqué réalisé par 14HAUSSMANN

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n un an, selon l’Insee, la hausse des prix a atteint 4,8 %. Cette tendance inflationniste, qui risque de durer, tracasse bien des seniors, dont les pensions de retraite, elles, ne progressent pas. Comment, dans ce contexte, maintenir son niveau de vie, comment faire pour bénéficier des services à domicile et simplifier son quotidien ? De nombreux enfants, soucieux du bien-être de leurs parents vieillissants, partagent cette préoccupation.

Spécial Seniors

“J’ai toujours travaillé avec amour” du dehors. Les arbres du parc baigné de soleil abritent les échanges tendres entre les hôtes et leurs proches venus les visiter. La porte de la chambre de sœur André est souvent ouverte. Devenue doyenne de l’humanité le 19 avril dernier, à la mort d’une Japonaise supercentenaire, elle a survécu au Covid il y a dix-huit mois. Ce n’était pas encore son heure. La lenteur de sa fin n’est-elle pas une énigme en soi ? « Dieu a oublié de me rappeler à Lui », souritelle, avec l’humour qui ne l’a jamais quittée. Aux vêpres de son existence, sœur André détiendrait-elle un message essentiel à livrer à l’humanité ? « Je me souviens quand je courais dans les champs avec les enfants, s’enhardit-elle dans une joie contagieuse. Ce sont mes premiers bons souvenirs : à 12 ans, j’ai habité dans une famille avenue Marceau, à Paris, pour m’occuper de leurs trois enfants, dont le dernier avait 2 ans et demi. J’y

suis restée plusieurs années. Je n’ai j­ amais trop travaillé, reprend-elle avec malice, mais j’ai toujours ­travaillé avec amour. » Sa congré­gation religieuse, propriétaire du lieu où elle termine sa longue vie, ­déploie partout dans le monde, avec 450 filles de la Charité, son charisme hospitalier et enseignant. message aux jeunes

Quel message sœur André laisse-telle aux jeunes d’aujourd’hui ? « Je leur dis de rester sérieux, de travailler avec courage et persévérance, et de ne pas rater de cours pour le plaisir », insiste-t-elle de sa voix posée. Les quatre étages de ce vaste établissem*nt grouillent d’aides-soignants attentionnés, de bonnes âmes prêtes à aider, d’auxiliaires délicats. « Voilà ce qu’il advient des lieux qui ne recherchent pas de bénéfices pour leurs actionnaires et qui réinvestissent leurs profits dans l’outil de travail », confirme le jeune « Dieu aurait-il oublié de me rappeler à Lui ? »

La messe quotidienne : une clé de longévité ?

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142/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

­ irecteur, Christophe Lentz, vraisemd blablement inquiet des pratiques qui ont cours dans le secteur. « Ici, nous avons 8 salariés pour 10 résidents, contrairement aux autres qui en ­emploient seulement 5 ou 6. L’équipe est si étroitement liée qu’en moins d’une journée, on repère celui qui ne se conduirait pas bien avec l’un de nos résidents. » En quittant la chambre de la doyenne joyeuse, on observe la ­f açon dont cette passagère du temps, plus accoutumée au monde que ­q uiconque, fait preuve d’une ­remarquable amabilité. Il nous vient à ­l’esprit cette phrase d’Ernst Bloch, citée à l’exergue du dernier livre du poète François Esperet qui va ainsi : « Nous nous mêlons nous-mêmes au passé de façon vivante. » Dernier coup d’œil vers la femme aveugle, immobile, qui aussitôt le sent et lance un « bonne journée aux journaG. M. listes ! » plein d’entrain. ■

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Spécial Seniors

Danielle et Simone, « colocs » dans la joie.

les fruits inattendus des COLOCATIONS étudiants/seniors L’association Ensemble2générations orchestre avec succès, depuis seize années en France, des cohabitations intergénérationnelles. dont elle parle avec nostalgie, s’est installée dans la chambre à côté de la sienne, à l’étage de son duplex ­situé à Montparnasse. SOURIRE LUMINEUX

Il y a un mois et demi, l’association Ensemble2générations lui a trouvé une autre perle, Danielle, arrivée d’un petit village des Hauts-deFrance. « J’ai toujours habité en ­famille et je suis assez casanière de ­c aractère, explique la ravissante jeune femme âgée de 27 ans, dont le sourire illumine la maison. Je rentre

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144/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

tous les soirs vers 19 h 30 de mon école, située à dix minutes d’ici. Moi qui passais deux heures par jour dans les transports, j’apprécie ce confort de vie que je n’aurais jamais pu m’offrir. » Simone marche avec sa canne et une élégance intacte, de la cuisine au jardinet exigu qui fleurit à l’ombre des immeubles. Installée ici ­depuis plus de vingt ans, entre ses cartes de l’Inde, les objets glanés ­durant ses voyages, ses livres et ses gravures ­modernes, elle semble à l’aise dans le canapé qui a pris la forme de son corps gracile. « Son ­ex-mari lui rend ___u

Axelle de Russé pour Le Figaro Magazine

A

92 ans, Simone garde son francparler et le sens aigu de sa fémin i t é. C e t t e a n cienne libraire de la place de Clichy, à Paris, s’est montrée sceptique lorsque sa fille, expatriée à Madagascar, lui a proposé une colocation intergénérationnelle dans l’espoir de lui laisser le plus longtemps possible le loisir de vivre dans son petit appartement. Simone s’est prêtée au jeu : l’année dernière, une étudiante,

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Spécial Seniors

Confiance et dévouement sont des maîtres-mots.

la sélection. « Nous auditionnons les jeunes candidats, qui doivent avoir moins de 30 ans, et évaluons leur motivation avant de les mettre en relation avec un senior, explique Estelle de Saint-Bon, qui dirige l’association. Nous exerçons notre bon sens : à chaque fois que nous rencontrons quelqu’un, nous nous demandons si nous voudrions voir ce jeune chez nos parents ou notre fils chez cette personne âgée. Avec cette exigence, nous avons de méga belles histoires écrites et 93 % de réussite. Les étudiants restent en moyenne deux ans chez leur senior, parfois quatre ou cinq. » Ensemble2générations constate que ces cohabitations ­permettent aux anciens de prolonger de trois années leur maintien chez eux. Pour composer le binôme et en ­assurer le suivi, l’association demande une contribution annuelle qui ­n’excède pas 390 €.

Deux chambres contiguës et une salle de bains partagée.

Ces cohabitations permettent aux personnes âgées de prolonger de trois années leur maintien chez elles parfois visite et nous sommes déjà sortis dîner au restaurant avec la famille de sa femme de ménage pour son anniversaire. » Chargée d’assurer une simple présence, épargnée des soins médicaux et du ménage, Danielle griffonne avec son cœur des petit* mots chaque matin pour annoncer son heure de retour. « Je prends ma douche avant elle et j’essaie, dans la salle de bains que nous partageons, de ne pas déranger ses affaires », explique l’étudiante avec douceur. Les amis de Simone ont peu à peu disparu, mais la vieille dame apprécie

toujours les conversations autour des préparatifs du repas. « Quand ­Danielle cuisine ses pâtes, on l’entend beaucoup, sourit-elle gentiment. Moi, le soir, je préfère picorer. » bon sens

Le concept de colocation intergénérationnelle est né en Espagne il y a vingt ans avant d’essaimer dans certaines grandes villes européennes où les étudiants cherchent des loyers à bas prix, et les personnes âgées une compagnie quotidienne et dynamique. La clé de son succès croissant est le soin porté à

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Axelle de Russé pour Le Figaro Magazine

punk dans le salon

Trois formules sont proposées, qui vont d’une présence soutenue du jeune quasiment chaque soir ainsi qu’un week-end sur deux, avec un loyer de seulement 10 €, jusqu’à un soutien plus sporadique mais souvent essentiel, encadré par l’association, moyennant un loyer modique plafonné aux deux tiers du prix du marché. « Nous avons actuellement 115 binômes actifs à Paris et 600 en France, avec une liste d’attente d’étudiants formidables qui cherchent un ­s enior à accompagner », explique avec enthousiasme Géraldine Doutey, coordinatrice du secteur de l’Est parisien et de la petite couronne. L’association, à but non lucratif, ­salarie huit personnes dans le Bassin parisien et s’appuie sur de nombreux bénévoles, diserts sur les aventures étonnantes qu’ils ont rendues pos­sibles et les ­alchimies inattendues : en Belgique, des cambrioleurs se sont trouvés nez à nez avec la jeune colocataire dans la cuisine avant de ­déguerpir. Et dans la capitale, une grande bourgeoise ­classique « un peu radine » s’est merveilleusem*nt acclimatée à la compagnie d’une jeune punk qui portait un anneau dans le nez. Voilà qui devrait inspirer des scéG. M. naristes talentueux. ■

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Spécial Seniors

Partage du repas, préparé ensemble, en rez-de-jardin.

« La maison des roses » a été achetée par l’entreprise Biens communs pour 1,2 million d’euros et restaurée pour 400 000 €.

le béguinage en majesté

L

a maison est située dans une rue tranquille de L’Haÿ-lesRoses, ville animée du sud de Paris où les cris d’enfants traversent les haies de charmilles qui séparent les constructions basses. Ses résidents l’ont baptisée « la maison des roses », en hommage au petit jardin fleuri sur lequel donne la salle à manger baignée de lumière. Ici, cinq personnes plus ou moins âgées, toutes atteintes de troubles cognitifs, ont élu domicile depuis la fin du mois de ­février – trois places restent à pourvoir. Marie-Pierre, agrégée de philosophie de 59 ans, est la plus jeune ­d’entre elles. Elle se ressert volontiers de la quiche faite maison, découpée sur la table ovale où les auxiliaires, les invités occasionnels et la coordinatrice de 60 ans partagent leur repas. Victor, 78 ans, ancien psychiatre au ­regard perçant et à la poignée de main ferme, deux clés de son métier, aide son voisin Salvatore, ancien DGSE qui a oublié ses secrets d’État, à planter sa fourchette dans les carottes ­râpées. La conversation dérive sur les visites du week-end, les nouvelles des enfants plus ou moins exactes, dans l e s m é a n d re s d e c e s m é m o i re s ­vacillantes. Ce qui s’entend, à travers chaque geste, est une petite musique de fond, presque un murmure, qui va ainsi : « Tu n’es pas un rebut de la ­société. Ici, tu es chez toi, on s’occupe

de toi. » Marie-Pierre siffle gaiement en sautillant sur l’air de « l’amour c’est comme une cigarette » et quitte la ­table, un peu à la façon d’un kangourou. Le psychiatre observe froidement la scène et écarte les chaises sur son passage pour éviter qu’elle ne se blesse. « Oh là là, marmonne, toujours assise et sans la perdre de vue, Isabelle, auxiliaire chevronnée responsable de la maisonnée et de la distribution des médicaments. Ça y est, Marie est excitée. Il faut l’aider à redescendre un peu. » Une main sur l’épaule, quelques paroles prononcées à mi-voix vont suffire à réinstaller le calme dans cette grande pièce aux couleurs vertes, ouverte sur une cuisine moderne et dans laquelle deux résidents viennent de s’assoupir. bientôt 200 maisons

Victor est parti allumer sa pipe dans le jardin en feuilletant un magazine, deux auxiliaires d’origine guinéenne et ivoirienne préparent le quiz de l’après-midi et la liste des courses à faire. Au-dessus, dans les chambres ­individuelles, les fenêtres et les portes sont restées ouvertes sur des lits de 1,20 mètre de largeur. Chacun a ­apporté quelques objets personnels et partage sa salle de bains avec un ou deux voisins. « La cohabitation est harmonieuse, dans le respect des différents rythmes de vie », explique Thibault de Saint Blancard, concepteur avec deux autres camarades d’HEC de ce

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­ odèle de béguinage ou d’habitat m partagé et cofondateur de l’entreprise solidaire d’utilité sociale Alenvi. Chaque soir, un jeune actif, ou étudiant, vient rejoindre sa chambre sans loyer dans la maison. Il seconde l’auxiliaire de nuit en cas de problème. Le coût pour un aîné d’une telle colocation revient à 1 000 € de loyer et 500 € de frais pour l’alimentation achetée au ­marché, à l’hyper et dans les com­merces alentour. À cette somme ­i ncompressible s’ajoute le s­ alaire ­mutualisé des aides à domicile qui ­oscille, selon le remboursem*nt des ­organismes d’aide (APL, APA, PCH, crédit d’impôt) et le montant de la ­retraite, entre 300 et 2 000 €. Ainsi, par mois, le prix d’une telle ­colocation n’excède jamais 3 500 € et peut ne coûter que 1 800 € aux plus démunis ou subventionnés. Soit moins qu’un ­Ehpad privé. Les trois garçons, pétris d’idéal, à l’origine de cette entreprise à mission, ne convoitent pas le profit pour luimême. « Nos rémunérations sont encadrées par les statuts d’une e­ ntreprise ­sociale et solidaire. C’est un choix que nous ­assumons parfaitement et qui nous rend heureux, explique Thibault. Notre objectif à dix ans est d’ouvrir en France 200 maisons de ce type, car nous sommes convaincus des vertus de ces habitats pour les personnes âgées en perte d’autonomie. » Une ­population qui, bientôt quatre-vingts ans après le ­début du baby-boom, connaît une G. M. croissance structurelle. ■

Axelle de Russé pour Le Figaro Magazine

Les cohabitations de seniors qui mutualisent les frais afférents à leur existence partagée ont le vent en poupe. Parfois moins onéreuses que les Ehpad, elles ouvrent un nouveau chapitre dans la vie des plus âgés.

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NOS DERNIÈRES VENTES RÉALISÉES Isabelle et Philippe ont 75 ans. Leur plus grande réussite ? Une famille nombreuse et soudée, rythmée par les repas interminables à l’ombre des oliviers et le rire de leurs petit*-enfant. Aujourd’hui, ils n’ont qu’un souhait, conserver cette harmonie familiale par-delà leur succession. C’est pour cette raison qu’ils ont choisi de vendre la nue-propriété de leur bien. Propriétaires d’un domaine exceptionnel d’une valeur de 14 000 000 €, ils ont touché la somme de 9 500 000 € tout en conservant l’usufruit pendant 10 ans. Ils peuvent ainsi profiter de leur bien et voyager avec toute leur tribu !

Nicole a 83 ans et Claude 84 ans. En 1980, ils emménageaient dans un appartement avec une vue exceptionnelle sur la tour Eiffel. Cette acquisition, c’était celle d’une vie. Ils s’étaient fait la promesse d’y finir leurs vieux jours, ensemble, mais Nicole rêvait secrètement d’un pied à terre sur la côte d’azur ! Quand on leur a parlé de la vente en nue-propriété, ils y ont trouvé une solution idéale. Leur appartement étant évalué à 1 100 000 €, ils ont touché 740 000 € tout en conservant le droit d’usage et d’habitation de leur bien toute leur vie ! N’ayant pas d’enfant, ils ont choisi d’acheter un petit coin de paradis sous le soleil niçois !

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dorloter les patients ATTEINTS D’alzheimer Au sein de l’hôpital public de Toulon, une antenne discrète et remarquable redonne le goût de vivre aux patients atteints d’une maladie neurodégénérative. Un service à taille hyperhumaine.

Le chef Jean-François Philippe, avec Josiane.

solés, après une crise, on les aide à s’adapter à un nouveau traitement, et puis on les dirige vers un Ehpad ou un établissem*nt adapté à leurs besoins. » massage zélé

Pour ses 12 lits, ce service jouit d’une présence humaine exceptionnelle, à laquelle aucun ne souhaite renoncer : des infirmières motivées et familières, des kinés, des ergothérapeutes, un ­médecin, des orthophonistes se succèdent – et demeurent, surtout – auprès des patients, sans compter ceux qui, comme Nathalie, prennent le temps de masser et de manucurer certains, une fois leur service fini. « Quand vous avez 4 soignants pour faire manger 80 personnes, on est évidemment dans la maltraitance, nous confie avec ­vigueur une infirmière aux cheveux bouclés, qui a travaillé en Ehpad. Soit on décrète qu’ils ont assez mangé, même s’ils n’ont pas touché à leur ­plateau, soit on les gave. » Une fois par mois depuis 2017, deux chefs bénévoles à la retraite de l’association Les Toques blanches, sponsorisée par le Lions Club de Toulon pour 1 800 € par an, prennent possession des fourneaux, le temps d’une matinée. Autour des trois tables de la

Vivre au présent, « hic et nunc », tel est le défi.

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salle à manger, les patients découpent, pèlent, discutent ou dorment, tandis que le mixeur broie, les légumes et la viande mijotent, le four dore la pâte. Une odeur savoureuse se ­répand à l’étage et interrompt même la marche de Jeanne, ancienne infirmière de 65 ans, qui en est déjà à son vingtième aller-retour dans le couloir, le regard vague. « Jeanne est “déambulante” et se sent attirée comme un aimant vers ceux qu’elle reconnaît », explique Nicolas Brocandel, ergo­thérapeute de 42 ans, dont les grandes mains se posent sur ses épaules pour l’immobiliser un instant. Passionné par son métier, il a été à l’origine du programme de poterie et de gastronomie pour l’URCC : « Tous les ­mercredis, nous animons un atelier de cuisine thérapeutique. Les résidents nous aident à préparer le repas, cela stimule leur goût et leur plaisir de manger. Les autres jours de la semaine, nous déconditionnons les barquettes pour servir les patients comme à la maison, à leur rythme. » Les auxiliaires partagent, à table, cette dégustation dont on ignore ce que les patients ­retiendront. Quelque part dans leur regard, une paix, mâtinée de gratiG. M. tude, se laisse percevoir. ■

Le contact physique est rassurant et thérapeutique.

Anthony MICALLEF pour Le Figaro Magazine

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oger refuse de prendre la cuillère que l’auxiliaire a déposée au bord de son assiette. Il se cabre, pousse des cris et fait reculer sa chaise roulante. Non, il n’en veut pas. Malgré l’Alzheimer sévère qui assaille ce robuste gaillard vieux de 72 ans, la ­détermination pointe toujours dans son caractère. « Ce qu’il veut, je crois, c’est prendre son couteau pour manger son brick de saumon, hasarde Nathalie, femme de ménage et mère de cinq enfants, qui vient en renfort de l’équipe pour aider la douzaine de ­résidents à déjeuner. Ce n’est pas très pratique, alors je continue de lui proposer la cuillère. Il la prendra s’il veut. » Dans cette unité de réhabilitation ­cognitivo-comportementale (URCC) qui occupe un étage de l’un des bâtiments ensoleillés de l’hôpital GeorgesClemenceau La Garde de Toulon, les malades d’Alzheimer sont chouchoutés. « Ici, la durée moyenne des séjours est de six semaines, explique le Dr Nathalie Amalberti, chef du pôle de ­gériatrie, c’est parfois difficile à comprendre pour les familles. En général, on prend en charge les patients débous-

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Les seniors suscitent notre vigilance

Chute, mauvaise hydratation, manque d’activité… La technologie nous offre des moyens efficaces pour veiller sur nos aînés sans les envahir. Notre sélection.

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1 Mobile simplifié Son clair et puissant, grande lisibilité de l’écran, interface intuitive, touche d’assistance avec géolocalisation… Le smartphone Doro 8050 (209 €, Doro.com) a été conçu pour répondre aux besoins spécifiques des seniors. Il suffit de dicter les SMS et le nom du destinataire pour les envoyer automatiquement et sans effort. Un simple clic sur la touche d’assistance suffit à informer les proches de la localisation de l’appareil. Pour les usages plus avancés tels que l’installation de WhatsApp ou l’envoi de photos, il est possible de prendre la main à distance pour effectuer les réglages. 2 Montre SOS Reliée à un service de téléassistance, la montre connectée et géolocalisée Tunstall 580 (27,90 € par mois avec téléassistance, Tunstall.fr) dispose d’un bouton SOS et d’un système de détection des chutes lourdes afin de permettre un suivi en temps réel des activités du porteur. Étanche et

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s­ imple d’utilisation avec ses deux boutons, sa batterie offrant jusqu’à 3 jours d’autonomie, elle convient parfaitement aux personnes en perte de mobilité. 3 Verre connecté Imaginé pour prévenir la déshydratation des personnes âgées comme des malades, le verre connecté d’Auxivia (8 € par mois, Auxivia.com) effectue un suivi en temps réel et à distance de la consommation hydrique. Incas­sable, il mesure précisément la quantité de liquide bue en différenciant ce qui est renversé ou jeté. Un rappel ­lumineux bleu apparaît sur le bas du verre en cas de non-utilisation prolongée afin d’inciter le patient à boire. ­Résistant aux chutes et aux passages au ­l ave-vaisselle, il se recharge en 1 h 30 et affiche 7 jours d’autonomie. Les données sont remontées toutes les 2 heures à domicile et toutes les 24 heures dans les Ehpad. Initialement réservé aux professionnels de santé, il est désormais disponible pour les personnes dépendantes à domicile. 4 Tablette intelligente La start-up française Linkia a mis au point un aidant numérique interactif baptisé Lily qui a pour vocation de ­retarder la perte d’autonomie, de lutter contre l’isolement et de permettre le maintien à domicile le plus longtemps possible grâce à un écran tactile faisant appel à des capacités naturelles de communication, orales et visuelles, habituellement bien conservées chez les personnes âgées. Il maintient le contact avec la famille ou les aidants par le biais d’une application mobile et assure un soutien cognitif via un agenda intelligent composé de rappels simples adaptés à chacun (même aux personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer). Compter 569 € pour l’appareil plus un abonnement de 37 € par mois, soit 18,50 € après réduction d’impôt (Link-ia.com).

SDP, noviacare

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e scandale Orpea a ravivé les inquiétudes. Doit-on risquer d’abandonner nos parents à la maltraitance organisée de mouroirs à prix prohibitifs ? La réponse est évidemment non. Mais que faire face à la perte d’autonomie des personnes âgées ? Entre 5 et 13 % des plus de 60 ans seraient concernés. Troubles de l’équilibre, dénutrition, perte de ­mémoire, désorientation, repli sur soi… Autant de dangers qui guettent et risquent de s’aggraver. Si le foyer ne représente plus aujourd’hui l’asile ­salutaire d’autrefois, la technologie permet de pallier le manque de ­présence familiale en ­recréant du lien à distance comme en exerçant une surveillance des activités de la ­personne. Nous vous présentons un florilège de solutions efficaces et ­faciles à mettre en œuvre.

5 Antichute À partir de 65 ans, les chutes représentent 80 % des accidents de la vie courante. Afin d’assurer la sécurité des ­seniors à domicile, la start-up Cocoon Care a développé un capteur connecté en Wi-Fi et relié à une plate-forme en ligne. Fixé contre un mur, il matérialise le passage d’une personne à la manière d’un radar et peut déclencher des alertes personnalisées lors d’une chute, de l’entrée et de la sortie du logement, ou d’un temps très long passé dans les ­toilettes. Non intrusif et non stigma­tisant, Cocoon Care peut équiper un logement dans une résidence spécia­lisée pour les seniors, pour moins de 1 000 € (plus 10 € d’abonnement ­mensuel, Cocoon.care). Il devrait être prochainement disponible pour les habitations individuelles. 6 Entraînement cognitif Il existe de nombreuses applications mobiles conçues pour freiner le ­déclin cognitif. Parmi elles, Watchelp vise à favoriser l’autonomie des per-

sonnes atteintes de troubles en ­ éclenchant automatiquement une d succession de tâches à réaliser. Le smartphone vibre à l’arrivée d’une nouvelle consigne sous la forme d’un texte ou d’une image, alertant l’accompagnant de sa bonne exécution. Gratuit pour iOS et Android. 7 Suivi à distance Développée par l’expert français de l’informatique officinale Pharmagest, la box Noviacare s’invite comme un compagnon du quotidien pour rappeler la prise de médicaments, s’assurer du respect des heures des repas, veiller au suivi du sommeil et à l’hygiène et ­enfin signaler une éventuelle anomalie du rythme de vie. Pour la famille, une application mobile permet de suivre depuis un smartphone les comptes rendus journaliers de la personne téléassistée. Compter 49,50 € par mois, 24,75 € après crédit d’impôt, pour une box, 6 c ap t e u r s d e m o u ve m e n t , u n ­médaillon d’alerte et un service de levée de doute 24 h/24 en cas d’alerte (NoviaPascal Grandmaison care.com). ■

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Horizontalement 1. Le centenaire de la Pléiade. À l’envers : coup pris à la gorge. Plaisant pour un insulaire, décourageant pour un autre. 2. Supplément littéraire. Brillant mais pas brillant. 3. Ont des tranches glacées. Dans la suite de Phèdre. 4. Une arête dans la gorge. Difficile à comprendre. Fond de teint. 5. Sort du bois. Bout de lacet. 6. Grandes aiguilles. Prit un accent grave. Lignes pour le merlan. Petit corps de ballet. 7. Marié par la droite. Portugaises pour un roi de Pologne. Passé au jaune. 8. Jetées dans la mer. A tout son liquide en Suisse. À l’envers : grande famille. 9. A des vents. En ardoise ou en duralumin. Cornet de balles. Petit Robert. 10. Un cours que l’on peut sauter. Du côté de chez tante Léonie, mais du mauvais côté. Tour du monde entier. 11. Couche dans la baignoire. Employés dans une imprimerie. Conservateur. 12. Objectif de bien des objectifs. Fait tourner la tête. A eu le même partenaire que Rachel. Fait la fête dans le Nord avec un duc. 13. Faire preuve de flair ou de compréhension. Pronom. Sous verres. 14. Une famille qui n’aurait pas vraiment plu à Ésaü. Conjonction. À l’envers : une forme de franchise qui ne dure guère. 15. Ont-ils appris à écrire à l’École universelle ? Passe tout près mais de l’autre côté. 16. Charrier. Hausse des cours de droite à gauche. Possessif. 17. Humaine mais souvent bête. Changeront de train. 18. Lettres de Daudet. Taille. Participe. Tour de taille. 19. Recueillie. Formations aériennes. Île grecque. 20. Sa prière a été exaucée. Gain de cause.

Verticalement 1. Nous laissent souvent sur notre faim à l’heure des repas. Nuit. Devant devant pour un ancien. 2. Plutôt à l’orientale qu’à l’américaine. Manquent de discipline. Étape en 88.

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3. Sonneurs de cloches. N’ont pas de problèmes d’urgence. 4. Ronds de Sparte. Est dans l’air. Article. 5. Terre de pots rouges. L’agrément de Mireille. Pronom. Une façon de percer. 6. Apprécie beaucoup les passes. Marque durable. 7. Montherlant chez Simonin ? Apportent des adoucissem*nts. Met en désordre. 8. L’équipe des Verts. Grecque. Passée par la filière normale. 9. Grise ? Capote irlandaise. Récidivistes au violon. 10. N’a vraiment pas l’air gai

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quand on le retourne. Qu’allait donc faire le roi dans cette galère ? Pour les bains mais contre les vapeurs. 11. Pas admis. Peau dure. Embrasse. 12. Prix de faveur. Ni tout à fait la même ni tout à fait une autre. Portion de nouilles. 13. Préposition. Saillies en série. Voie d’eau. En remontant : coulées dans les bois. 14. Point cardinal. Un ravissem*nt qui ne ravit pas. En fuite. Une littérature pleine d’avenir. 15. Proche de Lavisse et de

Renan (à l’envers). Le pays de Bidasse. 16. Serait encore plus convenable si elle avait son bon sens. Paniers de pêches. Vilain petit canard. 17. Train pour Vincennes. En Provence. Cours d’Irlande. 18. Petit* os. Mouvement de colère. A inspiré Renoir dans le Midi. 19. Cardinaux. Le pissenlit ou le plantain. À l’envers : 375 kilomètres ou 81. C’est la vie ! 20. Carpes mais pas dans un bassin. Morte à cause d’un artiste. Un sacré nettoyage.

Solution du 20 MAI

Horizontalement

1. Fragmentation. Braise. 2. Lévi. Sion. Obituaires. 3. Unités. Unanimité. Ri. 4. Casanières. Brillant. 5. Tuante. Scie. Nuit. 6. Ud. Érudition. Taine. 7. Exclusivité. Noir. 8. Tripe. DL. Enrôlements. 9. NE. On. Canada. No. 10. Écrivain. Poisse. Oeuf. 11. Clan. RN. Bois. Ce. LCI. 12. Maigrichonnes. Épi. Ha. 13. EMP. Ino. St. Mardi. Sen. 14. Réorganise. Bla. Sue.

15. Neu. No. Salades. Via. 16. Incrédule. Badinage. 17. Tee. Urée. Ernest. Oral. 18. Ur. Bras. Stuc. Erreil. 19. Roda. Inopérante. Le. 20. Nonchalant. Endettés.

Verticalement

1. Fluctuat nec mergitur. 2. Renaud. Réclame. Néron. 3. Avisa. Pi. Raiponce. Do. 4. Gitane. Poing. RER. Ban. 5. Entrée. Rigueur. 6. Essieux. Marina. Drach.

7. Ni. DCD. Inconnues. 8. Tourbillon. Iolé. Il. 9. Anne. Tu. Boss. Sna. 10. Assise. Pontes. Eton. 11. Ion. Coin-coin. Abrupt. 12. Obi. Invraisemblance. 13. Nimbe. Ions. Salade. Ré. 14. Tir. Atlas. Radis. An. 15. Butin. Eédécéd. Entend. 16. Raélut. Ma. Épissa. Rte. 17. Aï. Liane. Goret. 18. Irrationnel. Sévère. 19. Sein. Nitouche. Aile. 20. Ès. Tiers. Fiançailles.

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La diabolique de la semaine de Bernard Gervais Ingénieur et ancien professeur de mathématiques, spécialiste du Su Doku en France.

Les astuces de la Diabolique du numéro précédent Difficulté : ✰✰✰✰✰✰

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D9 = 4. Après avoir identifié I8I9 = 3-7, (voir H4-H3 et D7-F7). On constate C9 = 9 seule case libre pour le 9 dans la ligne 9. C8 = 3, I9 = 3, I8 = 7, B9 = 7. Un découpage s’impose, D4-E5E6 = 1-4-7 et F4-F5-F6 = 2-3-9. D1 = 9 en découle. On observe un 7 en C1 ou C4 et un 7 en D2 ou D4. Que le 7 soit en C4 ou D4, il y aura un 7 en C1 ou D2, et les cases A2 et E1 ne pourront jamais prendre la valeur 7. C1 = 7 est certain. C4 = 4, D8 = 2, F8 = 8, D2 = 8, E2 = 7, E3 = 3, E1 = 2, F1 = 5, F2 = 6, D3 = 1, D4 = 7, G2 = 3, I3 = 2, etc.

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158/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

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Solution du problème n°772 : Affranchissem*nt garanti

Problème n°773 : Trou d’air

Contrat : 6♥. Entame : Dame de ♥, Est défausse.

♠ V98643 ♥ RV ♦943 ♣D4 Les enchères, Sud donneur, tous vulnérables. Sud 2♦ 2SA 3♠ 4♣ 4SA 5SA 6♥

O passe passe passe passe passe passe passe

N 2♥ 3♥ 3SA 4♥ 5♦ 6♣ 7♠

E passe passe passe passe passe passe Fin

♠ ARD ♥ A 10 8 5 2 ♦ AV ♣AR5

♠6543 ♥8765 ♦AR ♣AD5

♠ D 10 7 2 ♠V9 N ♥ D V 10 ♥– OE ♦ D 10 7 ♦V986532 S Avec le partage 3-0 des atouts, ♣ R 10 9 ♣8742 trouver le Roi de ♣ bien placé de♠AR8 vient une hypothèse de nécessité. ♥AR9432 Vous disposez désormais de onze ♦4 levées, la douzième doit venir de ♣V63 l’affranchissem*nt du quatrième ♠ du mort. Sinon, il faudra réaliser trois levées à ♣ quand le Roi de ♣ est sec ou second placé. En fait, il est possible de mettre en place une solution à 100%. Encaissez As-Roi de ♥ puis As-Roi de ♦ en défaussant le 8 de ♠. Débloquez maintenant As-Roi de ♠ puis continuez d’un petit ♣ pour la Dame (si Ouest a coupé le Roi de ♠, il doit jouer sous son Roi de ♣ ou ♦ en coupe et défausse). Après ce rapide jeu d’élimination, jouez ♥ pour donner la main à Ouest. S’il n’a plus de ♠, ♦ en coupe et défausse ou ♣ sous le Roi vous offre la douzième levée. Si les ♠ sont 3-3, le retour à ♠ est coupé et le treizième ♠ affranchi. Si Ouest a quatre ♠ (ou cinq), cela se complique. Vous coupez le retour à ♠ et jouez tous vos atouts. À trois cartes de la fin : ♠6 ♣A5 ♠D ♣ R 10

Entame : Roi de ♦.

♥6 ♣V6

Après le fit à 3♠, 3SA indique un intérêt pour le chelem. 4♣ et 4♥ sont des contrôles. 4SA est alors un Blackwood aux Rois, 5SA un Blackwood aux Dames ! Nord annonce la Dame de ♣. 6♥ pose la question du contrôle du troisième tour à ♥. Avec Roi-Valet secs, Nord répond positivement… Ph. C.

Vous jouez votre dernier atout, Ouest doit défausser sa Dame de ♠ ou son 10 de ♣ et vous offrir la douzième levée sur un plateau.

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Solution la semaine prochaine

PAR ALAIN LÉVY, www.bridge-eshop.com

f CHARLES EDELSTENNE : PRÉSIDENT BRIDGE Fig Mag 28 mai.indd 1

MARC FEUILLÉE : DIRECTEUR GÉNÉRAL, DIRECTEUR DE LA PUBLICATION JEAN-LUC BREYSSE : DIRECTEUR GÉNÉRAL ADJOINT ALEXIS BRÉZET : DIRECTEUR DES RÉDACTIONS

Guillaume Roquette : Directeur de la rédaction du Figaro Magazine Jean-René Van der Plaetsen : Directeur délégué de la rédaction Philippe Gruson : Directeur de création Jean-Christophe Buisson : Directeur adjoint de la rédaction (culture & art de vivre) Cyril Drouhet : Directeur de la photo & des reportages Anne-Sophie von Claer : Conseiller éditorial François Delétraz : Rédacteur en chef relations extérieures ESPRITS LIBRES Vincent Trémolet de Villers : Rédacteur en chef FRANCE Carl Meeus : Rédacteur en chef Ghislain de Montalembert : Rédacteur en chef adjoint Nadjet Cherigui - Charles Jaigu - Guyonne de Montjou Judith Waintraub : Grands reporters CHRONIQUEUR François d’Orcival REPORTAGES Jean-Marc Gonin : Rédacteur en chef Cyril Hofstein - Vincent Jolly - Jean-Louis Tremblais : Grands reporters CULTURE Nicolas Ungemuth : Rédacteur en chef adjoint Pierre de Boishue : Grand reporter Clara Géliot : Chef de service CHRONIQUEURS Frédéric Beigbeder - Stéphane Hoffmann Jean Sévillia - Philippe Tesson TOURISME Bénédicte Menu : Rédactrice en chef Marie-Angélique Ozanne : Rédactrice en chef adjointe ART DE VIVRE Laurence Haloche : Rédactrice en chef adjointe Élodie Baërd - Pascal Grandmaison - Judikael Hirel - Sylvain Reisser CHRONIQUEURS Maurice Beaudoin - Éric Neuhoff IMMOBILIER & PATRIMOINE Jean-Bernard Litzler - Jorge Carasso SERVICE PHOTO Marie-Sylvie Demarest : Chef de service Isabelle Dureuil - Marc Quentin - Adeline Sombert

MAQUETTE Cyril Delabarre : Directeur artistique adjoint François Cachelou - Sandrine Kaufmann Corinne Laguerre - Bruno Signorino RÉVISION SR Véronique Dequatremard : Rédactrice en chef Hélène Froni : Première secrétaire de rédaction Pierre Ilias - Charlotte Peronnet - Laetitia Quintano Armelle Lecrevisse : Assistante de la direction de la rédaction Yannick Baume : Assistante culture et art de vivre Isabelle Esserméant : Comptabilité photo Robert Mergui : Éditeur Maurice Beaudoin : Directeur général adjoint Marie Müller : Communication & partenariats Bénédicte Wautelet : Directrice juridique Marc Tonkovic : Directeur industriel Emmanuelle Dauer : Responsable fabrication Corinne Videau : Responsable technique pré-presse Anne Flageul-Créhan : Responsable syndication / Droits de reproduction [emailprotected] RÉGIE PUBLICITAIRE Media.figaro : 9, rue Pillet-Will 75430 Paris Cedex 9. Tél. : 01.56.52.20.00. Aurore Domont : Présidente Chantal Follain de Saint Salvy : Directrice générale déléguée Cécile Henique-Parizet : Directrice commerciale adjointe pôle news ABONNEMENTS 01.70.37.31.70 [emailprotected] SITE INTERNET :www.lefigaro.fr

Imprimé par GROUPE MAURY IMPRIMEUR (45330 Malesherbes). Numéro d’impression : 22M2170. ISSN 0184-9336. Imprimé en France/Printed in France. Origine du papier : Allemagne. Taux de fibres recyclées : 65 %. Eutrophisation : Ptot 0.003 kg/tonne de papier.

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YVELINES

Q ua r t ie r d e l ’A r s e na l , un appartement à usage mixte de 123 m², au charme et au calme préservés. Doté d’un réel potentiel d’aménagement, il se prête aussi bien à une vie de famille, à l ’organisation de réceptions ou à l’exercice d’une profession libérale. Réf. : 13186MV.

Au cœur du très recherché quar t ier Not re - Dame de -Versailles, un hôtel particulier du XVIII e s. de 465 m², sa réception de 10 0 m², et son jardin à la française. L’ensemble présente une architecture préser vée et très bien entretenue depuis sa restauration. Réf. : 12742PDe.

Prix : 1 369 000 €. PATRICE BESSE Paris 01 42 84 80 85 · www.patrice-besse.com

Prix : 5 150 000 €. PATRICE BESSE Yvelines 01 42 84 80 85 · www.patrice-besse.com

EURE

HAUTE-MARNE

Dans la vallée de la Charentonne, proche de Bernay, un ancien moulin et ses dépendances au milieu de 14 ha de prairies entrecoupées d’une rivière 1ère catégorie. Des espaces très dégagés et une restauration aboutie dans un esprit contemporain. Réf. : 901615. Vente en exclusivité.

Entre Champagne et Bourgogne, à deux heures de Paris, sur plus de 4 ha, un envoû t ant château des X V I e et X V III e s. de près de 1 000 m² et ses douves en eau. Un juste équilibre entre élégance et simplicité règne sur tout le domaine. Vente en exclusivité. Réf. : 130223.

Prix : 960 000 €. PATRICE BESSE Normandie 01 42 84 80 85 · www.patrice-besse.com

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L ’ A R T

D E

V I V R E

HÉRAULT Balaruc-les-Bains. Face à l’étang de Thau et à 200 m des plages, triple orientation pour ce 4 pièces de 147 m² aux prestations haut de gamme prolongées de 52 m² de terrasse avec vue étang et 12 m² de terrasse ouverte sur le jardin et la piscine. En dernier étage d’une résidence d’exception, appartement avec climatisation et 2 parkings en sous-sol. Prix : 995 000 €. COGEDIM +33 (0)4 84 310 310 cogedim.com

HAUTS-DE-SEINE

HAUTS-DE-SEINE

B o ul og n e - B illan co ur t , Saint-Cloud : Luxueux loft contemporain de 339 m² sur 2 niveaux avec terrasse. Idéal pour une vie familiale mais aussi adapté à une par tie bureau partielle ou totale. Bien baigné de lumière, entouré de verdure et accessible avec deux places de stationnement en sous-sol.

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GIRONDE

YVELINES

A quelques pas de la Cathédrale Pey-Berland, avec jardin de ville, maison de 245 m² : entrée, réception ouverte sur véranda, 5 chambres, bureau, 3 salles de bains, appar tement de 30 m². Les prestations anciennes ont été conservées. Réf. : BDX-3167-CSE. DPE : C.

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PYRÉNÉES-ATLANTIQUES

DRÔME

Exclusivité Anglet. Maison d’architecte de 246 m² sur une parcelle de 1 745 m² sans vis-à-vis. Double séjour sur terrasse et jardin, cuisine indépendante, cellier, buanderie. Suite parentale et 5 chambres, 1 bureau et 2 salles de bains. Double garage, atelier et cave. DPE : D. GES : E. Réf. : PG93397.

Secteur Grignan, mas restauré au milieu des vignes, environnement préservé, v u e d é g a gé e . S u r f a c e habitable de 250 m². Belle pièce de réception. 6 chambres, 3 salles de bains. Piscine. Terrain clos de 2 000 m². Réf. : 3852.

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L ’ A R T

D E

V I V R E

CHARENTE-MARITIME Ile de Ré/Les Portes-en-Ré. Entre plage et commerces, maison lumineuse de 180 m² sur un terrain de 540 m². Quatre chambres. Dépendance, préaux et garage. Réf. : 6643539.

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PARIS 6e

PARIS 15e

M o n n a i e . En d e r n i e r s étages, très belle rénovation pour ce duplex traversant avec une magnifique terrasse. S a l o n , s a ll e à m a n ge r et une chambre avec dressing. Rare. Réf. : 6594963. DPE : G/C.

Avenue Emile Zola-Charles Michels. Au 6 e étage d’un immeuble d ’angle, ap par tement avec balcon vue Seine. Double séjour, cuisine indépendante et 2 chambres dont une suite parentale. Réf. : 6864379. DPE : D/D.

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HAUTS-DE-SEINE

PARIS 16e

Boulogne. Chemin vert. Appartement familial de 106 m² au 5 e étage avec ascenseur. Ensoleillé et sans vis-à-vis. 3 chambres. Exposition sud. Balcon et cave. Parking en sus.

Quai de Seine. Maison rénovée par architec te de 323 m² sur 3 niveaux. 11 pièces, 6 chambres, 5 bains, 3 terrasses sudouest, sous-sol et porche pour 2 véhicules. Dépendance dans la cour. Rare dans le quartier.

Prix : 1 200 000 €. VANEAU Boulogne 01 46 04 60 60 · [emailprotected]

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VENDÉE

CHARENTE

Le Puy du Fou à 15 mn. Élégante maison de maître du X VII e . Réceptions cheminées et BHSP, huit chambres et leurs b a ins . Ma is o n d e ga rd i e n e t d é p e n d a n ce s . Jardin à la française clos de murs, piscine, étang, prés et terres sur plus de 6 ha. Possibilité chambres d’hôtes. Exclusivité.

Angoulême, proche commodités. Corps de logis et pigeonnier 480 m² : réceptions traversantes, séjour voûté, cheminées, jardin d ’hi ver, bureau, 6 chambres, 3 bains. Dépendance 300 m² aménageable. Puits, piscine, parc 4 230 m² clos arboré. Exclusivité.

Prix : 884 800 €. F.A.I. CABINET DE CHARRY Bretagne Paris +33 (0)6 11 95 02 93

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L ’ A R T

D E

V I V R E

BELGIQUE Silly. Entre Bruxelles et Tournai, propriété de charme de 887 m² sur un domaine exceptionnel de 5 hectares avec parc, piscine, jacuzzi, étang, cabanes, prairie et grange. Une cour intérieure desser t la maison principale et ses 2 annexes aménagées. Garages, box et piste pour chevaux. Réf. : BRU-0373-HV. PEB : F. Prix : 2 700 000 €. EMILE GARCIN Bruxelles +32 (0)2 201 94 00 [emailprotected]

MAROC

DORDOGNE

A 20 minutes de Marrakech, au c alme absolu, au cœur d ’une oliveraie d’un hectare jolie propriété de plain-pied de 500 m² écoresponsable. Vas te réception, salon salle à manger cheminée, 4 chambres. Pavillon invités, piscine chauffée, dépendances. Réf. : MAC-586-MF.

A 25 minutes de Bergerac, Dans un écrin de verdure de 13 ha, très beau château d’environ 950 m² avec dépendances. 20 pièces. 15 c h a m b r e s . M a i s o n d’amis. Pigeonnier aménagé. Piscine chauf fée. Tennis. Un havre de paix. Réf. : PER-3236-HDF.

Prix : 1 270 000 €. EMILE GARCIN Marrakech +212 (0)524 31 42 42 · [emailprotected]

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PARIS 2e

ALPES-MARITIMES

Place des Vic toires. Au 3 e et dernier étage d’un immeuble du XVIIe, un appartement "comme une maison" de 152 m² avec terrasse de 20 m². Séjour/ salle à manger cathédrale avec 4,60 m de hauteur sous plafond, 4 chambres, 3 bains. Triple exposition. Charme absolu. Rare. Réf. : PRG-7641-MB. DPE : D.

Le Cannet. En position dominante, superbe projet d’une villa contemporaine d’environ 500 m². Jardin de 3 000 m² avec piscine et un logement indépendant. Un garage de 240 m². Villa hors d’eau. Réf. : 1615.

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LOT

YVELINES

Située dans un village classé, demeure en pierres d e t a i ll e e t c h a r p e n te ouvragée et sa chapelle de 30 m². Excellent état, matériaux qualitatifs (m a r b r e s , p a r q u e t e n chêne), 5 chambres, séjour, salle à manger, cuisine, 2 salles de bains… Garage, piscine sur parc arboré de 3 200 m² clôturé.

Golf de Saint-Nom, exclusivité. Propriété de + de 800 m² sur un parc d’1 ha, piscine chauf fée, pool house. Demeure familiale intégralement rénovée. Vaste salon, s. à manger, c uisine é quip é e, mas ter suite. A l’étage, 5 ou 6 chambres, 3 s. de bains. Garage 8 voitures, salle de sport, hammam, caves. Prix : c c

Prix : 350 000 €. PROPRIÉTAIRE [emailprotected]

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L ’ A R T

D E

V I V R E

CALVADOS Aux portes de Deauville, propriété d’environ 330 m² avec jardin d’environ 4 800 m². Réception avec cheminée, salon avec véranda, chambre avec salle de douches. A l ’ét age, 5 chambres , 2 salles de bains /douche. Double garage, piscine. Réf. : DEV-1857-JC. Prix : 1 575 000 €. EMILE GARCIN Normandie +33 (0)2 31 14 18 18 [emailprotected]

SEINE-ET-MARNE

PYRÉNÉES-ATLANTIQUES

Entre Vaux- le -V icomte et Fontainebleau. Dans un parc de 2 hec t ares, ravissant manoir datant de la fin du X I X e s i è c l e d e 4 5 0 m ². Réceptions, 6 chambres, dépendances. DPE : E. Réf. : PPC-10663-AD.

Biarritz, vue unique sur l’océan. Quar tier impérial, dans une villa classée, duplex atypique de 95 m² avec un toit terrasse d’environ 200 m². 3 chambres. Cave. Mode de vie tout à pied. Réf. : BIA-2008-CDE.

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PUY-DE-DÔME

A 85 km de Paris, proximité forêt domaniale. Vaste longère, dépendances et parc avec piscine. Environ 750 m² en deux logements contigus : 2 grandes réceptions , 2 cuisines , 7 chambres. Granges, garages, 2 boxes et sellerie, pigeonnier. Parc clos de 6 010 m². Réf. : 80572PI. DPE : vierge.

Dans un quartier calme et résidentiel de Royat, demeure d'exception d’environ 365 m² (9 pièces dont 5 chambres) sur un terrain clos de plus de 1 000m² avec piscine chauffée carrelée et vue dégagée. A 10 minutes du centre de Clermont-Ferrand. DPE : E/E. Réf. : 20119AU.

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BOUCHES-DU-RHÔNE

BOUCHES-DU-RHÔNE

Saint-Rémy-de-Provence centre. Cet te maison construite en 1908 bénéficie d’une situation privilégiée à 300 m de la place du village. Rénovée en 2019, elle comprend 3 chambres et 3 salles de bains sur 160 m². Terrain de 600 m² avec piscine chauffée de 12 x 3 m. Parking 3 voitures. Portail automatique.

Mouriès. Au pied des Alpilles, à 900 mètres du centre du vieux village de Mouriès. Maison de 26 0 m², 5 chambres et 5 salles de bains. Piscine de 12 x 3 m. Oliveraie en production de 10 000 m². Golf 18 trous de Servanes à 5 minutes.

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D e r n i è r e

n o u v e l l e

Chaque semaine, “Le Figaro Magazine” publie une nouvelle inédite d’un écrivain

voler, c’est s’élever considéré comme un chevalier sans peur désormais ravalé au rang de ­saltimbanque sans le sou, ne c­ aressait d’autres ambitions que d’épater (jeu de mots compris) la g­ alerie ! Au-delà de sa futilité, son post-scriptum haut perché relevait pour lui de l’acte supérieur. Pour cet acrobate devenu forain, voler recouvrait à jamais la même et définitive priorité : s’élever au-dessus de l­’ingratitude des hommes. Était-ce cet acte de bravoure citadin qui avait précipité sa décision à venir ? Il aimait à le penser, s’y référait plus souvent qu’à son tour, même si d’autres raisons – son goût pour les mathématiques, un baptême de l’air précoce, la lecture assidue de Buck Danny – avaient, de toute évidence, été plus déterminantes encore. Toujours est-il que lui-même sauta le pas et fut breveté en juillet 1969, quelques jours après qu’un autre pilote bardé de technologie en eut franchi un autre, plus déterminant encore. À compter de cette date s’ensuivirent d’interminables apprentissages et des voyages par milliers. Le bonheur tel qu’il l’avait rêvé, même si, au pays des nuages, il s’aperçut assez vite que la routine avait aussi droit de cité. C’est au gré de ces instants de réelle mélancolie que l’anecdote pétaradante du grand-oncle et la casquette culbutée du pilote revanchard lui revenaient à l’esprit avec le plus d’évidence. Bien des années plus tard, engagé en bonne et due forme au sein d’une compagnie prestigieuse, il s’était ­réjoui en apprenant qu’un surnommé Baron Noir s’était aventuré dans le ciel de Paris au mépris de toutes les

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166/ Le Figaro Magazine / 27 mai 2022

­réglementations en usage. L’affaire avait fait grand bruit, occasionné quelques mises à pied, mais surtout suscité pas mal d’admiration. Quelle audace ! Quel panache ! Deux ans plus tard, une autre tête brûlée avait poussé le bouchon plus loin encore, jusqu’aux abords de la place Rouge à Moscou, où les auto­rités soviétiques durent admettre ­penaudes que leur système de sécurité antiaérien accusait quelques ­défaillances. Certes, cette odyssée ­miniature avait valu à son propriétaire quelques tracas – un an de ­p rison a minima –, mais pour le ­gamin devenu grand, ce joli pied de nez fut l’occasion de célébrer une fois encore la figure à la fois majeure et ­d érisoire du monte-en-l’air jadis ­évoqué par son grand-oncle. Mieux, oubliant l’espace d’une ­seconde sa situation (trop ?) confor­table, il imagina lui-même une ­p irouette du même acabit. Sur la place Rouge à nouveau, comme un bras d’honneur à l’insupportable guerre du moment ? Sur la pelouse de l’Élysée, comme un rappel à ­l’ordre aux dirigeants de l’instant ? Tout bien réfléchi, il choisit de ­restreindre ses ambitions à la bien sage place du Maréchal-Leclerc de Poitiers, située à un battement d’aile de la mairie, dont l’édile supposé ­inspiré s’était distingué en décrétant un beau matin – il ne l’oubliera ­jamais – que « l’avion ne (devait) plus faire ­partie des rêves des enfants ». * Derniers livres parus : Albert Londres. La plume et la Plaie (Paulsen) et Le Mystère Lindbergh (Stock).

JULIEN FALSIMAGNE / Stock

C

e grand-oncle, il l’avait croisé à deux ou trois reprises, pas davantage. En ­vérité, il ne se souvenait ni de la fréquence de leurs échanges pas même du visage de ce lointain parent. En ­revanche, il se remémorait jusque dans leurs plus infinis détails l’allure et la mise de l’aviateur d’un autre âge que son aïeul avait évoqué en la circonstance. Sa veste de tweed, ses lunettes en mica et surtout sa casquette qu’il ­portait à l’envers, comme lui-même arborait la sienne à cette époque. Mais c’est surtout la nature de ­l’exploit que ce pilote avait accompli qui l’avait électrisé. Aux commandes d’un engin précaire, joyeux assemblage de toiles goudronnées et de ­cordes de piano, pour ce qu’il avait compris, il avait achevé son vol inédit au cœur de Paris rien de moins que sur le toit des Galeries Lafayette ! Le gamin à l’écoute n’avait éprouvé aucune ­difficulté à retenir ce nom pour l­ ’évidente raison qu’il habitait à deux pas, rue de Provence, et que son père l’avait un jour convié sur cette ­é minence au prétexte d’admirer ­l’indéboulonnable tour Eiffel. Une ­occasion inespérée pour mesurer, au sens premier du terme, l’audace du casse-cou à défaut de comprendre ses réelles motivations. « Ce qu’il voulait, c’était rompre l’indifférence de l’opinion. » L’argument du grand-oncle était, pour lui, un rien ­fumeux. Il en déduisit néanmoins que cet « as de la Grande Guerre », hier

Par Benoît Heimermann *

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Author: Wyatt Volkman LLD

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Name: Wyatt Volkman LLD

Birthday: 1992-02-16

Address: Suite 851 78549 Lubowitz Well, Wardside, TX 98080-8615

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Job: Manufacturing Director

Hobby: Running, Mountaineering, Inline skating, Writing, Baton twirling, Computer programming, Stone skipping

Introduction: My name is Wyatt Volkman LLD, I am a handsome, rich, comfortable, lively, zealous, graceful, gifted person who loves writing and wants to share my knowledge and understanding with you.